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03/03/2010

Vidéo #12 : comment la télé fabrique des consommateurs

Peu de temps en ce moment pour blogguer, mais voici quand même une petite vidéo intéressante qui comprend un extrait du film "Affreux, sales et méchants" (1976), suivi d'une interview de son réalisateur Ettore Scola. On y apprend comment la télé, première acquisition des foyers "modernes", impose, en quelque sorte, les objets "indispensables" et les "nouveaux besoins" que la publicité ajoute à ceux de première nécessité. Ettore parle même d'une "fabrique de consommateur" ! A voir, avec un peu de recul, bien sûr.

 

Luc, Consommaction

23/06/2009

Crédit conso : enfin un encadrement de la publicité

credit_revolving_cons_4825b.jpgLe crédit à la consommation est une plaie, surtout quand il se déguise en simple "réserve d'argent immédiatement disponible", où quand les conditions les plus importantes sont écrites police 6 à la verticale. Le tout pour ne pas nous montrer le vrai taux que peuvent atteindre ces crédits (dits aussi crédit revolving, ou crédit renouvelable). J'avais déjà pointé le vide législatif autour du crédit, ainsi que les quelques pistes pour s'en sortir. Et pour ceux qui lisent ce blog régulièrement, vous vous rappelez peut-être que je m'étais mis en rogne contre la mauvaise foi évidente de Cetelem, qui avait tenté une opération de communication tout à fait bidon sur le thème du "crédit responsable" (sans dévoiler, bien sûr, ses propres chiffres et ses taux revolving à 20%).

Cette fois-ci, on dirait que c'est la bonne, le Sénat est en train de faire passer un texte qui encadrera un peu mieux la publicité pour ces produits financiers qui rongent le moral des Français (76% des sondés avaient déclarés qu'on leur en proposait trop souvent). Plus précisément :

  • "le montant total dû par l'emprunteur devra désormais figurer de manière claire sur toutes les publicités. Le taux d'appel promotionnel devra également figurer en aussi grosse lettre que le taux réel." (Le Figaro). J'attend de voir comment les annonceurs vont se dêpétrer de ce bourbier là, car un taux de 20% de moyenne, ça n'est franchement pas vendeur, et comme ils sont retors...
  • Les termes «réserve d'argent», «compte disponible», ou «crédit reconstituable» seront remplacés par une appellation unique : «crédit renouvelable». C'est donc de ce mot qu'il faudra avoir peur, car il implique souvent un taux de 20%
  • Enfin, ces crédits ne devront pas sous-entendre qu'ils peuvent améliorer la situation financière des contractants (qui en prennent souvent pour... rembourser d'autres crédits). C'est un coup d'arrêt à toutes ces micro-institutions qui proposent du regroupement de crédit.
  • Les "cartes de magasins" qui font à la fois office de carte de fidélité, carte de crédit et carte de paiement, seront elles aussi encadrées

Enfin donc une loi qui va dans le bon sens, et dont je suivrai avec beaucoup d'attention l'application, car il y aura forcément des contorsions de la part des vendeurs de crédit. Notons tout de même qu'il s'agit de la transposition d'une directive européenne du 23 avril 2008. Donc c'est aussi l'occasion de dire que OUI l'Europe sert à quelque chose, notamment la PROTECTION des consommateurs :)

Luc, Consommaction

17/06/2009

Poulet élevé en plein air : Ed nous prend-il pour des pigeons ?

J'étais parti pour taper sur mon bouc-émissaire favori, en l'occurence Cetelem, l'organisme qui vante à nouveau son "crédit responsable", ses "chats sans tabous", mais je n'arrive pas à remettre la main sur la publicité que j'ai vu d'eux hier dans un journal... en attendant vous pouvez toujours suivre ce post qui revient sur ma prise de bec avec eux il y a quelques mois, invité du chat par l'équipe de communication de Cetelem, j'avais été trés déçu d'une opération d'achat de bonne conscience à bas coût. Ceci me permet tout de même de recondir sur le thème de la publicité mensongère, vu qu'une autre publicité m'a semblé ces derniers temps tout à fait osée, il s'agit d'une affiche publicitaire pour le supermarché hard-discount Ed, filiale au passage du groupe Carrefour (qui y refourgue ses produits "limites" ?).

 

engagements_552x315_n5.jpg

 

J'avais déjà parlé ici-même du hard-discount, et de ce qu'il en coûtait, finalement, d'acheter à des prix si bas (PME fournisseur mises sous pression, rayonnages mal pourvus, salariés payés au lance-pierre et contraints à une polyvalence parfois extrême - de la caisse au nettoyage en passant par la mise en rayon et le transport d'objets lourds). Un autre facteur qui joue sur ces prix si bas, c'est évidemment l'origine des produits, comme c'est le cas pour la viande. Habituellement très coûteuse, la viande chez Ed, comme chez d'autres discounteurs, est abordable... mais à ce prix-là on préferera ne pas se demander d'où elle vient ni dans quelles conditions elle a été élevée (voir à ce sujet la bande annonce du passionnant documentaire "Notre pain quotidien" sur la production intensive et à la chaîne de tout l'agro-alimentaire, les images font froid dans le dos).

 

Eh bien comme en publicité, à l'instar de la politique, ce sont les grosses ficelles qui marchent le mieux, Ed nous vend pas moins qu'une viande de poulet d'origine fermière qui court en plein air. Chez vous aussi, ça fait "tilt" ? C'est en tout cas que ce que suggère TRES fortement cette publicité qui nous montre "Cédric, Acheteur traiteur/charcuterie", dans une scène campagnarde, lui, habillé à la manière des agriculteurs "terrains" (avec la bonne blouse bleue de travail), entouré de belles poules qui évoluent librement dans une très jolie petite prairie. Il a le sourire, Cédric, ça oui, il est content, et ses petites poules sûrement aussi ! Mais à 3€ le kilo d'ailes de poulet (par exemple), je doute fort qu'elles proviennent de que cette publicité nous suggère : des poulets fermiers élevés en plein air. En une recherche sur Google, le site "Des clics fermiers" m'annonce ainsi que ses produits poulet fermiers élevés en plein air coûtent de 16 (petit poulet fermier) à 24€ le kilo (gros poulet fermier)... Loin des quelques dizaines de centimes qu'il faut débourser à Ed pour s'acheter des blancs de poulet.

Pour rappel, l'article L.121-1 du Code de la Consommation dit que  : "est interdite toute publicité comportant, sous quelque forme que ce soit, des allégations, indications ou présentations fausses ou de nature à induire en erreur, lorsque celles-ci portent sur un ou plusieurs des éléments ci-après : existence, nature, composition, qualités substantielles, espèce, origine, propriétés, etc". Alors, Ed nous prend-il pour des pigeons ?

Luc, Consommaction


 
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