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08/04/2010

La nourriture low-cost pas "moins bonne" que le reste. Vraiment ?

supermarché hard discount low cost alimentation consommaction consommation.jpgVous le savez en me lisant, J'AI un problème avec la grande distribution, et encore plus avec le secteur du hard-discount. Entre leurs publicités qui nous prennent vraiment pour des imbéciles (voir le cas de Ed qui avait fait réalisé une publicité pour poulets suggérant qu'ils étaient fermiers), leurs méthodes de gestion des employés (Le Nouvel Obs avait ainsi recueilli ce témoignage intéressant : "Les conditions de travail, d'abord. Difficile de faire plus spartiate qu'un Lidl ou qu'un Aldi (Leader s'en sort un peu mieux). Pas de chaises pour les caissières : «Si elles sont assises, les caissières sont beaucoup moins rapides, constate Didier Cayla, chef de magasin Lidl à Lunel et responsable syndical CAT (Confédération autonome du Travail). Or elles ne doivent pas dépasser 50 secondes pour encaisser.») et la gestion à flux tendus qui mettent sous pressions les petits producteurs (voir le cas du fabricant de cornichons Retzel : « Dès l'instant où le client paie le bocal uniquement à son prix de revient, on va arrêter de faire de la recherche et du développement. On va arrêter d'investir dans les nouvelles installations. C'est évident que c'est un risque pour le tissu économique »), c'est un bonheur!

Et ne voilà t-y pas qu'un institut "indépendant", le Conseil National de l'Alimentation (qui réunit, selon son site, "tous les acteurs de la chaîne alimentaire," dont les distributeurs et producteurs industriels) nous informe désormais que la nourriture low-cost (qui a dit "malbouffe" ?), finalement, ça n'est pas si mauvais que ça, et, nutritionnellement, ça vaut bien les grandes marques. Ce qui me pose, personnellement, 2 questions :

- La différence de prix entre une grande marque et une MDD (marque de distributeur) ne serait-elle donc qu'une différence de marketing, en supposant selon ce que suggère le CNA que la "matière" est la même ?

- Si cette première question permet d'affirmer que oui, les produits sont pareils, on peut donc avoir des frissons dans le dos quant on achète des produits "de qualité" (de grande marque), puisqu'ils nous font ingérer les mêmes crasses que les producteurs low-cost.

 

part de marché des supermarchés hypermarchés commerce consommation.png

«Affirmer que les produits moins chers sont forcément de moindre qualité nutritionnelle n'est pas fondé», reconnaissent pour la première fois les industriels de l'agroalimentaire et la grande distribution réunis dans cette instance consultative indépendante (Le Figaro). Le contraire aurait été étonnant, en temps de crise, ces deux acteurs ont tout intérêt à miser sur les produits low-cost, c'est d'ailleurs ce qui justifie la stratégie de tous les distributeurs de produire massivement ces MDD que l'on ne voyait pas ou très peu dans les supermarchés il y a une quinzaine d'années. Désormais dans n'importe quel rayon, les grandes marques (Yoplait ou Nestlé si l'on prend les yaourts) ont fait une place aux "marques repères", "premier prix", "éco+" qui sont certes moins chers mais dont une plus grande partie du prix revient au distributeur.

La suite de l'article du "Fig" nous révèle en fait le chausse-trape qui permet à cette étude d'exister et d'être reprise dans les médias : le CNA ne traite que des "teneurs en protéines, glucides et lipides mais pas sur la qualité des nutriments ou des matières premières utilisées". Du coup, pour les lipides, que ce soit de l'huile de palme, si nocive, ou de l'huile de colza, déjà meilleure, ou une autre source de graisse, aucune différence. L'organisme, lui, la fera, ne vous inquiétez pas. Sans compter que ces aliments "cheap" viennent de pays où les conditions de travail ne sont pas franchement enthousiasmantes et contribuent un peu plus à maintenir une partie de la planète dans un état de misère (voir le billet de Infos de la Planète à ce sujet).

Bon appétit bien sûr !

Luc, Consommaction

 

 

24/10/2017

Malbouffe : la liste noire des ingrédients les plus nuisibles

 

ça y est, on en sait enfin un peu plus sur les ingrédients les plus suspects de nous causer du tort, ceux qu'on a du mal à lire tant ils sont codés ou incompréhensibles à qui n'a fait de grandes études de chimie et de nutrition. C'est le Point qui est revenu cette semaine sur la "liste noire" de la malbouffe, à savoir les ingrédients précis dont on suspecte les effets cancérogènes. Jusqu'ici, on avait déjà eu deux-trois pistes, mais qui concernaient plutôt des aliments ou des types d'ingrédients génériques (les acides gras, les sodas, etc). Maintenant, on va enfin pouvoir traquer la petite bête sur les étiquettes !

Le dossier du Point revient sur certains éléments peu rassurants et dont on entend peu parler : par exemple, la malbouffe serait responsable de 3x plus de décès que ceux liés au tabagisme ou à l'alcool, et 30% des cancers seraient imputables à la présence (et à la consommation fréquente) d'ingrédients nuisibles. Notamment tout ces E01 etc, les conservateurs, les stabilisants, anti-oxygène, bref, tout ce qu'on ne trouve pas dans les aliments bio, entre autres. Et pour ceux qui auraient encore des doutes (les maladies étant souvent le résultat de plusieurs facteurs, dont l'alimentation), il y a en France 2 millions de diabétiques et 8 millions d'obèses. Et là, à part l'alimentation...

pyramide-alimentaire.png

Prenons par exemple les trois principaux suspects : l'huile de palme, le sucre et le sel. Nous en consommons, souvent à notre insu, bien plus que ce que notre organisme demande. Ainsi pour le sel, nous en consommons environ 8 grammes par jour, près de 4 fois la "dose" optimale pour l'organisme. Les plats cuisinés, frais ou surgelés, en sont truffés. Et sur les 35kg de sucre que nous ingérons chaque année, 75% sont ingérés via l'alimentation industrielle.

Concrêtement, le Point a classé les aliments nuisibles en plusieurs catégories, en suivant le livre du Docteur Chevallier, et que je me permets de vous retranscrire ici :

  • Le butylhydroxyanisole (E 320 et E 321). Aident à la conservation des aliments, présents dans les plats industriels et les chewing-gums
  • Les parabens (E 214 à E 219), interdits partiellement en Australie, sont présents dans toutes les pâtes (tartes, biscuits)
  • Les arômes artificiels. Dès que vous voyez 'arôme', même 'arôme naturel', il s'agit d'une synthèse chimique. Suspecté de créer une dépendance.
  • Les colorants (tous les E 1...). Les Etats-Unis en ont interdit certains : risques allergènes au mieux et cancérogènes au pire.
  • L'huile de palme : un vrai fléau. Présente partout car sans goût et peu chère, et même "déguisée" sous les termes "acides gras saturés", "matières grasses végétales" ou "MGV". Fait bondir le cholestérol
  • Les huiles hydrogénées : pour rendre craquants les biscuits, cornets de glaces, pâte à pizzas, etc. Extrêmement dangereuses, puisqu'on en absorbe beaucoup plus que ce que notre organisme ne peut tolérer. Résultat : maladies cardio-vasculaires. C'est typiquement l'ingrédient de la malbouffe, des plats cuisinés pas chers, de l'agro-alimentaire en général.
  • Les édulcorants (E 950, E 951, E 955) qui remplacent le sucre un peu partout, et dont personne ne connaît les effets sur la santé, mais cancérogène chez la femme enceinte et sur le foetus de rat.
  • Les nitrites (E 249 et E 250), des anti-toxines qui, transformés par l'organisme, sont cancérogènes. Ils sont dans les salaisons, les conserves.

Voilà un peu pour les ingrédients à surveiller, et si possible à bannir. Tout de même, en rédigeant ce post, je me dis que l'Europe, volontairement ou pas, à tout de même favorisé l'utilisation de ces ingrédients en cachant leurs noms affreux (quand je lis 'nitrite', 'suflite', je ne pense à rien de bon) derrière un code que personne ne comprend. E214, ça ne sonne pas si dangereux que ça, et puis quel ingrédient n'a pas son lot d'ingrédients en E...

Il serait temps d'adopter une législation véritablement contraignante pour les étiquettes alimentaires, car c'est bien, du côté de l'industrie, de dissimulation dont il s'agit : on change le nom des produits pour endormir notre vigilance, on écrit ça en police 4 et tout ira bien.

Je pense que je noterai ces numéros de E sur un post-it que je garderai dans mon porte monnaie pour faire mes courses. Je sens que je vais devoir me séparer de quelques mauvaises et insoupconnées habitudes alimentaires !

Vous pouvez aussi voir mon post qui compare la malbouffe et la malfringue, également dangereuse !

Luc, Consommaction

 

 

 
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