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02/02/2009

Même chez les moins chers, c'est plus cher !

Pas de répit pour nos portes-monnaie et nos budgets ! Le Figaro nous apprend que le prix moyen du panier des courses dans les enseignes hard-discount a augmenté de 13% en deux ans, soit largement au-dessus du niveau général de l'inflation, et évidemment encore plus que l'évolution de notre pouvoir d'achat. 9% chez Lidl, 15% chez Aldi, 10% chez Netto, et même jusqu'à 18% chez Leader Price, l'un des plus connus et des plus présents en France. A titre personnel, je vois effectivement bien la différence : mon panier familial est passé en 2-3 ans de 60-70 euros à jamais en dessous de 100 euros pour les mêmes produits. Et je doute que, à la différence des grandes surfaces traditionnelles, il y ait tant de "profiteurs" que ça dans le hard-discount. Je m'explique.

Pourquoi le hard-discount est-il victime d'une hausse subite, alors que les Français plébiscitent de plus en plus ce type de réseau (plus par nécessité que par choix) ? Les enseignes à bas prix représentent en effet presque 14% du marché de la distribution, contre 7% en 2 000. On peut comprendre : malgré cette hausse des prix, le panier reste 32% moins chers que les marques de distributeurs (les "MDD") et 88% moins chers que les articles de marques des grandes surfaces. Seulement, le hard-discount ne dispose pas de beaucoup de marges de manoeuvre.

Les conditions de travail, d'abord. Difficile de faire plus spartiate qu'un Lidl ou qu'un Aldi (Leader s'en sort un peu mieux). Pas de chaises pour les caissières : «Si elles sont assises, les caissières sont beaucoup moins rapides, constate Didier Cayla, chef de magasin Lidl à Lunel et responsable syndical CAT (Confédération autonome du Travail). Or elles ne doivent pas dépasser 50 secondes pour encaisser.» (Nouvel Obs). Car avec la hausse de la fréquentation, les files aux caisses s'allongent, et les clients n'aiment jamais attendre. Pas de garçons non plus : moins dociles que les femmes, paraît-il. Les hard-discounters ont beau avancer qu'ils paient plus que la concurrence (de 10 à 20%), c'est au prix d'une "flexibilité" accrue, comme en témoigne Fatiah Hiraki, chef de magasin Lidl en région parisienne : «On est obligé de tout faire. Le chef de magasin passe la serpillière et fait la caisse. Les caissières, elles, doivent aussi s'occuper des rayons. Et faire de la manutention.» Et terminer à 22h n'est pas anormal. Du coup, c'est quand même un comble, les caissières de Monoprix sont considérées comme caissières de luxe !

arton264.gifLes prix bas, ensuite. Comment font-ils pour casser les prix à ce point, sachant que les fournisseurs sont les mêmes qu'en grande distribution ? Plusieurs solutions : la pression sur les prix. Pour un producteur de type PME européenne, le cas de nombreux fournisseurs de supermarchés, difficile de négocier avec une centrale d'achat qui permet à sa production un écoulement garantie (mais à quel prix ?). Et c'est donc le producteur qui doit se débrouiller de son côté pour modifier son produit, en faire une version hard-discount. Conséquences : la R&D de certaines PME passe à la trappe, pourquoi développer de nouveaux produits, des améliorations, si elles sont invendables en hard-discount ? Le cas de Reitzel, producteur suisse de cornichon, est à ce titre intéressante :« Dès l'instant où le client paie le bocal uniquement à son prix de revient, on va arrêter de faire de la recherche et du développement. On va arrêter d'investir dans les nouvelles installations. C'est évident que c'est un risque pour le tissu économique ».

Enfin, un système de logistique a flux ultra-tendus. On constate très souvent que les rayons des hard-discounters sont à moitié vide, et pour cause, mieux vaut ne pas avoir le produit que d'en avoir trop, ce qui ampute instantanément des marges déjà très basses. Un seul produit par besoin (et c'est la une différence majeure avec les grands distributeurs), donc moins de surface de vente, moins de frais de gestion des fournisseurs (WebLibre).

Que conclure ? C'est un vrai dilemme pour les consommateurs. Acheter à bas prix pour sauvergarder son budget, mais du coup favoriser un système tout de même précaire pour les employés, les fournisseurs ? Ou devoir raquer en grande surface quand on n'est pas plus certain que cela développe l'activité locale ? A titre personnel, j'achète désormais fruits et légumes en bio (mais j'en achète moins), le reste en hard-discount, mais avec à chaque fois un pincement au coeur en me disant que les gens qui y travaillent n'ont pas l'air épanouis. Vous arrivez à résoudre ce problème, vous ?

Luc

13/12/2008

Revue de web #3 : réforme du crédit, noël low-cost, étudiants durables et rasoir écologique

Week-end pluvieux, week-end bon à blogger ? Non, j'ai aussi envie et besoin de me reposer, mais voici la 3ème revue de web avec les sujets que j'ai aperçu sans avoir eu le temps de les traiter :

  • vigJournaux.jpgLe crédit à la consommation bientôt réformé ? C'est Boursorama qui en parle dans une news intéressante, où l'on apprend que les credit revolving, au sujet desquels je me suis "énervé" avec Cetelem cette semaine, sont de plus en plus nombreux dans les dossiers de surendettement. Sans rire... Christine Lagarde veut une loi pour fin mars, sur la limitation de la publicité en faveur de ces pousse-au-meurtre.
  • Notre premier Noël Low-Cost (Le Figaro)... après l'aviation, la distribution et même le luxe à prix cassé, voici donc le premier Noël qui verra de véritables paquets low-cost, à bas prix, donc, afin de permettre à un nombre croissant de personnes de pouvoir acheter malgré la crise, le chômage en hausse, et une récession dont a pas fini de voir les dégâts. Je parie personnellement qu'il y aura un 2nd Noël low-cost, et je crains de pouvoir en faire partie. Au menu : diner à 6,50 € par tête, champagnet foie gras low cost.
  • L'association ekolo[geek], dont je vous recommande assez chaudement le blog, une vraie mine à bonnes idées, s'est mis en tête de convertir les étudiants au "consommer durable". Une bonne initiative qui voit donc une campagne de sensibilisation s'ouvrir à l'IUT de Lyon, à IGS Paris et à l'Université de Besançon. Question : les étudiants ont-ils aujourd'hui les moyens de consommer durable ? Pas si sûr...
  • Bic lance un "rasoir écologique". J'attends de voir les résultats, parce que le modèle économique des rasoirs (comme celui des imprimantes) est profondément anti consommaction : attrait d'un prix faible au départ, puis surconsommation de produits peu durables (les lames pour les rasoirs manuels non jetables, ou le rasoir entier quand c'est jetable !). Car on signalera tout de même que ce rasoir bio coûte 20% plus cher et reste jetable dans le principe.

Bon week-end à tous !

Luc.

 
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