Avertir le modérateur

06/03/2010

Yannick Noah, nouvel éco-tartuffe ?

yannick_noah_lance_une_marque_de_soins_pour_la_peau bourjois consommaction arnaqueu_article.jpgTrop de vert tue le vert, c'est maintenant certain. J'avais déjà écrit un billet la semaine passée sur le "trop de bio" et les multiples arnaques que représentaient les produits supposés nous détoxifier, nous requinquer et nous nettoyer au prix fort. A cette liste des "éco-arnaques", si l'on peut dire, je serais aujourd'hui très tenté de rajouter l'initiative franchement limite de Yannick Noah, qui a lancé avec l'aide de la marque Bourjois une ligne de cosmétique "naturels" appelés "Ecoute ta Nature". Mon sang ne fait qu'un tour et en quelques lignes du papier du Figaro sur ce sujet, je me rends compte que le visage de Noah se superpose avec celui de Hulot, autre pitre du pseudo-écologisme qui nous vend des films messianniques ridicules en même temps que des crèmes de bain-douche... le tout en évitant soigneusement de ne jamais écorcher ses sponsors, de Tf1 à EDF. Merci l'artiste.

Alors quid de cette nouvelle poussée de greenwashing incarnée par le chouchou des Français ? La chef du projet chez Bourgois précise : «Yannick Noah est un véritable levier pour notre discours. C'est une personnalité à la fois consensuelle et atypique qui incarne des valeurs fortes comme la spontanéité, la simplicité, le respect, la sensibilité à l'écologie, la famille.». Un joli discours de communicant qui, je l'espère, ne convaincra pas ceux qui font un tantinet attention à ce qu'ils achètent. Des produits "à 97% naturels", c'est facile quand on ne définit pas le terme "naturel". Le pétrole aussi, c'est naturel. La chimie des cosmétiques aussi, qui transforme des produits naturels. Tout produit créé par l'homme est potentiellement naturel, puisque selon la maxime de Lavoisier, "rien ne se créé, rien ne se perd, tout se transforme". A moins donc d'aller importer des métaux extra-terrestres, oui, même les produits les moins écolo peuvent se targuer d'être verts. D'autre part, comme le souligne l'Observatoire des Cosmétiques, un produit peut être naturel mais exploité n'importe comment, comme c'est le cas de l'huile de palme (utilisé dans l'alimentation mais aussi pour les produits de beauté). Et pour les gels-douche puisque c'est de cela dont on parle, le verdict est encore plus tranché : "la chimie du chlore, l'irradiation ou l'éthoxylation. Cette dernière technique est très employée notamment pour l'obtention de tensioactifs, ces agents moussants que l'on retrouve systématiquement dans les gels douches et les shampooings et également dans bien d'autres produits. Elle donne naissance à tous les ingrédients de type PEG (ou encore aux composés dont le nom se termine par le suffixe -eth suivi de chiffres), et son process s'avère particulièrement polluant.".

Autre chose : l'absence totale de certification de ces produits, selon l'article de OrSérie qui a pu tester les produits. J'avais déjà parlé de la guerre des labels bio avec le cas de la nouvelle lessive Le Chat. En fait, une partie de ces labels émane directement de grands groupes qui souhaitent ainsi flouter la qualité des premiers labels, comme AB. Chez Bourjois, l'effet Yannick dispense même de passage par une certification ! Un joli sourire de l'ex-tennisman suffit amplement !

 

sondage français consommation développement durable bio AB consommaction.jpg

Alors souhaitons simplement à Yannick Noah la bienvenue dans le cercle des éco-tartuffes, aux côté de Yann-Arthus Bertrand et ses photos-élicos , de Nicolas Hulot et ses crèmes de douches sponsorisées par TF1 ou encore de Jean-Pierre Coffe qui nous vend ses sous-produits Leader Price comme de la marchandise de qualité. Grâce à eux, les consommateurs pourront continuer à acheter en toute bonne conscience des produits qui n'ont de vert que le nom. Ces personnes sont, à mon avis, responsables du flou qui existe chez les consommateurs. Un coup d'oeil sur ce sondage nous montre bien que les Français n'y comprennent rien aux certifications, car trop nombreuses.

A bon entendeur,

Luc, Consommaction.

18/08/2009

Rentrée scolaire : 9% moins cher en 2009

Eh oui, c'est déjà bientôt la rentrée (les 2 et 3 septembre) et il faut penser à reconstituer tout ou partie du trousseau des enfants pour que tout se passe bien... et pour éviter de devoir repasser par la case "supermarché" en cas d'oubli du compas, du cartable ou du cahier de brouillon qui va bien ! C'est sur France Inter ce matin que la revue de presse nous informait de la baisse du prix du "paquet" rentrée, précisément de 8,7%, passant ainsi de 190€ à 174€ en 2008 pour l'équipement complet d'une rentrée de classe de 6ème, tenue de sport comprise, selon les chiffres de l'Est Républicain. C'est initialement l'association Familles de France qui a mené une enquête détaillée auprès de 447 ménages dans 82 départements, le tout grâce à ses nombreux bénévoles ! Si je suis généralement assez peu d'accord avec les avis de cette association (pour qui tout ou presque est un danger potentiel pour l'enfance, notamment Internet, alors qu'il me semble que c'est avant tout un outil de connaissance), force est de constater qu'encore une fois, le milieu associatif et consomm'acteur est dynamique.

Rentrée.jpg

Il semble cependant nécessaire de précise certaines données de cette baisse du prix moyen, qui cache des informations importantes :

  • En ce qui concerne le type de produits affecté, ce sont principalement les produits de la papeterie qui connaissent la plus forte baisse de prix en un an (- 27,3%). Peut-être car les enfants travaillent de plus en plus sur ordinateur (au moins à la maison ?). Alors que les vêtements de sport augmentent très légèrement (+0,9%)
  • En ce qui concerne le type de distributeur, ce sont, eh oui, les magasins spécialisés qui ont fait le plus gros efforts, en baissant leurs prix de plus de 14%, alors que les super- et hypermarchés ne les ont baissé que de 2 et 5% respectivement. Cela fait tout de même 20€ de différence sur l'ensemble du "panier" de la rentrée, ce qui n'est pas négligeable quand on a plusieurs enfants à équiper.
  • Attention au greenwashing ! Les producteurs et distributeurs jouent au maximum la carte de l'écologie, alors même que les produits de papeterie sont parmi les plus polluants (je ne souhaite à personne d'habiter près d'une usine de pâte à papier), et parmi les plus "consommables", c'est à dire que leur durée de vie est minime et qu'il faut les remplacer souvent. Autant d'emballage, de cartouches, de plastiques en plus.
  • Attention également aux "licences", c'est à dire des marques qui attirent vos enfants mais qui coûtent plus cher à l'achat (le cartable spiderman est évidemment plus cher que le cartable sans marque. Et au passage je trouve plutôt joli ce cartable recyclé de chez nature & découvertes, deux fois moins cher que celui de Dora l'exploratrice trouvé chez cdiscount. Mais il ne s'agit pas de produits identiques, j'ai l'impression).
  • Evitez les prix trop bas. A l'instar de ce qui se passe avec les enseignes du hard-discount, il s'agit le plus souvent d'objets de mauvaises qualité... un peu comme l'histoire du kilo de poulet à 3€, on aura du mal à me faire croire que c'est du fermier, d'ailleurs les Français ne s'y trompent pas, qui délaissent depuis peu ce type d'enseigne. Les magasins spécialisés ont d'ailleurs rarement des prix cassés de la sorte.
  • Dernier conseil enfin, évitez pour vos achats de rentrée les sites de ventes en ligne... Je vous parlais il y a peu des marques détestées des internautes, et bien le secteur de l'équipement de rentrée n'y coupe pas. Familles de France ajoute donc à la liste noire de l'e-commerce les sites de CULTURA, TOP OFFICE, OFFICE DEPOT, BUREAU RHONE ALPES, ET FOURNITURE BUREAU. Ce qu'on leur reproche ? Des prix qui ne sont pas moins chers qu'en magasin, et surtout, comme c'est souvent le cas sur Internet, des clauses totalement abusives qui nous laissent, nous les consommateurs, sans défense ou presque en cas de non-livraison, produit défectueux, etc.
PrixRentréeConsommaction.jpg

Et puis si vous avez la chance comme moi d'avoir un papetier de quartier pas loin, vous faites aussi vivre le commerce de proximité, c'est à dire la vie locale de vos villes, sans Co2 de transports, et souvent avec le sourire. Sans eux, nos quartiers seraient un peu tristes ! Pour ceux qui ont du temps, je vous recommande chaudement le pdf très complet de Familles de France sur les prix de cette rentrée, c'est plein d'enseignements.

Bonne rentrée, donc,

Luc, Consommaction.

17/06/2009

Poulet élevé en plein air : Ed nous prend-il pour des pigeons ?

J'étais parti pour taper sur mon bouc-émissaire favori, en l'occurence Cetelem, l'organisme qui vante à nouveau son "crédit responsable", ses "chats sans tabous", mais je n'arrive pas à remettre la main sur la publicité que j'ai vu d'eux hier dans un journal... en attendant vous pouvez toujours suivre ce post qui revient sur ma prise de bec avec eux il y a quelques mois, invité du chat par l'équipe de communication de Cetelem, j'avais été trés déçu d'une opération d'achat de bonne conscience à bas coût. Ceci me permet tout de même de recondir sur le thème de la publicité mensongère, vu qu'une autre publicité m'a semblé ces derniers temps tout à fait osée, il s'agit d'une affiche publicitaire pour le supermarché hard-discount Ed, filiale au passage du groupe Carrefour (qui y refourgue ses produits "limites" ?).

 

engagements_552x315_n5.jpg

 

J'avais déjà parlé ici-même du hard-discount, et de ce qu'il en coûtait, finalement, d'acheter à des prix si bas (PME fournisseur mises sous pression, rayonnages mal pourvus, salariés payés au lance-pierre et contraints à une polyvalence parfois extrême - de la caisse au nettoyage en passant par la mise en rayon et le transport d'objets lourds). Un autre facteur qui joue sur ces prix si bas, c'est évidemment l'origine des produits, comme c'est le cas pour la viande. Habituellement très coûteuse, la viande chez Ed, comme chez d'autres discounteurs, est abordable... mais à ce prix-là on préferera ne pas se demander d'où elle vient ni dans quelles conditions elle a été élevée (voir à ce sujet la bande annonce du passionnant documentaire "Notre pain quotidien" sur la production intensive et à la chaîne de tout l'agro-alimentaire, les images font froid dans le dos).

 

Eh bien comme en publicité, à l'instar de la politique, ce sont les grosses ficelles qui marchent le mieux, Ed nous vend pas moins qu'une viande de poulet d'origine fermière qui court en plein air. Chez vous aussi, ça fait "tilt" ? C'est en tout cas que ce que suggère TRES fortement cette publicité qui nous montre "Cédric, Acheteur traiteur/charcuterie", dans une scène campagnarde, lui, habillé à la manière des agriculteurs "terrains" (avec la bonne blouse bleue de travail), entouré de belles poules qui évoluent librement dans une très jolie petite prairie. Il a le sourire, Cédric, ça oui, il est content, et ses petites poules sûrement aussi ! Mais à 3€ le kilo d'ailes de poulet (par exemple), je doute fort qu'elles proviennent de que cette publicité nous suggère : des poulets fermiers élevés en plein air. En une recherche sur Google, le site "Des clics fermiers" m'annonce ainsi que ses produits poulet fermiers élevés en plein air coûtent de 16 (petit poulet fermier) à 24€ le kilo (gros poulet fermier)... Loin des quelques dizaines de centimes qu'il faut débourser à Ed pour s'acheter des blancs de poulet.

Pour rappel, l'article L.121-1 du Code de la Consommation dit que  : "est interdite toute publicité comportant, sous quelque forme que ce soit, des allégations, indications ou présentations fausses ou de nature à induire en erreur, lorsque celles-ci portent sur un ou plusieurs des éléments ci-après : existence, nature, composition, qualités substantielles, espèce, origine, propriétés, etc". Alors, Ed nous prend-il pour des pigeons ?

Luc, Consommaction


 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu