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03/03/2011

Faire les couses, ça s'apprend !

Mes lecteurs reconnaîtront dans cette thématique l'une de mes favorites, car oui, faire les courses est un réel "sport" auquel il faut "s'entraîner", sauf à vouloir payer le prix fort et à se laisser manipuler par l'organisation des supermarchés, les promos... ou tout bêtement votre appétit (on sait que faire les courses en ayant faim est le meilleur moyen de rapporter plus que prévu... sans pour autant tout manger in fine!).

consommaction blog caddie malin apprendre à faire ses courses déchets prix pouvoir d'achat supermarché2.jpg

C'est l'association de consommateurs CLCV qui est à l'initiative de cette "formation" expresse, sur le terrain, dans le Sud-Ouest, et quelque chose me dit qu'en ces temps d'inflation, de crise et de contraction du pouvoir d'achat, on pourrait bien en voir de plus en plus. Concrêtement, nous rapporte la Dépeche, cette formation permet d'économiser à la fois sur le prix du panier moyen, mais aussi sur la quantité de déchets rejetés :

  • Le "caddie gaspi" vaut ainsi 67,22 €, pour 2,95 kg de déchets.
  • Le "caddie malin" vaut de son côté 38,63 €, pour 1,20 kg de déchets

On est donc sur un rapport du simple au double, en gros. Les "grandes marques" ont du mourron à se faire, elles qui margent très confortablement sur le marketing et le fameux packaging, oui, celui qu'on retire en râlant dès le retour des courses sinon on a du mal à fermer son frigo.

consommaction blog caddie malin apprendre à faire ses courses déchets prix pouvoir d'achat supermarché1.jpg

On retiendra tout de même de petites avancées du côté des distributeurs, avec Leclerc qui avait ainsi proposé un certain nombre de produits de base sans packaging, mais du bout des lèvres, ayant peur que nous autres "pauvres" consommateurs soyions troublés par cette modification si soudaine de nos habitudes d'achat. S'il savait !

Luc, Consommaction.

23/02/2011

Commerce équitable : les consommateurs ne font pas confiance aux distributeurs

Peu de temps cette semaine, mais un intéressant rapport de la CLCV, très bien étoffé par Planète-Info, à lire quand vous avez un peu de temps, c'est assez long mais vaut le détour...

Luc.

 

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cafe_equitable© C. Magdelaine / notre-planete.info

La CLCV (association nationale de consommateurs et usagers "Consommation, Logement et Cadre de Vie") a récemment publié une enquête axée sur les attitudes de consommation liées aux produits issus des filières équitables, en France. Cette dernière fait référence à un sondage qui avait été effectué en Septembre 2009 par l'Institut Globescan afin de connaître l'avis des Européens quant au commerce équitable.

Rappel sur le commerce équitable

Le commerce équitable, qu'est-ce que c'est ? A la base, il s'agit tout simplement d'être altruiste en consommant des produits issus de filières différentes du commerce classique.

Pourquoi consommer ces produits-là ?

Les articles issus de filières équitables (souvent des pays du Sud vers les pays du Nord) sont qualitatifs et sortent souvent de l'ordinaire. Ils permettent à des petits producteurs dans les pays du Sud de travailler et de vivre dans de meilleures conditions (rémunération de base plus élevée que sur le marché local, pas d'exploitation illégale des enfants) que s'ils distribuaient localement leurs produits, ou en passant par les schémas habituels.

L'intérêt de consommer au Nord des articles produits de façon éthique dans les pays en développement s'applique notamment pour des matières premières que nous ne trouvons pas dans nos contrées (chocolat, café, thé pour ne citer qu'eux).

Cependant, depuis plusieurs années, certaines alternatives Nord/Nord se développement. Les Biocoops avec leurs filières « ensemble pour plus de sens » se positionnent en faveur des transformateurs et fabricants de France. De même, le mouvement des AMAPs (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne) permet à des citoyens de soutenir des projets en agriculture locale (et souvent biologique). Et la marque AlterEco compte lancer en Mars 2011 une gamme « Nord-Nord » afin de promouvoir l'agro-écologie. De cette façon, les « locavores » risquent de trouver leur bonheur.

Oui, mais le commerce équitable, c'est plus cher...

Pas toujours ! Souvent, les distributeurs ont une marge sur les produits qu'ils distribuent. Cependant, dans le prix de base d'un article (Sud/Nord), un certain pourcentage est dédié à un projet social (construction d'une route, d'une école, d'un hôpital...) bénéficiant aux travailleurs, ainsi qu'à leur communauté. Dans des projets Nord/Nord comme les AMAPs, il s'agit d'instaurer une réelle solidarité entre l'agriculteur et les consommateurs.

Résultats de l'enquête sur le commerce équitable et les Européens

Sur les 669 sondés de cette nouvelle étude – composée majoritairement de retraités (36%) et d'employés (32%) – 42% se disent prêts à payer 5% de plus pour un produit issu du commerce équitable, tandis que 17% refusent de payer plus cher. Malgré tout, il ressort que les personnes prêtes à dépenser plus aimeraient avoir la certitude que les petits producteurs du Sud sont mieux traités que dans des filières commerciales classiques.

On observe une corrélation positive entre le « degré de connaissance » de ces produits alternatifs et l'aptitude qu'ont les consommateurs à les repérer dans les rayons de GMS (Grandes et Moyennes Surfaces).

On notera que les 60 ans et plus sont 10,7% à connaître une « grande quantité » de produits du commerce équitable, suivis de près par les 20-40 ans (avec 10,1%). Cependant, dans cette dernière catégorie, on trouve 13,5% des personnes ignorant ce que sont les articles équitables.

Les consommateurs restent globalement méfiants

A la question « Si vous cherchez des informations fiables sur la manière dont les supermarchés traitent leurs fournisseurs, à quelle source feriez-vous confiance ? », les individus interrogés affirment à 74% faire « entièrement confiance » aux associations de consommateurs, suivent alors les labels avec 37% de réponses.

De cette partie de l'enquête ressort le fait que les consommateurs se méfient des supermarchés comme source d'informations concernant le commerce équitable, notamment à cause de leurs intérêts économiques à vouloir dégager des marges toujours plus grandes, et sans forcément prêter l'attention nécessaire aux producteurs du Sud. De plus, la jungle des labels (Max Havelaar pour ne citer que le plus connu), des marques commerce équitable (Ethiquable, AlterEco), et des MDD (Marques de Distributeurs) égare le consommateur non averti, qui finit par interpréter que le commerce équitable est une simple action humanitaire – ce qui n'est absolument pas le cas.

Le Gouvernement, les labels – très controversés -, les supermarchés, les intermédiaires sont des sources d'informations considérées comme peu fiables par les consommateurs interrogés.

Quelques leviers notables de l'étude du CLCV

  • Il reste encore une forte possibilité de sensibiliser les « consom'acteurs » (et les consommateurs classiques) aux enjeux du commerce équitable. C'est en partie pourquoi la Commission Nationale du Commerce Equitable (CNCE) a été crée en Avril 2010.
  • Les GMS doivent continuer à améliorer leur façon de distribuer et de mettre en avant les articles issus de filières équitables (par exemple : rayons spécialisés, PLV, prospectus à la caisse...).
  • Les organes de labellisation ont un travail de fond à faire afin de retrouver une crédibilité certaine aux yeux des consommateurs, de mieux en mieux avertis, et donc de plus en plus vigilants lors de leurs achats.
  • Les associations de consommateurs doivent continuer leurs missions sur le terrain, afin de permettre aux utilisateurs d'avoir accès à une information transparente et de qualité.

Source

L'enquête de la CLCV sur les produits du commerce équitable en France pointe la responsabilité des professionnels - CLCV

08/04/2010

La nourriture low-cost pas "moins bonne" que le reste. Vraiment ?

supermarché hard discount low cost alimentation consommaction consommation.jpgVous le savez en me lisant, J'AI un problème avec la grande distribution, et encore plus avec le secteur du hard-discount. Entre leurs publicités qui nous prennent vraiment pour des imbéciles (voir le cas de Ed qui avait fait réalisé une publicité pour poulets suggérant qu'ils étaient fermiers), leurs méthodes de gestion des employés (Le Nouvel Obs avait ainsi recueilli ce témoignage intéressant : "Les conditions de travail, d'abord. Difficile de faire plus spartiate qu'un Lidl ou qu'un Aldi (Leader s'en sort un peu mieux). Pas de chaises pour les caissières : «Si elles sont assises, les caissières sont beaucoup moins rapides, constate Didier Cayla, chef de magasin Lidl à Lunel et responsable syndical CAT (Confédération autonome du Travail). Or elles ne doivent pas dépasser 50 secondes pour encaisser.») et la gestion à flux tendus qui mettent sous pressions les petits producteurs (voir le cas du fabricant de cornichons Retzel : « Dès l'instant où le client paie le bocal uniquement à son prix de revient, on va arrêter de faire de la recherche et du développement. On va arrêter d'investir dans les nouvelles installations. C'est évident que c'est un risque pour le tissu économique »), c'est un bonheur!

Et ne voilà t-y pas qu'un institut "indépendant", le Conseil National de l'Alimentation (qui réunit, selon son site, "tous les acteurs de la chaîne alimentaire," dont les distributeurs et producteurs industriels) nous informe désormais que la nourriture low-cost (qui a dit "malbouffe" ?), finalement, ça n'est pas si mauvais que ça, et, nutritionnellement, ça vaut bien les grandes marques. Ce qui me pose, personnellement, 2 questions :

- La différence de prix entre une grande marque et une MDD (marque de distributeur) ne serait-elle donc qu'une différence de marketing, en supposant selon ce que suggère le CNA que la "matière" est la même ?

- Si cette première question permet d'affirmer que oui, les produits sont pareils, on peut donc avoir des frissons dans le dos quant on achète des produits "de qualité" (de grande marque), puisqu'ils nous font ingérer les mêmes crasses que les producteurs low-cost.

 

part de marché des supermarchés hypermarchés commerce consommation.png

«Affirmer que les produits moins chers sont forcément de moindre qualité nutritionnelle n'est pas fondé», reconnaissent pour la première fois les industriels de l'agroalimentaire et la grande distribution réunis dans cette instance consultative indépendante (Le Figaro). Le contraire aurait été étonnant, en temps de crise, ces deux acteurs ont tout intérêt à miser sur les produits low-cost, c'est d'ailleurs ce qui justifie la stratégie de tous les distributeurs de produire massivement ces MDD que l'on ne voyait pas ou très peu dans les supermarchés il y a une quinzaine d'années. Désormais dans n'importe quel rayon, les grandes marques (Yoplait ou Nestlé si l'on prend les yaourts) ont fait une place aux "marques repères", "premier prix", "éco+" qui sont certes moins chers mais dont une plus grande partie du prix revient au distributeur.

La suite de l'article du "Fig" nous révèle en fait le chausse-trape qui permet à cette étude d'exister et d'être reprise dans les médias : le CNA ne traite que des "teneurs en protéines, glucides et lipides mais pas sur la qualité des nutriments ou des matières premières utilisées". Du coup, pour les lipides, que ce soit de l'huile de palme, si nocive, ou de l'huile de colza, déjà meilleure, ou une autre source de graisse, aucune différence. L'organisme, lui, la fera, ne vous inquiétez pas. Sans compter que ces aliments "cheap" viennent de pays où les conditions de travail ne sont pas franchement enthousiasmantes et contribuent un peu plus à maintenir une partie de la planète dans un état de misère (voir le billet de Infos de la Planète à ce sujet).

Bon appétit bien sûr !

Luc, Consommaction

 

 

 
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