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18/01/2010

La DGCCRF n’est plus. Qui protègera les consommateurs ?

Je ne vous cache pas que je suis assez scandalisé par cet escamotage. Malgré les assurances données par le gouvernement et Bercy, la DGCCRF (Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes), véritable gendarme de la consommation en France, sera diluée avec d’autres services dans le Direction départementale de la protection des populations (DDPP)… Le tout dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP), le programme supposé faire économiser de l’argent à l’Etat. Au détriment des consommateurs ?

 

Car les quelques 3 000 agents de la DGCCRF seront placés sous l’autorité des préfets (qui sont nommés directement par le gouvernement), du coup, on peut légitimement craindre pour l’indépendance de ces fonctionnaires qui font un boulot formidable. Je vous ai souvent proposé de la documentation de ce service, dont le site est une véritable mine d’or ! Les fiches synthétiques pour passer les fêtes sans arnaques, les réflexions sur la « nouvelle économie de services », les « warning » sur les arnaques à la loterie sur Internet, ou encore les Ateliers de la consommation qui réunit des universitaires et des spécialistes sur des thèmes autour de la consommation… c’est bien tout ça qui est menacé, et encore plus ! Les hotlines qui ne marchent pas, les SMS surtaxés, l’obligation pour les banques d’envoyer aux usagers le relevé des frais bancaires, font aussi partie du champ de compétences de la DGCCRF.

 

 

consommaction DGCCRF fraude consommation arnaque.jpg

 

Michel Garcin, délégué syndical FO à la DGCCRF (dont vous pouvez visiter le blog), estime dans les Echos que la « fusion » de sa maison avec, par exemple, les services vétérinaires (oui, les services vétérinaires), « c’est le mariage de la carpe et du lapin ». Il donne un exemple concret des risques que le placement en préfecture implique : « récemment, Bruxelles s'est inquiété de l'explosion de plusieurs téléphones portables (iPhone). Les services de la DGCCRF ont mené l'enquête en moins de dix jours dans les 100 départements français. Si les préfets avaient dû gérer le dossier, la réactivité aurait été moindre : l'affaire des iPhone aurait été traitée bien après d'autres. »

 

L’article de France-Soir sur le sujet me semble bien conclure cet événement : « Les préfets ont donc la lourde tâche de reprendre à leur charge une organisation qui, ces dernières années, a pesé de tout son poids sur les opérateurs de télécoms pour leur mauvaise qualité de services, les syndics de copropriété pour leurs pratiques abusives ou les fabricants de jouets pour la possible dangerosité de ceux-ci. A son actif, en outre, le rappel de produits commercialisés dangereux, des chaussures ou des chaises, fabriquées en Chine. Reste à la DDPP, aux préfets et aux départements de faire oublier au plus vite feu la DGCCRF. ».

 

Alors je souhaite bon courage aux agents de la DGCCRF qui seront mutés, je les remercie de leur travail, de la qualité et de la pédagogie de leur site web qui m’a appris beaucoup en tant que consommacteur. En espérant qu’ils puissent continuer à faire leur boulot de « garde-fou » de la consommation, car nous en avons bien besoin.

 

Luc, Consommaction

 

 

05/10/2009

Payer en liquide sur le web ?

Une nouvelle plutôt étonnante, et, soyons francs, assez mensongère, du Figaro.fr, qui nous informe que nous allons pouvoir payer nos achats en ligne avec de l'argent liquide... En insérant les billets dans le lecteur de CD-ROM ? Non, bien sûr, et c'est là le hic, il va falloir aller acheter une carte dans les points de vente partenaires (bar-tabac, point presse, etc), un peu comme une carte téléphonique, en somme. Un peu déçu, du coup !

L'intérêt, c'est (évidemment ?) de rassurer tous ceux qui aimeraient profiter de l'e-commerce (+30% en 2008!) sans risquer de se faire pirater ses données bancaires. Mais je ne crois pas que ce soit le risque principal, et les nouvelles tendances de la fraude sur Internet le montrent bien : il y a d'autres moyens d'éviter les fraudes en ligne.

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Le service s'appelle WeXPay, et propose des "recharges" de 5 à 30€ qui vous donnent droit à un code à rentrer sur les sites d'e-commerce au moment du paiement (ceci implique donc que le e-commerçant soit affilié à ce système de paiement, ce qui est à mon avis un obstacle de taille).

Si certains d'entres vous ont testé ce Monéo du web, n'hésitez pas à m'en parler, je suis curieux de savoir si cela marchera.

Luc, Consommaction.

06/02/2009

Vidéo #8 : Quand les médicaments tuent

Un très intéressant reportage sur les contrefaçons de médicaments :

 

Le trafic de faux médicaments provoque des dizaines de milliers de morts chaque année dans le monde, et surtout, en Afrique. Enquête sur un fléau.

10 % du marché mondial et 40 milliards d’euros de profits : voilà ce que représente la vente de médicaments falsifiés. Pour comprendre qui se cache derrière ce trafic, Michel Koutouzis, expert auprès de la Commission européenne et de l'ONU, et le réalisateur Patrice du Tertre, se sont fait passer pour des négociants véreux écoulant de faux médicaments sur le marché africain. Leurs découvertes sont édifiantes. A Mumbai (ancienne Bombay), des grossistes copient des médicaments en diminuant ou en ôtant leurs principes actifs, et prennent les commandes sans difficulté. Des usines travaillent pour le compte des multinationales et des réseaux parallèles, livrant indifféremment vrais et faux produits pharmaceutiques. La flilière du paiement transite par Dubaï, passage obligé pour tout financement occulte. Les deux hommes se sont également rendus à Zanzibar, légendaire port de contrebande, d’où partent les boutres qui vont déverser, escale après escale, sur la côte africaine, leurs produits clandestins : drogue et faux médicaments. En Tanzanie, plus de la moitié des remèdes vendus dans les échoppes et les pharmacies officielles n’étaient que des copies. Au Kenya, enfin, Michel Koutouzis et Patrice du Tertre ont rencontré Bilha Kiama-Muragie, docteur en pharmacie, qui a été renvoyée du Conseil pharmaceutique kenyan parce qu’elle refusait de céder à la corruption. Aujourd’hui, elle lutte, au péril de sa vie, contre ce mal qui ne peut s’étendre qu’avec la complicité des Etats concernés. Pendant ce temps, sida, malaria, grippe déciment les populations africaines…

 

 


TRAFIC MORTEL
envoyé par hopto
 
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