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16/03/2010

Hôtels et restaurants "3 étoiles", comment tout va changer pour eux

3etoiles consommaction restauration hôtellerie UMIH Etrave Trip Advisor.jpgLa France, terre de tourismes… et de remise en cause ! Un de mes cousins hôteliers dans le Vercors m’en parlait la semaine passée, le sacro-saint classement des hôtels, campings et restaurants par le système des « étoiles » va être remis considérablement à plat. Au-delà de l’intérêt que porte instinctivement le consomm’acteur que je suis à ce type de refonte, il y a, quand même une drôle d’histoire à la base, que voici.

Petit rappel d’abord, la France est le pays le plus touristique du monde, avec pour 2006 près de 79 millions de visiteurs venus profiter de nos contrées variées et riches en patrimoine. Une activité qui rapporte près de 100 milliards d’euros à la France, dont un tiers grâce aux visiteurs venus de pays étrangers (on pense aux Japonais, c’est un peu facile, les Européens sont également de "bons clients"). Pour le reste des chiffres, Wikipédia vous renseignera.

Les touristes peuvent choisir sans trop de problèmes leur accommodation grâce au système des étoiles, si connu que l’on emploi souvent l’expression « 3 étoiles » pour désigner un service ou un objet de qualité, quel qu’il soit. Eh bien, selon mon cousin toujours, ça n’est plus aussi simple, notamment à cause d’Internet. Les fédérations hôtelières se rendent compte que des sites comme Trip Advisor, un moteur de recherche de séjours et d’établissements de tourisme, qui recueille les commentaires des internautes, leur causent de plus en plus de tort. Le site a même publié récemment une liste des hôtels les plus sales en se basant sur ces témoignages anonymes.

trip_advisor umih etrave consommation restauration hôtellerie.jpg


Problème : comment croire à un classement de ce type, quand on sait d’une part qu’il n’est pas possible de savoir qui met en ligne ces commentaires, et d’autre part que ce type de site n’est pas un simple « guide » pour le touriste en quête d’info. Des gens y travaillent, des pages sont mises à jour, et ce n’est pas le bénévolat qui motive ces initiatives. Pour preuve, à côté de la liste des « pires hôtels », on trouve, ô surprise, une liste des « meilleurs hôtels » ! Difficile de ne pas penser à la manière dont le Guide du Routard s’était fait prendre les mains dans le pot de confiture à conseiller des établissements dont le propriétaire était le patron du guide (article de l’Express). Ou la manière dont ce même guide « vend » les plaquettes et autocollants « recommandé par le Routard » aux adresses, bonnes ou mauvaises, qui consentent à payer pour cette étiquette (voir l’article de Rue89).

L’hôtellerie française est donc en train se poser pas mal de (bonnes) questions pour paraître plus crédible, contrer l’opacité de Trip Advisor et mettre à jour les pratiques du secteur en France. Vrai que les étoiles avaient un pris un petit coup de vieux ! L'attaque peut paraître donc presque salvatrice, si un nouveau classement se fait sur une base pertinente.

umih etrave restauration consommaction.jpg


Les hôteliers européens tentent donc d’élaborer une réglementation européenne qui obligerait des sites comme Trip Advisor à certifier que les commentaires ont bien été déposés par des personnes ayant réellement utilisé les services qu’ils consomment (on peut penser à un code à usage unique que donnerait le tenancier à son client ?). Ensuite, en ce qui concerne la France, l’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) a décidé de refondre le classement existant. D’abord en redéfinissant les critères de satisfaction-client (confort, hygiène, tarifs, services, développement durable), ensuite en mettant en ligne un outil d’auto-évaluation créé par la société Malamok, qui permettra aux hôteliers d’anticiper sur leur classement, en connaissant les items sur lequels ils sont à jour, et ceux sur lesquels il faudra continue à travailler pour obtenir, le cas échéant, une ou plusieurs étoiles.

C’est donc une initiative intéressante de l’UMIH pour d’une part protéger une industrie importante pour la France… et puis ne pas se laisser dicter sa bonne santé par des commentateurs dont on ne sait toujours pas s’ils sont sincères ou non, concurrents ou non, payés ou non dans certains cas.

Luc, Consommaction.

03/02/2010

e-commerce en France : toujours plus !

Vous avez du entendre parler des chiffres très impressionants du e-commerce en France récemment, avec selon le Figaro pas moins de 24 millions de cyberacheteurs en France cette l'année passée (dont je suis, même si ça ne m'a pas toujours réussi comme je l'expliquais sur un cas flagrant de contrefaçon sur ebay).

"Le chiffre d'affaires réalisé en ligne par les cybercommerçants a atteint 25 milliards d'euros, une hausse de 26% en un an. La croissance se poursuit donc à une vitesse galopante: l'activité a été multipliée par dix depuis 2002. Le commerce électronique pèse désormais un peu plus de 4% des ventes de détail (hors alimentation et produits pharmaceutiques). Et les projections sont optimistes: selon la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad), qui présentait ce bilan mardi, le montant pourrait atteindre 46 milliards dès 2012. La progression de 2009 s'est notamment nourrie de la création de 17.000 nouveaux sites marchands, soit deux toutes les heures!"

e-commerce France 2009 2010 statistiques cyber-achat consommation consommaction.jpg

 

Luc, Consommaction.

01/11/2009

A Lyon ou a Grandrif, on ne veut pas entendre parler de "surconsommation"

868 millions de tonnes de déchets. C'est ce que la France produit, chaque année, toutes structures confondues, et dont près de 30 millions pour les ménages que nous sommes (chiffres de l'ADEME). Des montagnes d'ordures qu'il faut traiter, au prix fort, puisque cela nous coûte près de 12 milliards d'euros pour les évacuer, les traiter, les recycler quand c'est possible... Les déchets sont un symbole puissant des sociétés de consommation (et de sur-consommation), puisque nombre d'objets servent 'mal' : je ne jugerais pas ici de leur utilité pour chacun, mais de la manière dont ils sont conçus : des biens peu durables, dans des matières peu propres, avec une utilité souvent réduite voir "instantanée" pour certains gadgets que l'on utilise une fois ou deux avant de les oublier dans le fond d'un grenier. On ne peut pas tout traiter, par contre, certains ont trouvé un moyen plutôt amusant de détourner ces objets privés d'utilisation en en faisant tout un art.

C'est ce qu'on appelle "l'art du recyclage", ou l'art poubelle, parfois, une variante intéressante de l'art brut qu'avait déjà sublimé le Facteur Cheval et son "palais idéal" fait de bric et de broc.

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Le concept est simple : plutôt que d'aller acheter, comme de nombreux artistes, de la peinture, du papier, des métaux, et tout autre instrument de conception, on les trouve dans le quotidien, en récupérant les objets qui ne servent pas ou plus. Résultat : ça ne coûte rien (à part de la place pour stocker ou exposer ces objets) et on évite de jeter de vieux objets en leur donnant une seconde vie. Le décalage, par exemple, entre une poupée que vous n'avez plus utilisé depuis plus de 20 ans et que vous "greffez" à d'autres objets de ce type (vieux, souvent moches et non utilisés) lui donne un sens nouveau. Pas celui qu'a voulu le producteur de la poupée (un jouet pour enfant), mais celui qui ressortira de vos assemblages. Récupérer une quarantaine de poupées et les aligner sur un même support pour les peindre en rouge donnera un effet certain à ces vieilleries !

Deux exemples d'art de la récup qui font parler d'eux, à Lyon et à Grandrif dans le Puy-de-Dôme (63). A Lyon, c'est la Demeure du Chaos qui pousse très loin le concept de récupération, en y joignant un aspect politique qui critique de manière directe nos sociétés de profit et de consommation. Tout y est noir, noirci, et leur spécialité, c'est le "recycl'art" de gros objets, puisqu'on y trouve pêle même des voitures, un tractopelle et même un avion ! La mairie et les riverains se sentent agressés par cette débauche d'objets morts retournés à une seconde vie, avec des procès pour la fermeture de la Demeure qui n'aboutissent pas (mais des fermetures partielles ont déjà eu lieu).

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A Grandrif, petit commune du Massif Central, c'est un autre artiste qui ressort de leurs tombeaux les objets mis un peu trop vite à la poubelle, et à voir son oeuvre maîtresse, qui s'appelle "Thanatos, euh! euh! euthanasié", il est tombé sur un filon en or ! L'artiste fouineur des restes de la consommation, Henri Grange, est d'ailleurs lui aussi inquiété par la maire de son village, Suzanne Labary, qui début juillet lui intime de cesser de mettre sous le nez des riverains ce que l'on pourrait appeler leurs "excrêments de consommation", avec la gendarmerie en copie. Fair-play. Sont-ils à ce point hantés par le fait de jeter systématiquement des objets inutiles achetés compulsivement ? Car c'est évidemment en plein air et dans l'espace public que ces ordures font "mouches", pas dans une salle d'exposition parisienne réservée au petit nombre. N'hésitez pas en passant dans ce coin magnifique à aller saluer l'artiste et échanger quelques bribes de réflexions sur notre monde plus jeteur qu'acheteur au milieu de ses zombies qu'il parvient à recréer (ci-dessous quelques détails de son installation).

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thanatos-euthanasie-2.jpg


Alors, tabous, nos abus d'achat et notre propension à jeter à tout va ? Je vous recommande aussi la lecture du long article d'Hélène Crié-Wessner qui résume deux ouvrages importants de réflexion sur capitalisme et écologie.

 
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