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22/09/2009

Toujours plus de plaintes contre les banques

Une surprise ? Pas vraiment. Le Figaro nous apprenait la semaine dernière que les plaintes déposées par les consommateurs dans ce secteur étaient (les seules) en augmentation auprès de la Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes, la célèbre DGCCRF dont je vous recommande les études, bilans et statistiques. Si le nombre de plaintes ont baissé récemment (-20%), c'est probablement car le gouvernement a mis en place un certain nombre d'initiatives intéressantes dans le domaine de la protection de la consommation, comme le numéro anti-SMS abusif 33 700, pris d'assaut, ou encore la nouvelle directive européenne concernant les normes sur les jouets (après les scandales des jouets chinois nocifs pour la santé).

Eh bien les banques, déjà pas en odeur de sainteté (voir le très bon supplément du Canard Enchaîné sur les "profiteurs de la crise", édifiant), réussissent quand même, dans ce contexte, à mécontenter toujours plus de consommateurs, d'où un nombre de plaintes en hausse de 15,1%, avec 2 277 cas pour le seul premier semestre 2009, contre 1 978 sur les 6 mois précédents. Mieux, les litiges portent sur l'explosion des tarifs bancaires, alors que justement, depuis cette année, les banques sont obligées d'envoyer le relevé annuel des frais "prélevés" (quelqu'un a dit "rackettés" ?) sur le compte des clients. Cette opération "transparence" ne marche donc pas du tout, puisque que les plaintes portent également sur les "pratiques commerciales trompeuses", les "mauvaises informations précontractuelles", bref, les jolis mots qui cachent les coups de massue. Il est vrai que pour s'y retrouver dans la jungle des tarifs bancaires, il faut être à la fois bon en math, patient, et avoir le temps d'éplucher des conditions générales complexes au possible. Ci-contre, un comparatif des frais bancaires des principales banques françaises.

 

comparatif-frais-bancaires-2009.jpg

Pour le reste, il n'y a pas grand chose à faire à part s'informer au mieux, car, comme le rappelait très justement Serge Maître de l'Afub, "vous avez le choix certes, mais entre la peste et le choléra". Quelques pistes quand même :

  • vous trouverez dans ce post des liens vers une émission de France Inter les "meilleures et les pires" banques françaises. Je ne m'étonne pas que la Banque Postale y soit bien placée.
  • un résumé d'une de mes aventures avec un organisme de crédit, Cetelem, qui m'avait énormément déçu. Avec le recul, j'en ris, mais ce témoignage montre bien la mentalité du secteur.
  • les associations de consommateurs spécialisées dans la banque, qui font un travail formidable, comme l'Afub de Serge Maître, qui conclut l'article du Figaro : "Cette hausse des litiges est aussi observée par l'Afub, l'Association française des usagers des banques. Les clients sont visiblement plus prompts à s'adresser à cette association qu'à la DGCCRF, car elle dit avoir reçu plus de 27 500 courriers en six mois. Et note l'apparition de nouveaux sujets de discorde, comme le refus de crédit, notamment immobilier. « Ce n'est pas sans rapport avec la situation de crise, celle du crédit, celle de l'immobilier et plus encore la crise bancaire », note Serge Maître, président de l'Afub".

Luc, Consommaction

18/07/2009

Appels téléphoniques et SMS de vacances à l’étranger : ça baisse enfin

images.jpgAlors que les opérateurs français se partagent jalousement la poule aux œufs d’or que sont nos factures mensuelles (les plus élevées d’Europe, merci le monopole et les ententes), et que le gouvernement refuse toujours de laisser un 4e opérateur pénétrer ce marché ultra-verrouillé, on peut remercier franchement l’Europe d’imposer à ses Etats-membres des limites pour les prix des appels et SMS passés d’un pays de l’Europe à un autre.


Le Figaro rappelle ainsi que jusqu’ici, le prix moyen d’un SMS envoyé d’un pays à un autre (toujours dans l’UE) était de 28 centimes hors TVA. Désormais, et ce depuis le 1er juillet et grâce à une directive européenne (ça, c’est pour les euro-sceptiques que je ne comprend plus), ce prix sera plafonné à 11 centimes hors TVA toujours. Pour les appels, la baisse est moins raide, mais tout de même là : de 0,46 à 0,43 centimes d’euro hors TVA maximum pour un appel émis et de 0,22 à 0,19 pour l’appel reçu.


«Toutes ces mesures devraient réduire une nouvelle fois les prix de 60 % et accroître l'utilisation du mobile», a déclaré la Commission Européenne. Et on la remercie de nous protéger des opérateurs nationaux si voraces et si peu enclins au changement (je rappelle que le secteur de la téléphonie réalise les mêmes marges que l’industrie du luxe, soit 20-30%).

Luc, Consommaction

23/06/2009

Crédit conso : enfin un encadrement de la publicité

credit_revolving_cons_4825b.jpgLe crédit à la consommation est une plaie, surtout quand il se déguise en simple "réserve d'argent immédiatement disponible", où quand les conditions les plus importantes sont écrites police 6 à la verticale. Le tout pour ne pas nous montrer le vrai taux que peuvent atteindre ces crédits (dits aussi crédit revolving, ou crédit renouvelable). J'avais déjà pointé le vide législatif autour du crédit, ainsi que les quelques pistes pour s'en sortir. Et pour ceux qui lisent ce blog régulièrement, vous vous rappelez peut-être que je m'étais mis en rogne contre la mauvaise foi évidente de Cetelem, qui avait tenté une opération de communication tout à fait bidon sur le thème du "crédit responsable" (sans dévoiler, bien sûr, ses propres chiffres et ses taux revolving à 20%).

Cette fois-ci, on dirait que c'est la bonne, le Sénat est en train de faire passer un texte qui encadrera un peu mieux la publicité pour ces produits financiers qui rongent le moral des Français (76% des sondés avaient déclarés qu'on leur en proposait trop souvent). Plus précisément :

  • "le montant total dû par l'emprunteur devra désormais figurer de manière claire sur toutes les publicités. Le taux d'appel promotionnel devra également figurer en aussi grosse lettre que le taux réel." (Le Figaro). J'attend de voir comment les annonceurs vont se dêpétrer de ce bourbier là, car un taux de 20% de moyenne, ça n'est franchement pas vendeur, et comme ils sont retors...
  • Les termes «réserve d'argent», «compte disponible», ou «crédit reconstituable» seront remplacés par une appellation unique : «crédit renouvelable». C'est donc de ce mot qu'il faudra avoir peur, car il implique souvent un taux de 20%
  • Enfin, ces crédits ne devront pas sous-entendre qu'ils peuvent améliorer la situation financière des contractants (qui en prennent souvent pour... rembourser d'autres crédits). C'est un coup d'arrêt à toutes ces micro-institutions qui proposent du regroupement de crédit.
  • Les "cartes de magasins" qui font à la fois office de carte de fidélité, carte de crédit et carte de paiement, seront elles aussi encadrées

Enfin donc une loi qui va dans le bon sens, et dont je suivrai avec beaucoup d'attention l'application, car il y aura forcément des contorsions de la part des vendeurs de crédit. Notons tout de même qu'il s'agit de la transposition d'une directive européenne du 23 avril 2008. Donc c'est aussi l'occasion de dire que OUI l'Europe sert à quelque chose, notamment la PROTECTION des consommateurs :)

Luc, Consommaction

 
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