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21/05/2010

Le surendettement toujours plus haut avec la crise

On y revient ! Nos parlementaires vont voter à nouveau un texte pour encadrer le crédit à la consommation (chose qu'ils avaient pourtant déjà fait il y à peine plus d'un an !). Voici une infographie bien triste puisqu'elle montre le nombre de dossiers de surendettement traités chaque année à la Banque de France (sour le Figaro), et encore, il ne s'agit que de ceux qui sont contraints (par la loi, ou par un organisme de crédit) de devoir déposer un dossier, j'imagine que plusieurs dizaine de milliers de foyers sont en train d'en prendre le chemin. ça, plus la crise, ça fait beaucoup. ET pourtant, pour 79% des Français, ce sont les dépenses quotidiennes (alimentation, loyer) qui aboutissent au surendettement. On est loin de l'image du flambeur écervelé qui prend un crédit pour s'acheter une voiture rutillante ! Ce sont les fameux "nouveaux pauvres", qui pour une bonne partie travaillent mais n'arrivent pas à joindre les deux bouts.

 

 

surendettement en FRance 2010 banque de france consommaction consommation économie.jpg

Encore une fois, vous me trouverez peut-être un peu donneur de leçons, mais faites tout pour ne pas vous laisser happer par la spirale du crédit, surtout si vous n'en avez pas un besoin vital. Je vous avais donné il y a quelques temps des conseils simples pour éviter d'avoir recours à un crédit : faites un budget, ne dépassez pas 30% d'endettement, constituez vous un petit matelas financier en cas d'imprévu (dépense de santé...). Et surtout, surtout, évitez comme la peste les credit revolving, plus poliment appelé "crédit renouvelable" ou encore, dans notre cas, crédit à la consommation, comme l'explique l'UFC Que-Choisir si-dessous simplement.




Surtout que les banques cachent bien le nom et les principes de ces crédit, comme je l'avais montré avec Cetelem qui avait assez lâchement refusé de me répondre. La publicité pour ces produits est désormais un peu mieux encadrée, mais les banques qui les proposent savent bien en profiter. Un exemple récent : un neveu qui a contracté un nouveau contrat bancaire à la BNP s'est vu proposé, à côté de son livret d'épargne "classique", un emprunt étudiant, dont il n'avait nullement besoin "parce que le taux du prêt étudiant est plus intéressant que celui du livret d'épargne et que vous y gagnerez". Gagner quoi ? 3 cacahuètes par an ? Ou l'habitude de prendre un crédit sans penser que c'est de l'argent dont on ne dispose pas ?

Méfiance et vigilance, donc.

 

Luc, Consommaction

23/02/2010

Frais bancaires : ils ne nous rendent pas infidèles pour autant

consommaction comparatif frais bancaires résiliation arnaque fidélisation.jpgUne statistique "étonnament peu étonnante" pêchée sur le Figaro : seuls 6% des Français envisagent de changer de banque cette année. Les comparatifs bancaires (ou de frais bancaires) montrent pourtant que l'on se fait régulièrement avoir, pour rester poli. Mais le secteur a bien verrouillé les départs des clients avec des frais à la clé, et tout un tas de tracasseries pour transférer comptes, prélèvements ou crédits en cours. On est loin de ce que le secteur des télécoms a su (ou plutôt "a du") faire sous la pression de l'Union européenne notamment, avec la portabilité du numéro. Pourquoi n'y a t-il pas un numéro unique de compte en banque, comme un numéro de téléphone, que l'on pourrait "transporter" de banque en banque ? Voici le détail des chiffres :

"Les Français restent les clients les plus fidèles en Europe : 6% seulement envisagent de changer de banque principale cette année. D'après une enquête de Ernst&Young auprès de 6100Européens (Britanniques, Allemands, Belges, Espagnols, Français et Italiens), ils sont 11% en moyenne à vouloir changer de banque, un niveau jamais atteint, avec des pointes à 20 et 14% en Espagne et en Italie. Si les Allemands et les Italiens invoquent massivement les prix (à 55 et 50%) comme motif de mécontentement, les Français se plaignent surtout (à 22%) d'un manque de conseils."

Luc, Consommaction.

24/04/2009

Surendettement : le vide législatif

J’avais déjà parlé ici des problèmes du surendettement, qui touche environ 700 000 Français aujourd’hui. Nous avions vu quelles étaient les premières pistes du sénateur UMP Mariani pour lutter contre ce fléau, puis je vous avais relaté ma mauvaise expérience avec Cétélem, qui m’avait invité à un chat sur le « crédit responsable » où lcartes-paiement-credit-revolving.jpga langue de bois et le contrôle de la parole avait évité à leur directrice de la communication de s’exprimer sur les crédit revolving, ces crédits à la consommation dont le montant disponible se renouvelle chaque mois au fur et à mesure des remboursements. Un véritable piège pour les populations les plus fragiles et les moins capables de gérer un budget.


Je reviens sur ce sujet grâce à un dossier paru dans le Parisien (dont je vous recommande par ailleurs la lecture, dans sa version « Parisien » ou « Aujourd’hui en France », ça fourmille de bons conseils) du mardi 21 avril, où l’on peut glaner quelques bonnes astuces. Un projet de loi est actuellement discuté pour encadrer de plus prêt les conditions d’octroi et de remboursement du crédit, pour éviter qu’en temps de crise les « charognards » profitent d’une situation déjà difficile pour les foyers à bas revenus.


On y apprend des choses étonnantes. Par exemple, 79% des sondés déclarent que leur (sur)endettement est lié non pas à des dépenses extraordinaires mais à la « nécessité de faire face aux dépenses de la vie courante ». En gros, ils sont contraints d’emprunter pour payer leur loyer, leurs courses, leur plein d’essence. Les deux autres chiffres confirment le manque d’encadrement législatif : 76% des sondés estiment qu’on leur a proposé « trop souvent » de recourir au crédit (manque d’encadrement des pratiques commerciales et/ou publicitaires) et 65% des sondés expliquent leur situation de surendettement pour « avoir contracté trop de crédits » (manque d’encadrement du nombre autorisé de crédit par personne/foyer). On est loin de « l’idiot du village » qui prend un gros crédit pour s’acheter une voiture de prestige ou quelque chose de non nécessaire.


Ceci me rappelle une anecdote personnelle tout à fait significative. L’un de mes neveux me racontait, alors qu’il avait l’âge d’ouvrir un compte en banque, que son conseiller lui avait proposé la chose suivante. Sachant que le « livret jeune » avait un taux d’épargne de 5% ou presque, il lui proposait d’emblée de souscrire un crédit à la consommation basique au taux de 4%. Ainsi, même s’il n’avait pas besoin de cette somme, le conseiller lui « conseillait » de placer la somme empruntée à 4% sur son livret à 5%, de manière à « réaliser un gain »… d'un misérable %. (on sait à la lecture du Canard que les "conseilers financiers" des banques sont également rémunérés selon le nombre de crédits qu'ils arrivent à vendre à leurs clients, nous vous en avions parlé avec le cas d'une association allemande qui désirait "éduquer" les personnes les plus fragiles à savoir refuser les crédits proposés par leurs "conseillers".). Mon neveu a refusé, par méfiance face au concept de crédit et de dette, mais le conseiller lui a tout de même dit franco qu’ « il avait tort ». Incroyable ! Ces banquiers ne sont ils donc pas capables d'apprendre de leurs errements ?


Voici quelques-uns des conseils du Parisien pour éviter de se retrouver noyé par les crédits :

 

  • Faites un budget des dépenses courantes et tenez-vous y, pour ne pas avoir à emprunter pour ces dépenses (loyer, téléphone, courses, plein, assurances)
  • Ne dépassez pas 30% d’endettement, c’est à dire que vous ne devez pas consacrer plus de 30% de votre salaire au remboursement de votre dette. Si vous gagnez 2100 € nets, votre plafond, c’est 700 €. Au-delà, ça se complique pour les dépenses courantes.
  • Constituer vous un petit matelas financier sur un compte à part en cas de coup dur. Vous pouvez décider de verser même 50€ par mois sur un compte bloqué, au bout de 2-3 ans vous aurez déjà presque 2000€ en cas d’imprévu (voiture qui tombe en panne, accident lourd, chômage technique…)
  • Ne prenez qu’un crédit à la fois. Tant que la loi ne changera pas (et elle ne changera pas, à mon avis), on vous incitera à prendre crédit sur crédit, c’est à dire à cumuler les remboursements.
  • Si vous voyez le mot « revolving », fuyez comme la peste le crédit qui y est attaché. Un peu long à expliquer, mais franchement, c’est le meilleur de ces conseils (voir notre illustration : ce sont toutes ces cartes de fidélité/crédit qui sont au coeur du credit revolving appelé aussi "crédit permanent").

Pour le reste, c’est sur l‘édition du mardi 21 avril du Parisien, à consulter sur le web ou en bibliothèque !

Luc, Consommaction

 
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