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15/07/2009

Le hard-discount perd du terrain. Enfin ?

C’est peut-être à force d’y acheter des produits souvent bas de gamme que les Français commencent à comprendre que parfois, il faut mettre un peu plus d’argent pour ne pas manger de cochonneries. En tout les cas, le Figaro rappelle que les distributeurs hard-discount (les Ed, Dia, Netto, Lidl, Leader Price, Aldi, etc) ont vu leur part de marché baisser pour la première fois. Parce qu’ils ont atteint leur ‘seuil’ maximal ? JE crois plutôt que les Français comprennent petit à petit ce qu’est vraiment le hard discount.


Il s’agit avant tout d’un système économique hard-discount, c’est à dire que partout où l’on peut raboter les coûts, on y va au sabot 1mm. Salaires compressés au maximum, polyvalence exigée des salariés, contrats précaires à mi-temps ‘subi’, gestion des stocks en flux ultra-tendus, qualité des produits tout à fait douteuse (voir mon post sur la récente campagne d’Ed sur les poulets supposés fermiers), bref, pas vraiment un paradis du bien-être des consommateurs et des producteurs (les PME sont ainsi soumises à rude épreuve).

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Ensuite, c’est un système où la quantité l’emporte, et de très loin, sur la qualité : lots énormes qu’il faut, du coup, se dépêcher d’avaler, produits dont la péremption est beaucoup plus limitée (quand il ne s’agit pas simplement de remballe, une pratique odieuse mais courante).


Le Figaro avance des pistes intéressantes pour expliquer ce changement de comportement : effort des grands distributeurs pour baisser leurs prix (même si la guerre des étiquettes, menées notamment par Leclerc, n’est pas aussi franche qu’elle peut le paraître), installation de produits discounts chez ces mêmes distributeurs… par contre, là où je ne suis pas d’accord, c’est sur la marge de manœuvre supposée des hard-discounteurs. Le Figaro avance qu’une nouvelle vague de publicité leur permettrait de « se défendre ». Mais les dernières ont été franchement scandaleuses, entre une affiche qui, de mon point de vue de consommateur vigilant, est à la limite de la publicité mensongère chez Dia, qui nous « vend » des poulets dégeulasses à 9€ le kilos comme étant quasiment fermiers, et celle de Jean-Pierre Coffe pour Leader Price. Coffe, l’homme que j’ai personnellement écouté et suivi de longues années dans sa lutte contre la malbouffe, m’a profondément déçu, et je ne crois pas être le seul.

Luc, Consommaction

02/02/2009

Même chez les moins chers, c'est plus cher !

Pas de répit pour nos portes-monnaie et nos budgets ! Le Figaro nous apprend que le prix moyen du panier des courses dans les enseignes hard-discount a augmenté de 13% en deux ans, soit largement au-dessus du niveau général de l'inflation, et évidemment encore plus que l'évolution de notre pouvoir d'achat. 9% chez Lidl, 15% chez Aldi, 10% chez Netto, et même jusqu'à 18% chez Leader Price, l'un des plus connus et des plus présents en France. A titre personnel, je vois effectivement bien la différence : mon panier familial est passé en 2-3 ans de 60-70 euros à jamais en dessous de 100 euros pour les mêmes produits. Et je doute que, à la différence des grandes surfaces traditionnelles, il y ait tant de "profiteurs" que ça dans le hard-discount. Je m'explique.

Pourquoi le hard-discount est-il victime d'une hausse subite, alors que les Français plébiscitent de plus en plus ce type de réseau (plus par nécessité que par choix) ? Les enseignes à bas prix représentent en effet presque 14% du marché de la distribution, contre 7% en 2 000. On peut comprendre : malgré cette hausse des prix, le panier reste 32% moins chers que les marques de distributeurs (les "MDD") et 88% moins chers que les articles de marques des grandes surfaces. Seulement, le hard-discount ne dispose pas de beaucoup de marges de manoeuvre.

Les conditions de travail, d'abord. Difficile de faire plus spartiate qu'un Lidl ou qu'un Aldi (Leader s'en sort un peu mieux). Pas de chaises pour les caissières : «Si elles sont assises, les caissières sont beaucoup moins rapides, constate Didier Cayla, chef de magasin Lidl à Lunel et responsable syndical CAT (Confédération autonome du Travail). Or elles ne doivent pas dépasser 50 secondes pour encaisser.» (Nouvel Obs). Car avec la hausse de la fréquentation, les files aux caisses s'allongent, et les clients n'aiment jamais attendre. Pas de garçons non plus : moins dociles que les femmes, paraît-il. Les hard-discounters ont beau avancer qu'ils paient plus que la concurrence (de 10 à 20%), c'est au prix d'une "flexibilité" accrue, comme en témoigne Fatiah Hiraki, chef de magasin Lidl en région parisienne : «On est obligé de tout faire. Le chef de magasin passe la serpillière et fait la caisse. Les caissières, elles, doivent aussi s'occuper des rayons. Et faire de la manutention.» Et terminer à 22h n'est pas anormal. Du coup, c'est quand même un comble, les caissières de Monoprix sont considérées comme caissières de luxe !

arton264.gifLes prix bas, ensuite. Comment font-ils pour casser les prix à ce point, sachant que les fournisseurs sont les mêmes qu'en grande distribution ? Plusieurs solutions : la pression sur les prix. Pour un producteur de type PME européenne, le cas de nombreux fournisseurs de supermarchés, difficile de négocier avec une centrale d'achat qui permet à sa production un écoulement garantie (mais à quel prix ?). Et c'est donc le producteur qui doit se débrouiller de son côté pour modifier son produit, en faire une version hard-discount. Conséquences : la R&D de certaines PME passe à la trappe, pourquoi développer de nouveaux produits, des améliorations, si elles sont invendables en hard-discount ? Le cas de Reitzel, producteur suisse de cornichon, est à ce titre intéressante :« Dès l'instant où le client paie le bocal uniquement à son prix de revient, on va arrêter de faire de la recherche et du développement. On va arrêter d'investir dans les nouvelles installations. C'est évident que c'est un risque pour le tissu économique ».

Enfin, un système de logistique a flux ultra-tendus. On constate très souvent que les rayons des hard-discounters sont à moitié vide, et pour cause, mieux vaut ne pas avoir le produit que d'en avoir trop, ce qui ampute instantanément des marges déjà très basses. Un seul produit par besoin (et c'est la une différence majeure avec les grands distributeurs), donc moins de surface de vente, moins de frais de gestion des fournisseurs (WebLibre).

Que conclure ? C'est un vrai dilemme pour les consommateurs. Acheter à bas prix pour sauvergarder son budget, mais du coup favoriser un système tout de même précaire pour les employés, les fournisseurs ? Ou devoir raquer en grande surface quand on n'est pas plus certain que cela développe l'activité locale ? A titre personnel, j'achète désormais fruits et légumes en bio (mais j'en achète moins), le reste en hard-discount, mais avec à chaque fois un pincement au coeur en me disant que les gens qui y travaillent n'ont pas l'air épanouis. Vous arrivez à résoudre ce problème, vous ?

Luc

 
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