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04/11/2009

La baisse des factures ADSL et mobile peut être encore plus forte !

C'est une info de l'ARCEP, le régulateur des télécoms (dont je vous recommande la lecture de certains rapports sur l'ouverture des marchés ou la concurrence, on y apprend souvent plein de détails que ne nous disent pas les politiques) reprise par le Figaro : les prix de nos factures ADSL et de téléphonie mobile baissent enfin.

"La facture mensuelle moyenne, pour un abonnement ADSL, s'élevait à 23,90 euros hors taxes, en baisse de 1,3 % sur un an. Selon l'Arcep, en 2005, cette facture était de 25,20 euros par mois. Même mouvement dans la téléphonie mobile, où la facture mensuelle moyenne était, au deuxième trimestre, de 26,90 euros hors taxes, en recul de 2,5 % sur un an. En 2005, cette facture atteignait encore 29,20 euros hors taxes par mois."

On peut rappeler au passage que ces deux marchés sont quelque peu différent en terme de concurrence, et que Noël 2009 pourrait nous apporter une bonne nouvelle. Sur le marché de l'ADSL, les 3 opérateurs SFR, Orange et Bouygues ont très longtemps joué l'entente cordiale (et discrète), avec un tarif qui restait obstinément bloqué à 40€ par mois. C'est à l'époque l'arrivée de Free qui avait changé la donne, avec l'apparition des offres "triple play" (téléphone, TV, internet) à 29,9€.

C'est désormais le marché du téléphone mobile, très juteux (les marges y sont les mêmes que dans l'industrie du luxe, soit plus de 20% !) qui pourrait voir le même 4e opérateur (Free) arriver... après une bataille économico-politique de plusieurs années ! L'année dernière, on sentait même que la 4è licence de téléphonie mobile était enterrée, ce qui faisait au passage de la France l'un des pays où l'on payait le plus pour son téléphone portable (1,5 fois la moyenne europénne) comme le montre bien cette infographie. Avec l'arrivée du nouvel opérateur, les prix devraient baisser de 7% selon Bercy, soit près de 1,5 milliards d'économie pour les consommateurs.

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La seule interrogation quant à l'arrivée de Free reste celle des antennes-relais dont l'éventuelle dangerosité fait toujours débat... Free pense devoir installer environ 12 000 antennes pour couvrir à terme la population française, soit autant de disputes de voisinage possibles !

Luc, Consommaction.

16/09/2009

4ème licence 3G : Sarkozy joue le conflit pour se justifier

Je reprends cette info de PC Inpact qui me fait sourire :

Le président de la République Nicolas Sarkozy, aurait hier émis des réserves quant à l'intérêt même de l'arrivée d'un quatrième opérateur à bas prix : « Je suis assez sceptique et réservé sur le choix d'un quatrième opérateur de téléphonie mobile. Car le prix le plus bas n'est pas forcément le meilleur. ». Suite à ces déclarations, Édouard Barreiro, porte-parole et chargé de mission TIC et Commerce de l'UFC-Que Choisir, a vivement réagi. « Nous n'arrivons pas à comprendre cette espèce d'acharnement qu'il semble y avoir à décrédibiliser les bénéfices d'un quatrième opérateur » a-t-il confié à l'AFP. « On est un marché, le seul à ma connaissance, où on a eu une condamnation des trois opérateurs, qui se partagent 95 % du marché, pour entente. Depuis cette condamnation, on n'a pas vu un bouleversement dans leurs politiques tarifaires. (...) Leurs tarifs se marquent tous à la culotte » a-t-il ainsi amèrement constaté...

Pour Édouard Barreiro, les déclarations de Nicolas Sarkozy sont inquiétantes vis-à-vis de la future attribution de la quatrième licence 3G. « On voit une relation entre le lobby très important des opérateurs, et leurs déclarations fracassantes à la Commission européenne, et les propos de Nicolas Sarkozy. » De là à ce que certains (Free) soient automatiquement retoqués... L'UFC-Que Choisir, elle, ne doute pas un instant des rapports ambigus entre le président et le triumvirat actuel : « Il est toujours apparu évident que Nicolas Sarkozy avait toujours eu une oreille très attentive à ce que disent les opérateurs. (...) Il faut prendre très au sérieux les propos de Nicolas Sarkozy. » Édouard Barreiro se demande alors si le gouvernement ne pourrait pas s'arranger pour gagner un peu de temps, afin de compliquer plus encore la tâche du nouvel entrant, ce dernier récupérant une part des fréquences 900 Mhz, à moins que la licence soit attribuée après le 30 juin 2010...

Ce matin sur France Inter, on entendait Sarkozy jouer de la lutte entre consommateurs et salariés sur le mode "si on pousse la concurrence, cela met sous pression de grandes entreprises, ce n'est pas bon pour les salariés"... qui sont, accessoirement, consommateurs à leurs heures perdues. Bref, la France a toujours envie d'être le pays le plus cher en télécommunications et nous en faisons, tous, les frais.

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Luc.

23/10/2008

Les collectivités locales victimes collatérales de la non-concurrence dans le haut-débit

Les collectivités locales sont au coeur de nos vies. Si l'Europe décide, la France transpose et les collectivités locales, des mairies aux régions, appliquent ces décisions, les budgettent également. La vie des collectivités locales a été frappée de plein fouet par la crise du crédit. Dexia, la banque qui habituellement finance les projets des collectivités locales, a été pris dans la tourmente de la crise financière.

Mais il y a un autre coup dur pour ces centres de vie que sont les pouvoirs locaux : le quasi-abandon de l'attribution d'une 4ème licence de téléphonie mobile dite de "troisième génération", c'est la 3G. Quel est le lien ? Eh bien il est extrêmement simple en même temps que parfaitement injuste. Les opérateurs existants, Orange, SFR et Bouygues, ont des obligations de couverture du territoire auxquelles elles ne se plient pas. Couvrir les zones rurales les plus éloignées, cela coûte cher et rapporte peu. Sauf que c'est une obligation, et que parfois, cela empêche le développement de l'emploi dans ces territoires comme le souligne ce témoignage trouvé sur le site de l'Aménagement Numérique des Territoires :

"Notre projet est d’implanter en zone rurale une PME qui assure les relations clients (demandes d’informations et suivis de dossiers suite appels téléphoniques entrants et courriels émanant d’assurés d’organismes sociaux offrant des garanties complémentaires à celles de la sécurité sociale - mutuelles, institutions de prévoyance et compagnies).

Disposant d’un terrain sur ma petite commune de Lagarde Paréol (300 habitants), nous souhaitons y implanter notre entreprise et une vingtaine d’emplois (conseillers clientèles CDI temps plein) avec possibilité d’atteindre plus de 30 d’ici 2009.

Cette implantation contribuerai au redéploiement d’emplois en milieu rural, tant voulu et promis par les politiques, et apporterai aussi une taxe professionnelle significative pour notre commune qui en a bien besoin.

Mais voilà, notre commune est desservie par ADSL 1 méga, mais nous nous heurtons au refus de France Télécom pour apporter le haut débit (il nous faut de l’ordre de 20 mégas car nous disposerons d’un CTI voix sur IP et de connexions directes sur le fichier informatique de l’un de nos plus importants clients).

Alors comment procéder pour débloquer cette situation ? vous avez bien compris qu’à une époque où la réimplantation d’emplois en zones rurales est unanimemant voulue, et ou internet permet à une d’entreprises comme la notre d’y contribuer, il serait utile que france télécom et les administrations concernées puissent répondre aux demandes aussi sércouverture_ADSL_Lagarde_Pareol_cle77a41c.gifieuses que la nôtre."

C'est donc malheureux à ce point : l'abandon de l'ouverture de la 3G à la concurrence va aussi pénaliser les territoires non couverts, ceux qui auraient bénéficié de l'arrivée d'un nouveau concurrent. La réponse de l'AMN est simple : cet entrepreneur est invité soit à s'installer en zone dense, c'est dommage car son projet participait au repeuplement des campagnes, ou alors c'est à la collectivité locale de prendre en charge les infrastructures... et de régler la note ?

Le problème, c'est que le haut-débit n'est toujours pas considéré comme un service universel de télécommunication, que chacun est en droit d'exiger. Il y a ainsi près de 500 000 postes non-éligibles à l'ADSL... et l'on sait que travailler sans ADSL, c'est un peu comme revenir à l'âe de pierre ! C'est une nouvelle fracture numérique qui semble alors devoir se développer, alors que nombre de projets de développement local bénéficieraient de l'arrivée d'un nouvel entrant.

Encore une fois, le gouvernement et l'éxécutif en général semblent avoir tranché à l'inverse de l'intérêt des citoyens, des consommateurs et des entrepreneurs.

(ci-contre, un exemple de "zones blanches" : les ronds verts foncés sont ADSL+, les verts clair ADSL 1Mo, les zones blanches ne sont pas couvertes par l'ADSL)

 
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