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23/02/2011

Commerce équitable : les consommateurs ne font pas confiance aux distributeurs

Peu de temps cette semaine, mais un intéressant rapport de la CLCV, très bien étoffé par Planète-Info, à lire quand vous avez un peu de temps, c'est assez long mais vaut le détour...

Luc.

 

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cafe_equitable© C. Magdelaine / notre-planete.info

La CLCV (association nationale de consommateurs et usagers "Consommation, Logement et Cadre de Vie") a récemment publié une enquête axée sur les attitudes de consommation liées aux produits issus des filières équitables, en France. Cette dernière fait référence à un sondage qui avait été effectué en Septembre 2009 par l'Institut Globescan afin de connaître l'avis des Européens quant au commerce équitable.

Rappel sur le commerce équitable

Le commerce équitable, qu'est-ce que c'est ? A la base, il s'agit tout simplement d'être altruiste en consommant des produits issus de filières différentes du commerce classique.

Pourquoi consommer ces produits-là ?

Les articles issus de filières équitables (souvent des pays du Sud vers les pays du Nord) sont qualitatifs et sortent souvent de l'ordinaire. Ils permettent à des petits producteurs dans les pays du Sud de travailler et de vivre dans de meilleures conditions (rémunération de base plus élevée que sur le marché local, pas d'exploitation illégale des enfants) que s'ils distribuaient localement leurs produits, ou en passant par les schémas habituels.

L'intérêt de consommer au Nord des articles produits de façon éthique dans les pays en développement s'applique notamment pour des matières premières que nous ne trouvons pas dans nos contrées (chocolat, café, thé pour ne citer qu'eux).

Cependant, depuis plusieurs années, certaines alternatives Nord/Nord se développement. Les Biocoops avec leurs filières « ensemble pour plus de sens » se positionnent en faveur des transformateurs et fabricants de France. De même, le mouvement des AMAPs (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne) permet à des citoyens de soutenir des projets en agriculture locale (et souvent biologique). Et la marque AlterEco compte lancer en Mars 2011 une gamme « Nord-Nord » afin de promouvoir l'agro-écologie. De cette façon, les « locavores » risquent de trouver leur bonheur.

Oui, mais le commerce équitable, c'est plus cher...

Pas toujours ! Souvent, les distributeurs ont une marge sur les produits qu'ils distribuent. Cependant, dans le prix de base d'un article (Sud/Nord), un certain pourcentage est dédié à un projet social (construction d'une route, d'une école, d'un hôpital...) bénéficiant aux travailleurs, ainsi qu'à leur communauté. Dans des projets Nord/Nord comme les AMAPs, il s'agit d'instaurer une réelle solidarité entre l'agriculteur et les consommateurs.

Résultats de l'enquête sur le commerce équitable et les Européens

Sur les 669 sondés de cette nouvelle étude – composée majoritairement de retraités (36%) et d'employés (32%) – 42% se disent prêts à payer 5% de plus pour un produit issu du commerce équitable, tandis que 17% refusent de payer plus cher. Malgré tout, il ressort que les personnes prêtes à dépenser plus aimeraient avoir la certitude que les petits producteurs du Sud sont mieux traités que dans des filières commerciales classiques.

On observe une corrélation positive entre le « degré de connaissance » de ces produits alternatifs et l'aptitude qu'ont les consommateurs à les repérer dans les rayons de GMS (Grandes et Moyennes Surfaces).

On notera que les 60 ans et plus sont 10,7% à connaître une « grande quantité » de produits du commerce équitable, suivis de près par les 20-40 ans (avec 10,1%). Cependant, dans cette dernière catégorie, on trouve 13,5% des personnes ignorant ce que sont les articles équitables.

Les consommateurs restent globalement méfiants

A la question « Si vous cherchez des informations fiables sur la manière dont les supermarchés traitent leurs fournisseurs, à quelle source feriez-vous confiance ? », les individus interrogés affirment à 74% faire « entièrement confiance » aux associations de consommateurs, suivent alors les labels avec 37% de réponses.

De cette partie de l'enquête ressort le fait que les consommateurs se méfient des supermarchés comme source d'informations concernant le commerce équitable, notamment à cause de leurs intérêts économiques à vouloir dégager des marges toujours plus grandes, et sans forcément prêter l'attention nécessaire aux producteurs du Sud. De plus, la jungle des labels (Max Havelaar pour ne citer que le plus connu), des marques commerce équitable (Ethiquable, AlterEco), et des MDD (Marques de Distributeurs) égare le consommateur non averti, qui finit par interpréter que le commerce équitable est une simple action humanitaire – ce qui n'est absolument pas le cas.

Le Gouvernement, les labels – très controversés -, les supermarchés, les intermédiaires sont des sources d'informations considérées comme peu fiables par les consommateurs interrogés.

Quelques leviers notables de l'étude du CLCV

  • Il reste encore une forte possibilité de sensibiliser les « consom'acteurs » (et les consommateurs classiques) aux enjeux du commerce équitable. C'est en partie pourquoi la Commission Nationale du Commerce Equitable (CNCE) a été crée en Avril 2010.
  • Les GMS doivent continuer à améliorer leur façon de distribuer et de mettre en avant les articles issus de filières équitables (par exemple : rayons spécialisés, PLV, prospectus à la caisse...).
  • Les organes de labellisation ont un travail de fond à faire afin de retrouver une crédibilité certaine aux yeux des consommateurs, de mieux en mieux avertis, et donc de plus en plus vigilants lors de leurs achats.
  • Les associations de consommateurs doivent continuer leurs missions sur le terrain, afin de permettre aux utilisateurs d'avoir accès à une information transparente et de qualité.

Source

L'enquête de la CLCV sur les produits du commerce équitable en France pointe la responsabilité des professionnels - CLCV

23/05/2010

Endettement de la France : pas sur la bonne pente

Voici un (trop) petit graphique, j'espère que vous arriverez à la lire, il n'est pas très compliqué d'en comprendre le sens. Celui-ci nous montre l'évolution de la dette française depuis la présidence de François Miterrand jusqu'à celle de Chirac (dernier gouvernement pris en compte : Raffarin)... La courbe parle d'elle meme et n'est franchement, franchement pas rassurante.Seul Jospin semblait avoir réussi à juguler la dette publique (qui résulte de l'accumulation du déficit budgétaire année après année)

 

endettement france mitterand chirac premier ministre évolution .jpg

21/05/2010

Le surendettement toujours plus haut avec la crise

On y revient ! Nos parlementaires vont voter à nouveau un texte pour encadrer le crédit à la consommation (chose qu'ils avaient pourtant déjà fait il y à peine plus d'un an !). Voici une infographie bien triste puisqu'elle montre le nombre de dossiers de surendettement traités chaque année à la Banque de France (sour le Figaro), et encore, il ne s'agit que de ceux qui sont contraints (par la loi, ou par un organisme de crédit) de devoir déposer un dossier, j'imagine que plusieurs dizaine de milliers de foyers sont en train d'en prendre le chemin. ça, plus la crise, ça fait beaucoup. ET pourtant, pour 79% des Français, ce sont les dépenses quotidiennes (alimentation, loyer) qui aboutissent au surendettement. On est loin de l'image du flambeur écervelé qui prend un crédit pour s'acheter une voiture rutillante ! Ce sont les fameux "nouveaux pauvres", qui pour une bonne partie travaillent mais n'arrivent pas à joindre les deux bouts.

 

 

surendettement en FRance 2010 banque de france consommaction consommation économie.jpg

Encore une fois, vous me trouverez peut-être un peu donneur de leçons, mais faites tout pour ne pas vous laisser happer par la spirale du crédit, surtout si vous n'en avez pas un besoin vital. Je vous avais donné il y a quelques temps des conseils simples pour éviter d'avoir recours à un crédit : faites un budget, ne dépassez pas 30% d'endettement, constituez vous un petit matelas financier en cas d'imprévu (dépense de santé...). Et surtout, surtout, évitez comme la peste les credit revolving, plus poliment appelé "crédit renouvelable" ou encore, dans notre cas, crédit à la consommation, comme l'explique l'UFC Que-Choisir si-dessous simplement.




Surtout que les banques cachent bien le nom et les principes de ces crédit, comme je l'avais montré avec Cetelem qui avait assez lâchement refusé de me répondre. La publicité pour ces produits est désormais un peu mieux encadrée, mais les banques qui les proposent savent bien en profiter. Un exemple récent : un neveu qui a contracté un nouveau contrat bancaire à la BNP s'est vu proposé, à côté de son livret d'épargne "classique", un emprunt étudiant, dont il n'avait nullement besoin "parce que le taux du prêt étudiant est plus intéressant que celui du livret d'épargne et que vous y gagnerez". Gagner quoi ? 3 cacahuètes par an ? Ou l'habitude de prendre un crédit sans penser que c'est de l'argent dont on ne dispose pas ?

Méfiance et vigilance, donc.

 

Luc, Consommaction

 
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