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22/02/2010

Dessin #26 : Toyota, zéro défauts ?

Ah, on nous l'a pourtant vendu et revendu le système "zéro défaut", "zéro papiers", "zéro stock" de Toyota... C'était même l'exemple des livres d'économie des sections économiques en tant que modèle alternatif de production. Mais à priori, à trop vouloir raccourcir les délais, et toute la chaîne de production, c'est le produit lui-même qui est un peu zéro ! Avec près de 9 millions de véhicules à "rappeler", le constructeur japonais va y perdre des plumes, et beaucoup (déjà, son titre récent de numéro 1 du secteur, la suite, c'est pire). Dessin de Courrier International.

 

Toyota rappel véhicules accélérateur consommaction arnaque conso.jpg

18/02/2010

Le bio, jusqu'où ?

Comme vous le savez si vous me lisez sur mon blog ou à d'autres endroits, je suis un consommateur attentif, et c'est assez logiquement que je me suis mis à la consommation bio depuis qu'elle s'est "démocratisée", comme on le dit malgré la laideur du terme (allez demander dans les quartiers populaires si le bio est démocratique, on n'en trouve à peine sur les rayons des hard-discounters). Mes achats, alimentaires notamment, sont rythmés par les marchés, par l'achat de fruits et légumes de saisons, et par les déambulations dans des boutiques bio, j'ai la chance d'avoir près de chez moi un Naturalia, et un La Vie claire non loin de mon lieu de travail. Jusqu'ici tout va bien.

Sauf que depuis quelques temps, je me pose la question, à la lecture d'articles de presse et d'éditos de blogs, de la limite de cette "bio-attitude" pour copier les mots d'une politicienne créative au moins au niveau du vocabulaire. La première fois où je me suis dit que quelque chose clochait (c'est comme ça que je le ressens), c'est quand je suis rentré dans un magasin bio près de Bastille où j'avais une course à faire. Pas une chaîne, une sorte de supérette indépendante. Où les bananes bio étaient loin au fond du magasin, presque cachées derrière un joyeux capharnaüm de potions supposées magiques (des sortes de compléments alimentaires améliorés, pourquoi pas, c'est un peu comme l'homéopathie après tout), et de pierres. Pour ceux qui fréquentent les magasins bio, vous voyez de quoi je parle. Pour les autres, il s'agit d'une lampe qui ressemble à une pierre légèrement rosée que l'on appelle "Lampe pierre de sel" et qui n'a pas qu'une fonction d'illumination (quoique) puisqu'elle "véhicule relaxation et sérénité, le corps s'apaise ; tout comme l'esprit sous l'influence des vibrations de couleurs émises par la lampe de sel allumée. Non seulement ces dernières neutralisent les ondes électromagnétiques néfastes à la santé, par l'émission d'ions négatifs, mais les tons naturels de la gemme de sel répondent aux besoins de l'organisme humain pour préserver sa santé." (Blog de Lajemy). La description de Naturalia est plus pragmatique. Mais quand même, le doute s'installe : mon esprit cartésien s'insurge contre une arnaque, un produit cher et sans effet.

Je retourne dans ce magasin de Bastille et y prend une des publications gratuites, une sorte de magazine publi-commercial, intitulé "Biocontact", "mensuel gratuit" de février 2010 sur "l'écohabitat", un thème qui m'intéresse. Bon, soyons clair, c'est plein de pub, ce n'est presque que ça, et là, on trouve vraiment tout et n'importe quoi, et l'arnaque envers des personnes influençables n'est pas loin. D'accord, la médecine "traditionnelle", si c'est dans le cadre familial et que c'est votre arrière grand-mère qui vous frotte du vinaigre sur une piqûre d'ortie, pourquoi pas. Quand c'est organisé de manière à sous-tirer de l'argent en vendant de la pseudo-soupe scientifique, là, je coince. Quelques exemples des publicités de ce "journal" :

  • Miel Manuka bio consommaction.png

    Le miel de Manuka. Utilisé par les maori. Bio, de Nouvelle-Zélande (importé en pirogue pour éviter les émissions de Co2?), il permet de "lutter contre le staphylocoque doré, la bactérie de l'ulcère à l'estomac (ce bon vieux stress ?)" et "cicatrise les plaies infectées" (sans ça, tous hémophiles ?). 25,20€ le pot de 500g, soit plus de 50€ le kilo. A titre de comparaison un miel bio origine France coûte entre 20 et 25€ le kilo. De quoi "se sucrer", si l'on peut dire !

 

 

 

détoxication consommaction arnaque.jpg

  • Là, franchement, difficile de ne pas crier à l'arnaque et à l'abus d'influence sur personnes fragiles ou dépendantes. Avec les produits que propose Détoxeo, on retrouve son bien-être, et "le plein potentiel de nos organes et cellules avec nos appareils de détoxination ionique". Pour la modique somme de 350€, l'entreprise vous fournit des instruments étranges (la photo montre une sorte de bidet rempli d'un liquide marronâtre) qui font "détoxication des métaux lourds", "équilibre acido-basique", "oxygénation cellulaire", et, c'est en prime Mesdames z-et Messieurs, sous vos yeux ébahis, "amélioration du sommeil". A ce prix là, moi, je ne dors plus ! Je crois qu'un bon gant de crin, du savon de Marseille et une balade en plein air vous détendent plus efficacement qu'un tel coup porté à votre bourse.

 

 

 

 

 

  • IMG_0541.JPGUn dernier pour la route, sur un thème que je vois ressortir de plus en plus, l'achat de caillous (pardon, de "céramiques à durée de vie illimitée") pour empêcher les mauvaises ondes de nous atteindre. Un chaman vaudou n'aurait probablement pas osé, mais Terres Sens, si, en proposant donc des "céramiques de protection et de revitalisation pour l'homme, son environnement, l'eau et l'alimentation". Et les éléphants roses ? Ces pierres, qui existent aussi sous forme de "pendentifs harmonisants bioprotections électromagnétiques" protègent nos corps des agressions modernes que sont, pêle-mêle parce que, quand même, la physique c'est drôlement compliqué, "du courant 50Hz, de l'ordinateur, du téléphone portable, du Wi-Fi, des antennes-relais". Tout un programme ! Sur Santé de l'habitat (je ne proposerai pas de lien vers ce boui-boui), le pendentif caillou rose est donc à 50€ et le cruchon pour "harmoniser" son eau à 75€. A ce prix-là, personnellement j'achète un grand cru et une pièce de sanglier.

 

 

 

 

Le reste des publicités de ce magazine sont à l'encan. Produits en tout genre pour maux de toutes sortes. Je suis partagé entre la peine, que des personnes puissent croire à de telles charlataneries, je croyais, naïvement, que l'éducation républicaine et la science étaient passées par là, eh bien non. Autre sentiment : la colère, quand je pense à cet argent que se font des marchands de sable, capable de vendre de vulgaires caillous à des prix démentiels. Pour un peu, certains s'endetteraient. On appelle ça, je l'ai appris il y a peu, "l'effet nocebo". Il suffit de se convaincre qu'un mal existe pour en ressentir les effets. De grâce ! Nous sommes en 2010, en France, et ces choses là ne devraient pas connaître une telle publicité.

chiffre d'affaires de l'alimentation bio biologique en Europe France.png

Le bio, en Europe, c'est près de 15 milliards d'euros, dont 2,2 milliards pour la France (source Bioforum). Et encore, le secteur pense faire mieux si la règlementation l'y aidait. La règlementation, parlons-en, puisqu'au vu de ce qui peut se vendre, on est en droit de douter de son application, si ce n'est de son existence.

Luc, Consommaction.

17:27 Publié dans Ecologie | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : bio, écologie, arnaque

17/02/2010

Des journées de la Consommation Responsable au Québec

Voilà une initiative intéressante que l'on serait bien malins d'importer en France ! C'est une Université du Québec (Université Laval) qui a eu l'idée d'organiser deux journées de la consommation responsable (dommage, c'est un peu loin, cher et polluant pour un week-end !), comme le rapporte Québec hebdo :

"L’instigateur de ce projet, Seydou Doumbia, justifie l’organisation d’un tel événement par un constat de paradoxe. «Ce sont les jeunes qui font l’avenir, mais les jeunes ne sont pas au cœur de l’action. Les jeunes ont un rôle d’agent de changement et c’est important pour la préparation de l’avenir de la société», déplore M. Doumbia, fondateur de Ref Clothing, une compagnie de vêtements éthiques et engagés.

L’événement est séparé en deux volets. «La première journée, c’est pour réfléchir. La deuxième est concentrée sur l’action», explique Chaher Mohamed, un animateur de l’activité. Pour la foire de l’engagement, où des commerces et des entreprises s’appuyant sur des valeurs responsables présentent leurs produits, M. Mohamed espère la visite d’au moins une cinquantaine de personnes.

Marie-Ève Thérien, copropriétaire de la boutique Blank, à Québec, est venue s’afficher à la foire. «On veut s’associer à des gens qui ont des valeurs qui nous ressemblent», fait-elle valoir. Mme Thérien remarque par ailleurs que de plus en plus d’étudiants sont conscientisés aux impacts de leurs achats.

Consommation responsable québec consommaction.png
Le fondateur de la compagnie Ref Clothing et organisateur des Journées de l’Engagement et de la Consommation Responsable,
Seydou Doumbia, tenait un kiosque lors de la foire d’achats.

Jecorespon vise à sensibiliser les citoyens au fait qu’ils peuvent faire une différence dans le monde dans lequel ils vivent. «On a terriblement besoin de gens qui prennent des initiatives pour faire savoir l’importance de prendre ses responsabilités», a déclaré en première journée le président d’honneur de l’événement et directeur de l’Institut du Nouveau Monde, Michel Venne.
Autrefois journaliste pour le quotidien Le Devoir, M. Venne dit percevoir le citoyen simplement. «C’est quelqu’un qui a le souci des autres. Il est conscient et il admet qu’il a une responsabilité au-delà de lui-même», a affirmé M. Venne."

Alors, qu'attend-on pour bâtir, en France, une initiative de ce type ? Un picnic de l'éco-consommation ?

 
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