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06/04/2011

Quelques données sur la consommation d'eau en France

La première idée serait de collecter les données déjà disponibles sur les consommations d’eau des ménages auprès des organismes qui en disposent :

 

Capture d’écran 2011-11-21 à 21.51.44.png



Les distributeurs d’eau : Les distributeurs d’eau qui facturent cette ressource disposent naturellement de l’information sur la quantité d’eau mise en distribution et celle facturée. Notons toutefois les difficultés d’une éventuelle collecte de leurs données : -    Une multitude d’organismes chargées de la distribution de l’eau. -    Une information non homogène. L’information collectée est loin d’être homogène du fait en particulier des structures tarifaires adoptées : certains différencient les abonnés selon leur nature (domestique/industriel/autres), d’autres selon le diamètre du branchement ; certains sont capables de dire le nombre de logements desservis, d’autres uniquement le nombre d’abonnés, ... Les collecteurs de redevances sur l’eau : -    FNDAE. Une source importante de données est celle fournie chaque année par la perception de la redevance FNDAE par les DDAF et le Ministère de l’Agriculture. La saisie de cette information sera informatisée à partir de 2002. Cependant, ces données de consommation sont difficilement exploitables pour les raisons suivantes (entretien avec Maryline Thuault, MAAPAR / DERF avril 2002) :
i.    Seules sont relevées les consommations payées et le nombre d’abonnés mentionnés englobe les impayés ;
ii.    Les consommations des gros abonnés (> 6000 m3) sont distinguées des consommations domestiques mais sans précision du nombre d’abonnés concernés ;
iii.    Le nombre d’abonnés est plus précisément le nombre de compteurs et le cas des immeubles collectifs pose problème.
- disposent d’un fichier informatique recensant les consommations d’eau. Toutefois, il ne comprend que les volumes de moins de 6 000 m3 an facturés par les collectivités de plus de 400 habitants, c'est à dire, à priori les consommations domestiques (volumes soumis à la redevance anti-pollution des Agences). Dans ce fichier chaque commune est identifiée par son nom et son numéro INSEE, elle est éventuellement rattachée à un distributeur. Ne sont renseignés ni le nombre d'abonnés, ni la période exacte de facturation. Les enquêteurs : -    INSEE. Nous avons vu (point 2.2) que l’INSEE réalise tous les 5 ans une enquête logement très détaillée dans laquelle elle indique le montant de la facture d’eau payée par un ménage. L’information collectée est particulièrement intéressante mais notons deux limites particulièrement fortes : (1) il faudrait, pour avoir les niveaux de consommation, connaître la structure tarifaire (et le renseignement transmis par l’INSEE à savoir le département dans lequel se situe le logement n’est pas suffisant pour cela) ; (2) comme elle n’est réalisée que tous les 5 ans, il faudrait compléter l’enquête par une observation de la consommation des autres années, et pour cela donc de connaître l’identité du ménage concerné. -    Autres organismes enquêteurs. Nous avons vu que d’autres organismes enquêtent sur la consommation d’eau des ménages (par exemple le Crédoc). Toutefois, les études qu’ils conduisent sont souvent confidentielles et partielles. Elles ne peuvent donc à elles seules permettre de connaître le niveau de consommation d’eau des ménages en France et son évolution annuelle.

21:53 Publié dans Ecologie | Lien permanent | Commentaires (0)

18/02/2010

Le bio, jusqu'où ?

Comme vous le savez si vous me lisez sur mon blog ou à d'autres endroits, je suis un consommateur attentif, et c'est assez logiquement que je me suis mis à la consommation bio depuis qu'elle s'est "démocratisée", comme on le dit malgré la laideur du terme (allez demander dans les quartiers populaires si le bio est démocratique, on n'en trouve à peine sur les rayons des hard-discounters). Mes achats, alimentaires notamment, sont rythmés par les marchés, par l'achat de fruits et légumes de saisons, et par les déambulations dans des boutiques bio, j'ai la chance d'avoir près de chez moi un Naturalia, et un La Vie claire non loin de mon lieu de travail. Jusqu'ici tout va bien.

Sauf que depuis quelques temps, je me pose la question, à la lecture d'articles de presse et d'éditos de blogs, de la limite de cette "bio-attitude" pour copier les mots d'une politicienne créative au moins au niveau du vocabulaire. La première fois où je me suis dit que quelque chose clochait (c'est comme ça que je le ressens), c'est quand je suis rentré dans un magasin bio près de Bastille où j'avais une course à faire. Pas une chaîne, une sorte de supérette indépendante. Où les bananes bio étaient loin au fond du magasin, presque cachées derrière un joyeux capharnaüm de potions supposées magiques (des sortes de compléments alimentaires améliorés, pourquoi pas, c'est un peu comme l'homéopathie après tout), et de pierres. Pour ceux qui fréquentent les magasins bio, vous voyez de quoi je parle. Pour les autres, il s'agit d'une lampe qui ressemble à une pierre légèrement rosée que l'on appelle "Lampe pierre de sel" et qui n'a pas qu'une fonction d'illumination (quoique) puisqu'elle "véhicule relaxation et sérénité, le corps s'apaise ; tout comme l'esprit sous l'influence des vibrations de couleurs émises par la lampe de sel allumée. Non seulement ces dernières neutralisent les ondes électromagnétiques néfastes à la santé, par l'émission d'ions négatifs, mais les tons naturels de la gemme de sel répondent aux besoins de l'organisme humain pour préserver sa santé." (Blog de Lajemy). La description de Naturalia est plus pragmatique. Mais quand même, le doute s'installe : mon esprit cartésien s'insurge contre une arnaque, un produit cher et sans effet.

Je retourne dans ce magasin de Bastille et y prend une des publications gratuites, une sorte de magazine publi-commercial, intitulé "Biocontact", "mensuel gratuit" de février 2010 sur "l'écohabitat", un thème qui m'intéresse. Bon, soyons clair, c'est plein de pub, ce n'est presque que ça, et là, on trouve vraiment tout et n'importe quoi, et l'arnaque envers des personnes influençables n'est pas loin. D'accord, la médecine "traditionnelle", si c'est dans le cadre familial et que c'est votre arrière grand-mère qui vous frotte du vinaigre sur une piqûre d'ortie, pourquoi pas. Quand c'est organisé de manière à sous-tirer de l'argent en vendant de la pseudo-soupe scientifique, là, je coince. Quelques exemples des publicités de ce "journal" :

  • Miel Manuka bio consommaction.png

    Le miel de Manuka. Utilisé par les maori. Bio, de Nouvelle-Zélande (importé en pirogue pour éviter les émissions de Co2?), il permet de "lutter contre le staphylocoque doré, la bactérie de l'ulcère à l'estomac (ce bon vieux stress ?)" et "cicatrise les plaies infectées" (sans ça, tous hémophiles ?). 25,20€ le pot de 500g, soit plus de 50€ le kilo. A titre de comparaison un miel bio origine France coûte entre 20 et 25€ le kilo. De quoi "se sucrer", si l'on peut dire !

 

 

 

détoxication consommaction arnaque.jpg

  • Là, franchement, difficile de ne pas crier à l'arnaque et à l'abus d'influence sur personnes fragiles ou dépendantes. Avec les produits que propose Détoxeo, on retrouve son bien-être, et "le plein potentiel de nos organes et cellules avec nos appareils de détoxination ionique". Pour la modique somme de 350€, l'entreprise vous fournit des instruments étranges (la photo montre une sorte de bidet rempli d'un liquide marronâtre) qui font "détoxication des métaux lourds", "équilibre acido-basique", "oxygénation cellulaire", et, c'est en prime Mesdames z-et Messieurs, sous vos yeux ébahis, "amélioration du sommeil". A ce prix là, moi, je ne dors plus ! Je crois qu'un bon gant de crin, du savon de Marseille et une balade en plein air vous détendent plus efficacement qu'un tel coup porté à votre bourse.

 

 

 

 

 

  • IMG_0541.JPGUn dernier pour la route, sur un thème que je vois ressortir de plus en plus, l'achat de caillous (pardon, de "céramiques à durée de vie illimitée") pour empêcher les mauvaises ondes de nous atteindre. Un chaman vaudou n'aurait probablement pas osé, mais Terres Sens, si, en proposant donc des "céramiques de protection et de revitalisation pour l'homme, son environnement, l'eau et l'alimentation". Et les éléphants roses ? Ces pierres, qui existent aussi sous forme de "pendentifs harmonisants bioprotections électromagnétiques" protègent nos corps des agressions modernes que sont, pêle-mêle parce que, quand même, la physique c'est drôlement compliqué, "du courant 50Hz, de l'ordinateur, du téléphone portable, du Wi-Fi, des antennes-relais". Tout un programme ! Sur Santé de l'habitat (je ne proposerai pas de lien vers ce boui-boui), le pendentif caillou rose est donc à 50€ et le cruchon pour "harmoniser" son eau à 75€. A ce prix-là, personnellement j'achète un grand cru et une pièce de sanglier.

 

 

 

 

Le reste des publicités de ce magazine sont à l'encan. Produits en tout genre pour maux de toutes sortes. Je suis partagé entre la peine, que des personnes puissent croire à de telles charlataneries, je croyais, naïvement, que l'éducation républicaine et la science étaient passées par là, eh bien non. Autre sentiment : la colère, quand je pense à cet argent que se font des marchands de sable, capable de vendre de vulgaires caillous à des prix démentiels. Pour un peu, certains s'endetteraient. On appelle ça, je l'ai appris il y a peu, "l'effet nocebo". Il suffit de se convaincre qu'un mal existe pour en ressentir les effets. De grâce ! Nous sommes en 2010, en France, et ces choses là ne devraient pas connaître une telle publicité.

chiffre d'affaires de l'alimentation bio biologique en Europe France.png

Le bio, en Europe, c'est près de 15 milliards d'euros, dont 2,2 milliards pour la France (source Bioforum). Et encore, le secteur pense faire mieux si la règlementation l'y aidait. La règlementation, parlons-en, puisqu'au vu de ce qui peut se vendre, on est en droit de douter de son application, si ce n'est de son existence.

Luc, Consommaction.

17:27 Publié dans Ecologie | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : bio, écologie, arnaque

11/02/2010

+20% d'agriculteurs bio en 2009 !

Bonne nouvelle que nous annonce le Figaro ! De quoi tempérer une autre nouvelle que j'ai vu le même jour sur leur site : le carton de la restauration rapide en France depuis 5 ans...

"3.600 agriculteurs ont choisi de convertir leur exploitation à la bio en 2009, c'est 20 % de plus que l'an passé. «C'est une augmentation historique au cours des dix dernières, souligne Elisabeth Mercier, directrice de l'Agence Bio, l'organisme chargé de la promotion du bio en France. La progression de 2009, correspond au total des sept années précédentes.»

Mieux vaut pourtant se garder de tout triomphalisme : le bio ne représente encore que 2,4 à 2,5 % de la surface agricole utile en France. Pour respecter les objectifs du Grenelle de l'environnement, il faudrait atteindre 6 % en 2012 et 20 % en 2020…

 

Un Français sur deux consomme du Bio

Le baromètre 2009 de l'Agence bio établit clairement que les produits biologiques sont complètement intégrés à la consommation courante. «Un Français sur deux consomme du bio au moins une fois par mois, explique Elisabeth Mercier. C'est une tendance structurelle, on ne peut vraiment plus parler de mode.» Malgré la crise, tous les indicateurs sont au vert : 84 % des Français estiment que l'agriculture biologique doit continuer à se développer et 25 % des consommateurs de bio ont l'intention d'augmenter dans les six prochains mois leur consommation (contre 22 % en 2008) tandis qu'ils sont 71 % à vouloir la maintenir. Les nouveaux acheteurs de bio progressent aussi avec 20 % des consommateurs qui s'y sont mis depuis moins de deux ans. Ils y viennent d'ailleurs souvent pour nourrir un nouveau-né dans la famille.

agriculture-biologique_consommation.jpg


Rançon du succès, les importations de produits bio devraient encore augmenter en 2010. L'Agence bio les estime à 30 % en moyenne avec de fortes disparités selon les produits. Si l'offre locale de viande, d'œufs ou de vin permet de répondre à la demande, c'est nettement moins le cas pour le lait, les céréales et les produits de grande culture. Quant aux fruits et légumes et l'épicerie sèche, les secteurs sur lesquels la demande est la plus forte, l'importation représente jusqu'à 50% voire 60 %. Sachant qu'il faut trois ans à un agriculteur pour se reconvertir en bio, l'offre n'est pas près de rejoindre la demande."


Luc, Consommaction

 
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