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24/04/2009

Surendettement : le vide législatif

J’avais déjà parlé ici des problèmes du surendettement, qui touche environ 700 000 Français aujourd’hui. Nous avions vu quelles étaient les premières pistes du sénateur UMP Mariani pour lutter contre ce fléau, puis je vous avais relaté ma mauvaise expérience avec Cétélem, qui m’avait invité à un chat sur le « crédit responsable » où lcartes-paiement-credit-revolving.jpga langue de bois et le contrôle de la parole avait évité à leur directrice de la communication de s’exprimer sur les crédit revolving, ces crédits à la consommation dont le montant disponible se renouvelle chaque mois au fur et à mesure des remboursements. Un véritable piège pour les populations les plus fragiles et les moins capables de gérer un budget.


Je reviens sur ce sujet grâce à un dossier paru dans le Parisien (dont je vous recommande par ailleurs la lecture, dans sa version « Parisien » ou « Aujourd’hui en France », ça fourmille de bons conseils) du mardi 21 avril, où l’on peut glaner quelques bonnes astuces. Un projet de loi est actuellement discuté pour encadrer de plus prêt les conditions d’octroi et de remboursement du crédit, pour éviter qu’en temps de crise les « charognards » profitent d’une situation déjà difficile pour les foyers à bas revenus.


On y apprend des choses étonnantes. Par exemple, 79% des sondés déclarent que leur (sur)endettement est lié non pas à des dépenses extraordinaires mais à la « nécessité de faire face aux dépenses de la vie courante ». En gros, ils sont contraints d’emprunter pour payer leur loyer, leurs courses, leur plein d’essence. Les deux autres chiffres confirment le manque d’encadrement législatif : 76% des sondés estiment qu’on leur a proposé « trop souvent » de recourir au crédit (manque d’encadrement des pratiques commerciales et/ou publicitaires) et 65% des sondés expliquent leur situation de surendettement pour « avoir contracté trop de crédits » (manque d’encadrement du nombre autorisé de crédit par personne/foyer). On est loin de « l’idiot du village » qui prend un gros crédit pour s’acheter une voiture de prestige ou quelque chose de non nécessaire.


Ceci me rappelle une anecdote personnelle tout à fait significative. L’un de mes neveux me racontait, alors qu’il avait l’âge d’ouvrir un compte en banque, que son conseiller lui avait proposé la chose suivante. Sachant que le « livret jeune » avait un taux d’épargne de 5% ou presque, il lui proposait d’emblée de souscrire un crédit à la consommation basique au taux de 4%. Ainsi, même s’il n’avait pas besoin de cette somme, le conseiller lui « conseillait » de placer la somme empruntée à 4% sur son livret à 5%, de manière à « réaliser un gain »… d'un misérable %. (on sait à la lecture du Canard que les "conseilers financiers" des banques sont également rémunérés selon le nombre de crédits qu'ils arrivent à vendre à leurs clients, nous vous en avions parlé avec le cas d'une association allemande qui désirait "éduquer" les personnes les plus fragiles à savoir refuser les crédits proposés par leurs "conseillers".). Mon neveu a refusé, par méfiance face au concept de crédit et de dette, mais le conseiller lui a tout de même dit franco qu’ « il avait tort ». Incroyable ! Ces banquiers ne sont ils donc pas capables d'apprendre de leurs errements ?


Voici quelques-uns des conseils du Parisien pour éviter de se retrouver noyé par les crédits :

 

  • Faites un budget des dépenses courantes et tenez-vous y, pour ne pas avoir à emprunter pour ces dépenses (loyer, téléphone, courses, plein, assurances)
  • Ne dépassez pas 30% d’endettement, c’est à dire que vous ne devez pas consacrer plus de 30% de votre salaire au remboursement de votre dette. Si vous gagnez 2100 € nets, votre plafond, c’est 700 €. Au-delà, ça se complique pour les dépenses courantes.
  • Constituer vous un petit matelas financier sur un compte à part en cas de coup dur. Vous pouvez décider de verser même 50€ par mois sur un compte bloqué, au bout de 2-3 ans vous aurez déjà presque 2000€ en cas d’imprévu (voiture qui tombe en panne, accident lourd, chômage technique…)
  • Ne prenez qu’un crédit à la fois. Tant que la loi ne changera pas (et elle ne changera pas, à mon avis), on vous incitera à prendre crédit sur crédit, c’est à dire à cumuler les remboursements.
  • Si vous voyez le mot « revolving », fuyez comme la peste le crédit qui y est attaché. Un peu long à expliquer, mais franchement, c’est le meilleur de ces conseils (voir notre illustration : ce sont toutes ces cartes de fidélité/crédit qui sont au coeur du credit revolving appelé aussi "crédit permanent").

Pour le reste, c’est sur l‘édition du mardi 21 avril du Parisien, à consulter sur le web ou en bibliothèque !

Luc, Consommaction

27/11/2008

Crise économique : que penser des remèdes qui sauvegardent les principes qui ont créé la crise ?

Ce post est un appel à commentaires car je suis très sceptique face aux plans de relance de l'économie mondiale et voici pourquoi. On entend depuis plusieurs semaines maintenant que les Etats ou les grands unions régionales, comme l'Union Européenne, débloquent en quantité des fonds pour soutenir l'économie, éviter une crise trop dure, et faire en sorte que ce qui s'est passé avec les subprimes reste un mauvais souvenir pour la majorité.

En tant que consommacteur, et c'est là que j'aimerais savoir ce que vous en pensez, je suis assez dubitatif face aux mesures énoncées ou décidées par ces acteurs.

1. La crise est née du fonctionnement actuel du système bancaire qui pousse les usagers, particuliers comme entreprises ou collectivités (voir à ce propos l'état de quasi-faillite de la Seine Saint Denis avec 97% d'emprunts sous forme de produits toxiques, quand on pense que c'est un département communiste...), mais les principales réserves de fonds allouées sont réservées... aux banques. Les voleurs sont remboursés et en plus, l'argent qui leur es prêté par l'Etat...a été emprunté dans les banques. cherchez l'erreur7familles-dinosaures.jpg

2. Si les banques ont "poussé au meurtre" et à l'endettement (voir mon post précédent sur les mesures évoquées pour contrer le surendettement en France), les consommateurs sont également responsables, d'avoir été trop gourmand, d'avoir vécu au-dessus de leurs moyens. Je pense que tous n'ont pas les moyens de bien se rendre compte de ce qu'implique le recours aux "prêts à la consommation", ces prêts si nuisibles et si faciles à contracter. Une envie ? Hop, aussitôt assouvie !

3. Les entreprises "classiques" sont celles que l'on va sauver en priorité, notamment l'automobile... Travaillant pour une PME qui fournit, entre autre, des pièces à cette industrie, je devrais me réjouir, mais cela veut dire qu'on ménage des industries pas vertes pour un sou, et ces sauvetages en série les confortent, le temps de la crise au moins, dans ce modèle-ci. La crise n'était-elle pas l'occasion pour les bailleurs (l'Etat, donc nous autres contribuables) d'imposer des changements radicaux dans la production automobile ? A quoi sert de sauver General Motors qui n'a jamais fait d'efforts pour changer ses gammes de pick-up énergivores, ni pour changer les habitudes des automobilistes américains, les plus pollueurs ?

4. Les baisses de la TVA, comme prévue en Angleterre de 17,5 à 15%, ne sont-elles pas une incitation à rester dans une société de surconsommation ? Alors que les fêtes approchent, baisser la TVA coûte cher : sur un produit à 100 euros, une baisse de la TVA comme au Royaume Uni fait passer le produit à 97,5€... pas sûr que cela soit d'une grande aide au consommateur, mais par contre, le manque à gagner pour l'Etat est colossal, et encore une fois, cela ne donne pas le bon exemple, pourquoi faut-il impérativement maintenir ces très hauts niveaux de consommation ?

Bref, les "remèdes" apportées à la crise me semblent aller dans le sens de la sauvegarde de notre ancien système, celui-là même qui est à l'origine de la crise. Il n'y a pas de crédits débloqués pour les entreprises vertes ou innovantes ou citoyennes, les banques et l'automobile seront les principaux bénéficiaires de ces sommes, je ne crois pas que cela soit une très bonne idée...

Qu'en pensez-vous de votre côté ? Est-on prêt à sacrifier un peu de son niveau de vie pour changer de système ? Faut-il absolument sauver les "dinosaures" d'une économie qui a prouvé son incapacité à surmonter les crises ? Des nouveaux modèles de sociétés en tête ?

22/11/2008

Revue de web #1 : Surendettement, Auto-entrepreneur, Leclerc & Sarkozy, la pub et les Français

J'étrenne cette semaine ma première revue de web, n'ayant évidemment pas le temps de parler de tout ce que je vois ou que je lis sur le web... Vous me direz si cela vous intéresse, et puis si vous avez des liens à proposer mais pas de blog, n'hésitez pas à me les envoyer, je ferai suivre ! Bon week-end et bonnes lectures !

 

  • Une interview intéressante du sénateur UMP Mariani qui tente de faire passer une loi pour s'attaquer au problème du surendettement. Mesures évoquées, longueur de la procédure, réactions des lecteurs de Rue89, on en apprend plus sur un sujet qui me révulse à chaque fois, n'est-on pas au coeur de ce capitalisme qui vise à faire dés bénéfices coûte que coûte, au prix même de la confiance entre les personnes ?
  • Un dispositif à suivre pour ceux qui ont des idées ou des envies de création d'entreprise mais qui trouvent les démarches trop lourdes ou trop longues... Hervé Novelli lance début 2009 le statut d'auto-entrepreneur, pour lancer son activité sans se "déclarer" de manière classique jjournaux.jpgusqu'à un certain seuil. Un bon plan pour les créatifs, les volontaires, ou tout simplement pour arrondir ses fins de mois !
  • Un article assez fascinant de Challenges sur la proximité idéologique et d'action entre Sarkozy et Leclerc. A l'occasion des premières autorisations pour la publicité comparative à la télévision, l'article revient sur la forte communication que les deux hommes partagent autour du pouvoir d'achat.
  • Radio : l'émission d'aujourd'hui de Service Public sur France Inter concernait la publicité et les Français... un thème évidemment proche de la consommaction qui vise justement à démystifier les opérations de communications, le faux développement durable, et autres coups bas pour nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Bon week-end à tous!

Luc.

 
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