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08/06/2009

La victoire des écolos prévue par les consommacteurs !

Elections européennes obligent, un grand bravo personnel à la liste Europe Ecologie, probablement la plus proche des idées que je défends ici, celles de la consommaction, du scooter électrique subventionné par la Mairie de Paris à la malfringue, bref, je suis pour une fois très content de m'être déplacé pour voter et j'espère que ce n'est qu'un début, il reste du pain sur la planche. Vous pouvez continuer à visiter leur excellent site de campagne, à cette adresse, il y a là tout une documentation et un réseau social bien utile pour glaner quelques infos.

couv_prog_EE.jpgCette très bonne performance des écologistes était quelque part prévisible, comme en témoignait un sondage commandé à la fois par CLCV et l'UFC-Que Choisir?, deux des principales associations de consommateurs en France. Ce sondage y établissait un lien entre la consommation et les élections européennes (on cherchait à savoir si l'Europe, en gros, était plutôt du côté de la défense des consommateurs, ou des industriels). Déjà l'on sentait que la consommation était un thème qui pouvait porter, non pas en termes de "consommer plus", comme dirait l'autre, mais "consommer mieux". Par exemple, mais ça n'avait pas été très médiatisé, le Parlement Européen avait fin décembre renforcé l'étiquetage des jouets suite aux affaires de jouets fabriqués en Chine et peint au plomb. Cette mesure, vous n'en voyez pas encore les effets : le processus de vote a été long, le texte est passé, mais il faut désormais que chaque pays adapte ce texte européen a sa loi nationale. Donc oui, c'est long, mais c'est l'un des textes qui montrent le mieux le rôle capital du Parlement Européen dans la consommation (pour la simple et bonne raison qu'en tant qu'Union Européenne, on trouve à peu près les mêmes produits dans tous les pays-membres).

Revenons un peu au sondage CSA/CLCV/UFC Que Choisir. 66% des personnes interrogées ont déclaré que si la campagne parlait plus de consommation, cela les inciterait à aller voter. C'est donc à nos politiciens nationaux qu'il fallait montrer ces chiffres ! En attendant, les écolos ne se sont pas fait prier, car ils ont bien compris que les Français savent où se prennent les décisions concernant leur habitat et leurs achats. Qui a parlé des ondes de la téléphonie mobile ? de la pêche européenne, celle qui continue de vider mers et Océans ? des nanotechnologies ? des OGM ? du bio ? de l'emploi écolo ? Pour une fois qu'un "parti" était à la hauteur niveau réflexion et propositions, ça n'est pas passé inaperçu. Le sondage nous parle aussi des recours collectif, ces "class actions" dont j'ai parlé ici il y peu (la loi de modernisation de l'économie n'a pas été bien courageuse à cet égard), et là encore, c'est une attente claire des Français... mais pour ça, il faut casser le pouvoir des lobbys, ce qui n'a pas l'air d'être la priorité de notre gouvernement.

Allez, l'heure de retourner au travail, mais en tout cas, l'Europe un peu plus verte, c'est vraiment une bonne chose.

Luc, Consommaction (voir la rubrique "écologie")

 

 

01/04/2009

France : facture moyenne de portable 1,5 fois plus cher qu'en Europe

Les tarifs de la téléphonie portable en France sont toujours beaucoup plus haut que chez nos voisins européens. Tel est le constat, peu surprenant, de la Commission Européenne dans l'un de ses rapports, selon le Figaro. Le chiffre à retenir, c'est la facture moyenne payée par le consommateur français, 30 euros, contre 20 euros partout ailleurs. La faute à un monopole de fait des 3 grands opérateurs ? Cela explique en partie le problème, l'Etat y étant aussi pour quelquechose, ne serait-ce qu'en étant l'actionnaire de référence avec près de 27% des parts du groupe. On ne tue pas sa poule aux oeufs d'or, et les télécoms étant désormais une dépense contrainte (à laquelle on n'échappe pas, même quand ça va mal), on comprend que France Telecom traverse la crise sans trop de problèmes.

La configuration du marché est la suivante et on voit tout de suite où est le problème :

Consommaction tel.jpg

Un camembert à mettre en rapport avec le graphique du Figaro :

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Pour en savoir plus sur le marché de la téléphonie en France, vous pouvez aussi lire ou relire :

- les SMS surtaxés compris dans le forfait ?

- la baisse tardive des prix du fixe vers les portables

- le comparatif des prix des appels internationaux depuis un portable

Luc, Consommaction

09/01/2009

Autopsie statistique d'un pays en crise, et qui ne s'en relèvera pas

J'y réfléchis depuis quelque temps : que fait notre pays face à la crise ? où en est-on vraiment ? que peut-on espérer de la sortie de crise ? quelle sera la place de la France d'ici 5 ans, une fois l'économie (on espère) remise sur pied ? C'est en cherchant des bouts de réponses à ces questions que je me suis rendu un peu plus à l'évidence : c'est encore pire que ce que l'on pourrait penser, et pourtant je n'ai pas tendance à verser dans l'alarmisme et le défaitisme. J'élargis la problématique de la crise actuelle à une crise plus durable pour notre pays, un glissement lent mais certain vers un pays de seconde zone, qui ne pourra qu'être un suiveur dans la première partie du XXIé et non plus un initiateur. Voici ce qui alimente mes craintes :

  1. Les statistiques de l'INSEE, qui sont dans ma blogroll, et que je n'avais pas consulté depuis quelques temps. Rien ne va plus ou presque, et encore, les statistiques de la Nation mettant toujours du temps à paraître, celles-ci datent de l'automne ou de l'hiver, et l'on sait que celles à venir, au printemps, seront plus marquées encore par la crise.

    gfiche8g1_350.jpgVoici les principaux tableaux et indicateurs de la fin de 2008. Ce premier tableau nous indique l'évolution des salaires mensuels et horaires en France depuis 1999, c'est à dire depuis 10 ans, bien avant la crise, et même avant la crise précédente de 2001-2002, celle qui avait fait suite au 11 septembre. On voit bien que la baisse des salaires date d'avant ces crises. Quel type de pays espère faire croître sa population, ses envies, sa puissance, en suivant ce type de courbe ?

    Le second tableau, à droite, montre l'évolution de l'opinion des ménages. Face à quoi ? A tout ou presque : à l'évolution future de leur niveau de vie (belle anticipation, ou crise de confiance généralisée ?), à l'évolution future de leur situation financière personnelle (en vert ici), et l'indicateur synthétique en bleu sur le graphique comprend aussi l'opportunité de faire des achats importants (on voit aujourd'hui que lafiche8g5_350.jpg "prime à la casse" tente tant bien que mal d'enrayer le report de l'achat de voitures neuves), la capacité des ménages à épargner, et leur opinion concernant l'évolution passée des prix et leur évolution future. Que du bonheur, comme on le voit sur ces courbes qui ne font que plonger. Encore une fois, l'intérêt de ces graphiques est de nous montrer que cette tendance ne date pas de l'été 2008, début de la crise économique (l'été 2007 servant de date anniversaire à la crise financière), mais que depuis une décénnie au moins, notre pays n'y croit plus.

  2. Les moyens mis en oeuvre pour contrer la crise. Ils reflètent tout à fait l'incompétence de l'Etat en matière de visée à long terme et de redressement d'une économie qui va avoir du mal à s'inscrire dans le cadre du XXIe siècle. Selon le Monde du 25 novembre (archives), "La France envisage de mobiliser 1 % de son PIB, en conformité avec le plan de Bruxelles, qui suggère également d'allonger les indemnités de chômage. La France envisage de mobiliser près de 19 milliards d'euros pour son plan de relance de l'activité économique.". Entretemps, le déficit public, limité en principe à 3% par l'UE, passera de 2,9% actuellement à presque 4% (Le Figaro). Pas de quoi sauter au plafond. Mais le pire réside dans la comparaison avec les autres pays industrialisés.

  3. Car c'est là que le bât blesse. Si la crise touche tout le monde, tout le monde ne réagit pas pareil, et force est de constater qu'en Allemagne ou aux Etats-Unis, pour ne prendre que les exemples les plus frappants, on prépare avec plus de sérieux la sortie de crise. L'Allemagne va consacrer de son côté une première relance de 50 milliards d'euros (Le Monde). C'est plus de deux fois plus que la France, et la taille de l'économie allemande est un peu supérieure à la nôtre, pas deux fois plus. Du côté des Etats-Unis, "là où est née la crise", même si ce triste constat ne change rien à la donne, ce n'est pas un misérable 1% du PIB qui sera consacré à la relance mais bien 6%, soit 700 milliards de dollars. La conclusion de ce point est extrêmement simple : l'Union Européenne met 200 milliards d'euros sur la table pour 450 millions d'habitants, les Etats-Unis mettent 700 milliards de dollars (510 milliards d'euros) pour 300 millions d'habitants. (France 24 et Libération)
  4. Au-delà des chiffres, il importe aussi de savoir ce que l'on en fait. La France lâche donc quelques 20 milliards d'euros, une poussière, dont une bonne partie ira où ? Sponsoriser la prime à la casse, aider les sous-traitants de l'automobile, bref, mettre quelques pansements sur une industrie vieillissante, qui fait déjà partie du siècle passé en terme de prospective. Aux Etats-Unis, la relance des 3 grands constructeurs de Detroit est soumise à l'impératif qu'ils sortent rapidement la voiture "verte", celle qui ne roulera pas au pétrole, une ressource qu'on sait déclinante et polluante depuis un certain temps. L'Usine Nouvelle nous donne d'ailleurs des chiffres accablants : L'Europe donne 5 de ses 200 milliards dans du "green business", les Etats-Unis près de 200 milliards de dollars... Sachant qu'il faut dix ans pour imaginer, rechercher, concevoir, produire et mettre sur le marché une voiture, je vois d'ici le panorama des années 2020. Les Etats-Unis, toujours si réactifs et mené par une "Dream Team" au gouvernement (Obama en président, Steven Chu, prix Nobel, au département de l'Energie, Clinton aux Affaires Etrangères, et le reste du gouvernement est à l'avenant), auront réussi à tirer parti de la crise en modifiant profondément leur économie et en en faisant un fer de lance du XXIè. La Chine, dont les scooters sont déjà au tout-électrique (à Shanghaï, il paraît qu'on ne les entend plus, quand on sait le vacarme que causent les deux-roues en France, on se croirait au XIXe), sera également très avancée. La France, elle, regardera d'un oeil hagard sa production automobile mourir à petit feu faute d'avoir su prendre le virage vert lors de la crise des années 2007-2009.

A vous de me dire si je nage en plein délire ou si vous aussi, vous vous souciez sérieusement de l'avenir de notre pays. Encore une fois, la crise actuelle n'est qu'un prétexte pour parler d'un mal plus profond, celui d'un pays qui n'a plus confiance, dont les élites sont systématiquement coupées de leur population (imagine t-on une ferveur à la Obama pour un Sarkozy, une Aubry, un Copé, un Dray ?), et dont l'incompétence en terme d'économie politique est criante. Heureusement, nous avons le joli sourire de Mme Lagarde et l'"heureux évenement" de Mme Dati pour nous changer les idées.

Luc.

 

 

 

 

 

 

 

 
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