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02/11/2009

Des droits supplémentaires pour les consommateurs

20071022_163517_1.jpgLe Figaro revient sur un kit de réformes mis en place par différents ministères au sujet de la consommation. Ces réformes visent à donner plus de poids aux associations de consommateurs, comme CLCV, UFC-Que Choisir ou d'autres plus spécialisées. C'est à priori un bon pas même si j'avoue attendre de lire quelques articles "critiques" pour savoir quoi en penser, en tant que consomm'acteur et adhérent de plusieurs d'entres elles. Nous ne savons pas aujourd'hui si cela nous donnera réellement plus de poids ou non (à titre personnel j'ai d'autres priorités en tête comme la possibilité de lancer des "class actions" de consommateurs lésés, comme cela se fait aux Etats-Unis). Enfin, voilà les quelques précisions du Figaro :

"Hervé Novelli veut une « politique globale de la consommation » et entend créer un superagrément pour les associations de consommateurs. Il n'est pas question de supprimer des associations, contrairement à ce que craignaient les plus petites. Mais les plus puissantes auraient des droits supplémentaires pour mener des actions et, à terme, avoir le droit d'intenter des actions de groupe. L'INC (Institut national de la consommation) serait « renforcé » en absorbant d'autres organismes publics (commission de sécurité des consommateurs, centres techniques régionaux de la consommation, etc.) La DGCCRF (répression des fraudes), quant à elle, restera le bras armé de Bercy pour les enquêtes."

La vente à distance est aussi suivie de près, et c'est une bonne chose : n'oublions pas qu'elle a bondi de +30% en 2008, mais que certaines pratiques restent douteuse, de l'effondrement peu honnête de la CAMIF (qui continuait d'encaisser les commandes) à la contrefaçon (sur ebay, par des particuliers qui achètent en Chine pour revendre à prix d'or en France), en passant par des prix plus chers (comme à la rentrée scolaire).

Luc, Consommaction

01/11/2009

A Lyon ou a Grandrif, on ne veut pas entendre parler de "surconsommation"

868 millions de tonnes de déchets. C'est ce que la France produit, chaque année, toutes structures confondues, et dont près de 30 millions pour les ménages que nous sommes (chiffres de l'ADEME). Des montagnes d'ordures qu'il faut traiter, au prix fort, puisque cela nous coûte près de 12 milliards d'euros pour les évacuer, les traiter, les recycler quand c'est possible... Les déchets sont un symbole puissant des sociétés de consommation (et de sur-consommation), puisque nombre d'objets servent 'mal' : je ne jugerais pas ici de leur utilité pour chacun, mais de la manière dont ils sont conçus : des biens peu durables, dans des matières peu propres, avec une utilité souvent réduite voir "instantanée" pour certains gadgets que l'on utilise une fois ou deux avant de les oublier dans le fond d'un grenier. On ne peut pas tout traiter, par contre, certains ont trouvé un moyen plutôt amusant de détourner ces objets privés d'utilisation en en faisant tout un art.

C'est ce qu'on appelle "l'art du recyclage", ou l'art poubelle, parfois, une variante intéressante de l'art brut qu'avait déjà sublimé le Facteur Cheval et son "palais idéal" fait de bric et de broc.

Facteur_Cheval_-_Detail_facade_Nord.jpg

Le concept est simple : plutôt que d'aller acheter, comme de nombreux artistes, de la peinture, du papier, des métaux, et tout autre instrument de conception, on les trouve dans le quotidien, en récupérant les objets qui ne servent pas ou plus. Résultat : ça ne coûte rien (à part de la place pour stocker ou exposer ces objets) et on évite de jeter de vieux objets en leur donnant une seconde vie. Le décalage, par exemple, entre une poupée que vous n'avez plus utilisé depuis plus de 20 ans et que vous "greffez" à d'autres objets de ce type (vieux, souvent moches et non utilisés) lui donne un sens nouveau. Pas celui qu'a voulu le producteur de la poupée (un jouet pour enfant), mais celui qui ressortira de vos assemblages. Récupérer une quarantaine de poupées et les aligner sur un même support pour les peindre en rouge donnera un effet certain à ces vieilleries !

Deux exemples d'art de la récup qui font parler d'eux, à Lyon et à Grandrif dans le Puy-de-Dôme (63). A Lyon, c'est la Demeure du Chaos qui pousse très loin le concept de récupération, en y joignant un aspect politique qui critique de manière directe nos sociétés de profit et de consommation. Tout y est noir, noirci, et leur spécialité, c'est le "recycl'art" de gros objets, puisqu'on y trouve pêle même des voitures, un tractopelle et même un avion ! La mairie et les riverains se sentent agressés par cette débauche d'objets morts retournés à une seconde vie, avec des procès pour la fermeture de la Demeure qui n'aboutissent pas (mais des fermetures partielles ont déjà eu lieu).

245795477_0ffc94688e.jpg

A Grandrif, petit commune du Massif Central, c'est un autre artiste qui ressort de leurs tombeaux les objets mis un peu trop vite à la poubelle, et à voir son oeuvre maîtresse, qui s'appelle "Thanatos, euh! euh! euthanasié", il est tombé sur un filon en or ! L'artiste fouineur des restes de la consommation, Henri Grange, est d'ailleurs lui aussi inquiété par la maire de son village, Suzanne Labary, qui début juillet lui intime de cesser de mettre sous le nez des riverains ce que l'on pourrait appeler leurs "excrêments de consommation", avec la gendarmerie en copie. Fair-play. Sont-ils à ce point hantés par le fait de jeter systématiquement des objets inutiles achetés compulsivement ? Car c'est évidemment en plein air et dans l'espace public que ces ordures font "mouches", pas dans une salle d'exposition parisienne réservée au petit nombre. N'hésitez pas en passant dans ce coin magnifique à aller saluer l'artiste et échanger quelques bribes de réflexions sur notre monde plus jeteur qu'acheteur au milieu de ses zombies qu'il parvient à recréer (ci-dessous quelques détails de son installation).

img_4109.jpg

thanatos-euthanasie-2.jpg


Alors, tabous, nos abus d'achat et notre propension à jeter à tout va ? Je vous recommande aussi la lecture du long article d'Hélène Crié-Wessner qui résume deux ouvrages importants de réflexion sur capitalisme et écologie.

14/10/2009

Doux monde de la grande distribution...

Le Figaro a publié un court article qui montre bien l'état d'esprit d'un secteur qui chasse les coûts au maximum, en mode rouleau compresseur, et on y trouve quelques perles, notamment lorsque l'auteur évoque la différence entre la manière dont Carrefour et Leclerc font leurs achats (via leurs tristement célèbres "centrales d'achats" qui mettent sous pression les fournisseurs, voir le cas de cette PME qui produit des cornichons pour la grande distribution) :

logo_presse-citron.jpg"Comment ? Pas uniquement grâce à la mise en condition psychologique des commerciaux de Danone, Nestlé, Procter et Unilever, épreuve dans laquelle les acheteurs de Leclerc sont passés maîtres. À tel point que, pour tenter de déstabiliser ces derniers, certains fournisseurs envoient des femmes négocier.

En fait, les meilleurs tarifs obtenus par Leclerc tiennent aux multiples clauses contractuelles, souvent renégociées en permanence. Le Galec, la centrale d'achat du groupement, est ainsi réputé pour la surfacturation des pénalités de retard et de certains coûts logistiques. En outre, de nombreux industriels lui reprochent certains contrats annexes, rédigés par des armées d'avocats pour limiter les risques juridiques. «Ils les assimilent à des garanties de chiffre d'affaires et des garanties de marges», poursuit notre expert."

Bref, ça bataille ferme pour que nous puissions payer moins cher, mais à quel coût social quand on voit la manière dont sont traités les salariés, forcément "polyvalents" (comprendre "pressable comme un citron"), de ces surfaces ? J'avais évoqué le cas des hard-discounters chez qui l'ambiance est franchement tendue :

"Les conditions de travail, d'abord. Difficile de faire plus spartiate qu'un Lidl ou qu'un Aldi (Leader s'en sort un peu mieux). Pas de chaises pour les caissières : «Si elles sont assises, les caissières sont beaucoup moins rapides, constate Didier Cayla, chef de magasin Lidl à Lunel et responsable syndical CAT (Confédération autonome du Travail). Or elles ne doivent pas dépasser 50 secondes pour encaisser.» (Nouvel Obs). Car avec la hausse de la fréquentation, les files aux caisses s'allongent, et les clients n'aiment jamais attendre. Pas de garçons non plus : moins dociles que les femmes, paraît-il. Les hard-discounters ont beau avancer qu'ils paient plus que la concurrence (de 10 à 20%), c'est au prix d'une "flexibilité" accrue, comme en témoigne Fatiah Hiraki, chef de magasin Lidl en région parisienne : «On est obligé de tout faire. Le chef de magasin passe la serpillière et fait la caisse. Les caissières, elles, doivent aussi s'occuper des rayons. Et faire de la manutention.» Et terminer à 22h n'est pas anormal. Du coup, c'est quand même un comble, les caissières de Monoprix sont considérées comme caissières de luxe !"

Personnellement, c'est chez Ed que je ne remettrai plus les pieds, d'une part pour leurs publicités qui nous prennent franchement pour des pigeons, et d'autre part parce que c'est là que le système de caisse est le plus inhumain, j'ai en souvenir plusieurs passages où des pots en verre que j'achetais m'était "catapultés" par la caissière qui avait un nombre incalculable de clients à faire passer (debout, évidemment).

Luc, Consommaction.

 
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