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12/03/2010

Livre : "Fins de mois difficiles pour les classes moyennes"

Voici une interview intéressante du Figaro sur la situation des classes moyennes... rien de très brillant mais des éléments pour mieux comprendre le mal-être économique dans lequel la majorité de la population se trouve actuellement.


Paupérisation, déclassement, voire disparition… politiques, sociologues et économistes se succèdent pour déplorer la condition et l'avenir sombre des classes moyennes. Dans son livre « fins de mois difficiles pour les classes moyennes », Régis Bigot, directeur de recherche du département Conditions de vie et aspirations des Français » au Crédoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), donne des pistes pour mieux comprendre le ressenti de cette partie de la population qui se sent sur le déclin. Entretien.

 

Lefigaro.fr : Vous dénoncez dans votre livre la morosité ambiante qui conduit les classes moyennes « au bord de la rupture ». N'ont-elles aucune raison de penser que leur niveau de vie décroît ?

Régis Bigot : La tendance est à l'apitoiement qui finit par faire accepter par tout le monde que les classes moyennes se paupérisent. Or c'est faux. Leur pouvoir d'achat croît même de 2% en moyenne chaque année depuis dix ans. Le problème c'est qu'elles rencontrent parallèlement des difficultés qui n'existaient pas il y a 10 ans. Les Français ont l'impression qu'ils ne leur restent plus tellement d'argent pour les loisirs lorsqu'ils ont réglé toutes les factures. Ils n'y étaient pas habitués. Avant ces problèmes étaient ceux des classes les moins favorisées, mais pas ceux des classes moyennes.

 

«Fins de mois difficiles pour les classes moyennes» de Régis Bigot, Editions de l'Aube, 19 euros.
«Fins de mois difficiles pour les classes moyennes» de Régis Bigot, Editions de l'Aube, 19 euros.

 

Il s'agit donc d'un phénomène de déclassement ?

L'augmentation des dépenses contraintes donne ce sentiment à toute une frange de la population et c'est d'ailleurs une source d'incompréhension car parallèlement les statistiques prouvent que le revenu des Français augmente et est comparables à celui des autres pays. Or les dépenses obligatoires ont-elles aussi considérablement augmenté. Les prix de l'immobilier ont été multipliés par 2,5 en 15 ans, et les loyers ont augmenté plus vite que les revenus. Bien plus que chez nos voisins. Avec 2.000 euros mensuels il est devenu difficile d'acquérir un logement sans l'aide de sa famille. Et c'est cela qui entretient le sentiment de déclassement car il y a 30 ans, avec l'inflation, il était plus facile de s'endetter et de rembourser ses crédits. Et puis le logement n'est pas un bien de consommation comme les autres, c'est un marqueur social, la preuve que l'on a réussi. C'est aussi un patrimoine que l'on transmet à ses enfants D'où la frustration de cette génération qui n'y parvient plus, alors qu'elle est plus diplômée que la précédente. Ce problème ne concerne cependant pas tous les Français de la classe moyenne. 40% d'entre eux ne vivent pas ce malaise car ils sont déjà propriétaires.

 

Vous avez interrogé les Français de la classe moyenne et ils situent le seuil à partir duquel on passe dans la catégorie «des gens riches», à 4660 euros par mois…

Oui et c'est assez surprenant car seuls 3% de la population française atteint ce niveau de rémunération. C'est donc beaucoup trop élevé pour constituer la fourchette haute des revenus des classes moyennes. D'après nos études, nous estimons que les classes moyennes ont des revenus compris entre 1.120 euros et 2.600 euros par personne. Seuls 20% de la population ont des revenus plus élevés.

 

Autre fait surprenant, vous expliquez que les Français ont tendance à s'inclure dans la classe moyenne même lorsqu'ils ont un pouvoir d'achat bien supérieur. Comment l'expliquez-vous ?

Parmi les 20% de Français les plus riches seuls 5% admettent qu'ils sont aisés, les autres s'estiment appartenir à la classe moyenne. Parler d'argent en France n'est pas évident et pour beaucoup, ne pas reconnaître leur niveau de vie est de la mauvaise foi. Mais on observe aussi un phénomène d'ethnocentrisme, c'est-à-dire que les Français évaluent leur niveau de vie par rapport à leur entourage, et comme on trouve toujours plus riche que soit, on a tendance à sous-estimer ses moyens réels. L'impression de s'appauvrir vient aussi de la forte médiatisation autour des revenus des personnes les plus riches. Ils sont PDG du CAC 40, footballeurs, acteurs, et les Français se disent que l'on est aisé quand on gagne autant qu'eux. Ou bien lorsqu'on paie l'ISF (Impôt de solidarité sur la fortune) ce qui n'est en définitive le cas que de 1 à 2% de la population.

 

Les classes moyennes sont elles en train de disparaître, les Français rejoignant soit la classe des plus pauvres soit celles des plus riches ?

Le phénomène est constaté dans de nombreux pays mais pas en France car il existe des filets de sécurité sociaux qui évitent les dérives en permettant une redistribution des richesses. Le Smic par exemple protège les bas salaires, même si le temps partiel a un peu fait sauter ce verrou. La société est donc plus homogène. Il est souhaitable que cela continue car lorsque les écarts entre les personnes sont trop importants, c'est démotivant. Les effectifs des classes moyennes ne sont donc pas en déclin mais progressent même légèrement pour atteindre environ 52%.

06/03/2010

Yannick Noah, nouvel éco-tartuffe ?

yannick_noah_lance_une_marque_de_soins_pour_la_peau bourjois consommaction arnaqueu_article.jpgTrop de vert tue le vert, c'est maintenant certain. J'avais déjà écrit un billet la semaine passée sur le "trop de bio" et les multiples arnaques que représentaient les produits supposés nous détoxifier, nous requinquer et nous nettoyer au prix fort. A cette liste des "éco-arnaques", si l'on peut dire, je serais aujourd'hui très tenté de rajouter l'initiative franchement limite de Yannick Noah, qui a lancé avec l'aide de la marque Bourjois une ligne de cosmétique "naturels" appelés "Ecoute ta Nature". Mon sang ne fait qu'un tour et en quelques lignes du papier du Figaro sur ce sujet, je me rends compte que le visage de Noah se superpose avec celui de Hulot, autre pitre du pseudo-écologisme qui nous vend des films messianniques ridicules en même temps que des crèmes de bain-douche... le tout en évitant soigneusement de ne jamais écorcher ses sponsors, de Tf1 à EDF. Merci l'artiste.

Alors quid de cette nouvelle poussée de greenwashing incarnée par le chouchou des Français ? La chef du projet chez Bourgois précise : «Yannick Noah est un véritable levier pour notre discours. C'est une personnalité à la fois consensuelle et atypique qui incarne des valeurs fortes comme la spontanéité, la simplicité, le respect, la sensibilité à l'écologie, la famille.». Un joli discours de communicant qui, je l'espère, ne convaincra pas ceux qui font un tantinet attention à ce qu'ils achètent. Des produits "à 97% naturels", c'est facile quand on ne définit pas le terme "naturel". Le pétrole aussi, c'est naturel. La chimie des cosmétiques aussi, qui transforme des produits naturels. Tout produit créé par l'homme est potentiellement naturel, puisque selon la maxime de Lavoisier, "rien ne se créé, rien ne se perd, tout se transforme". A moins donc d'aller importer des métaux extra-terrestres, oui, même les produits les moins écolo peuvent se targuer d'être verts. D'autre part, comme le souligne l'Observatoire des Cosmétiques, un produit peut être naturel mais exploité n'importe comment, comme c'est le cas de l'huile de palme (utilisé dans l'alimentation mais aussi pour les produits de beauté). Et pour les gels-douche puisque c'est de cela dont on parle, le verdict est encore plus tranché : "la chimie du chlore, l'irradiation ou l'éthoxylation. Cette dernière technique est très employée notamment pour l'obtention de tensioactifs, ces agents moussants que l'on retrouve systématiquement dans les gels douches et les shampooings et également dans bien d'autres produits. Elle donne naissance à tous les ingrédients de type PEG (ou encore aux composés dont le nom se termine par le suffixe -eth suivi de chiffres), et son process s'avère particulièrement polluant.".

Autre chose : l'absence totale de certification de ces produits, selon l'article de OrSérie qui a pu tester les produits. J'avais déjà parlé de la guerre des labels bio avec le cas de la nouvelle lessive Le Chat. En fait, une partie de ces labels émane directement de grands groupes qui souhaitent ainsi flouter la qualité des premiers labels, comme AB. Chez Bourjois, l'effet Yannick dispense même de passage par une certification ! Un joli sourire de l'ex-tennisman suffit amplement !

 

sondage français consommation développement durable bio AB consommaction.jpg

Alors souhaitons simplement à Yannick Noah la bienvenue dans le cercle des éco-tartuffes, aux côté de Yann-Arthus Bertrand et ses photos-élicos , de Nicolas Hulot et ses crèmes de douches sponsorisées par TF1 ou encore de Jean-Pierre Coffe qui nous vend ses sous-produits Leader Price comme de la marchandise de qualité. Grâce à eux, les consommateurs pourront continuer à acheter en toute bonne conscience des produits qui n'ont de vert que le nom. Ces personnes sont, à mon avis, responsables du flou qui existe chez les consommateurs. Un coup d'oeil sur ce sondage nous montre bien que les Français n'y comprennent rien aux certifications, car trop nombreuses.

A bon entendeur,

Luc, Consommaction.

03/03/2010

Vidéo #12 : comment la télé fabrique des consommateurs

Peu de temps en ce moment pour blogguer, mais voici quand même une petite vidéo intéressante qui comprend un extrait du film "Affreux, sales et méchants" (1976), suivi d'une interview de son réalisateur Ettore Scola. On y apprend comment la télé, première acquisition des foyers "modernes", impose, en quelque sorte, les objets "indispensables" et les "nouveaux besoins" que la publicité ajoute à ceux de première nécessité. Ettore parle même d'une "fabrique de consommateur" ! A voir, avec un peu de recul, bien sûr.

 

Luc, Consommaction

 
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