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19/01/2009

Doit-on croire aux produits "verts" ?

illu.gifJe me permets de prendre appui sur un petit post-sondage paru sur Consommer Durable à propos de la nouvelle campagne de publicité pour la lessive "Le Chat". Celle-ci met en avant "l'éco-efficacité" du nouveau produit, sur le thème très à la mode du développement durable, dans sa version, "assez parlé, agissons un peu". A mon souvenir, c'est Renault qui avait utilisé la même rhétorique du parler-agir dans l'une de ses campagnes, l'année dernière il me semble.

La question posée par le mini-sondage est simple : green-washing ou véritable effort écologique ? J'avais été interpellé par l'affichage du Chat pas plus tard qu'en fin de semaine dernière. Je m'étais dis, intérieurement, plusieurs choses. D'abord, "c'est un peu tard", pour une grosse marque. Ensuite "ça doit être vrai", puisque c'est une grosse marque. Puis "qu'est ce qui me garantit cette éco-efficacité". Bref, autant de questions que les consommateurs peuvent légitimemement se poser au moment de décider d'acheter vert ou pas. Les commentaires qui suivent le sondage sont intéressants, en tout cas ils m'ont fourni quelques pistes à mes questions.

Tout d'abord, et là ça me paraît être mauvais signe effectivement : ce produit éco-efficace du Chat ne dispose pas de l'éco-label européen (voir picto) un standard de qualité écologique qui me paraît plutôt crédible : sponsorisé par la Commission européenne, ce label est décerné par une autre commission composée d'industriels mai

s également de groupes de protection de l'environnement et d'associations de défenses de consommateurs. Si le Chat est si écolo, pourquoi se priver d'un des labels internationaux les plus notables ? Et l'on apprend rien sur le site très tendance monté par la marque (ici, pour les curieux). Certes, on nous dispense des conseils, un laïus tout ce qu'il y a de plus vert... mais rien sur l'absence du label. Anguille sous roche ?

On atteint bien ici ce qui est à mon avis le coeur du problème de l'économie verte et du développement durable. Nous ne sommes jamais vraiment sûrs de l'écologie des produits présentés. C'est par ailleurs exactement ce que dénote ce sondage LH2 : outre le prix élevé des produits verts, le frein principal à leur achat, c'est cette incertitude quant à la vérité de son inocuité pour l'environnement et/ou la santé humaine.

Cliche_2009_01_18_10_56_12_1_t.800.jpg

Qu'en pensez-vous ? Avez-vous d'autres pistes que la labellisation pour certifier un produit vert ? Mon avis personnel, c'est que l'UE devrait pousser encore plus en avant ce label, en faire une référence à l'instar du "AB" de l'agriculture bio, qui me semble être lisible et compréhensible aisément.

Luc.

04/01/2009

Après la malbouffe, la malfringue

225.2.jpgEt c'est le même sociologue italien qui se cache derrière ces 2 concepts critiques de nos modes de consommation de l'aliment, et désormais, de l'habillage. Carlo Petrini, déjà créateur du concept de "Slow Food", qui s'oppose de manière frontale au fast food, rempile en s'en prenant au secteur de la mode, qui lui aussi doit se plier aux exigences du développement durable, et pour ce faire, il évoque notamment la piste des fibres naturelles (organic textile en V.O).

Car comment fonctionne la mode aujourd'hui, finalement ? Eh bien ce n'est pas glorieux. Entre les matériaux utilisés (plastiques, synthétiques), souvent issus de l'industrie pétrochimique, les lieux de fabrication (pays en voie de développement et/ou peu respecteux du droit du travail), le transport nécessaire jusqu'au boutiques (bateau, avion, camion), c'est peu de dire que la mode est au dernier rang du développement durable. Certes, nombreuses sont les initiatives qui visent à produire localement, dans le respect de l'environnement (nombreuses marques bio), mais leurs prix sont plus cher que la moyenne, les points de ventes sont moins nombreux, bref, c'est une économie qui ne peut pas (encore ?) satisfaire un marché de masse.

Aussi l'initiative de Carlo Petreni est-elle intéressante. "S'habiller est un acte agricole comme manger est un acte agricole, juge t-il. Nous ne devons plus nous vêtir avec du pétrole et faire en sorte que les fibres naturelles ne voyagent pas à travers le monde et servent d'abord à habiller la population locale et pas simplement les riches." (Le Monde).

Les fibres naturelles, kézako ? C'est assez simple, il s'agit de fibres textiles issus de deux grandes familles (Wikipédia):

  • Les fibres naturelles d'origine animale : laine et soie, avec leurs dérivés (cahemire, alpaga)
  • Les fibres naturelles d'origine végétale : le coton, évidemment, mais mieux vaut qu'il soit bio, lin, chanvre, jute pour les plus connues

L'histoire de l'homme est parsemée de vêtements, de cordages et de papiers en fibre naturelle, ce n'est qu'à partir de l'après-guerre que les fibres synthétiques (à base d'hydrocarbures et d'amidon). La lutte contre la malfringue menée par Carlo Petrini peut tout de même trouver sa place : avec les variations du prix du pétrole, l'exigence du développement durable et des conditions législatives plus strictes (avec REACH, peut-être avancera t-on un peu sur les risques des produits synthétiques), l'époque est propice à la redécouverte de ces fibres naturelles qui sont un acte de consommaction. Et la France est plutôt bien placée puisqu'elle est la premier producteur européen de fibres de chanvre, par exemple.

Luc.

 
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