Avertir le modérateur

27/11/2008

Crise économique : que penser des remèdes qui sauvegardent les principes qui ont créé la crise ?

Ce post est un appel à commentaires car je suis très sceptique face aux plans de relance de l'économie mondiale et voici pourquoi. On entend depuis plusieurs semaines maintenant que les Etats ou les grands unions régionales, comme l'Union Européenne, débloquent en quantité des fonds pour soutenir l'économie, éviter une crise trop dure, et faire en sorte que ce qui s'est passé avec les subprimes reste un mauvais souvenir pour la majorité.

En tant que consommacteur, et c'est là que j'aimerais savoir ce que vous en pensez, je suis assez dubitatif face aux mesures énoncées ou décidées par ces acteurs.

1. La crise est née du fonctionnement actuel du système bancaire qui pousse les usagers, particuliers comme entreprises ou collectivités (voir à ce propos l'état de quasi-faillite de la Seine Saint Denis avec 97% d'emprunts sous forme de produits toxiques, quand on pense que c'est un département communiste...), mais les principales réserves de fonds allouées sont réservées... aux banques. Les voleurs sont remboursés et en plus, l'argent qui leur es prêté par l'Etat...a été emprunté dans les banques. cherchez l'erreur7familles-dinosaures.jpg

2. Si les banques ont "poussé au meurtre" et à l'endettement (voir mon post précédent sur les mesures évoquées pour contrer le surendettement en France), les consommateurs sont également responsables, d'avoir été trop gourmand, d'avoir vécu au-dessus de leurs moyens. Je pense que tous n'ont pas les moyens de bien se rendre compte de ce qu'implique le recours aux "prêts à la consommation", ces prêts si nuisibles et si faciles à contracter. Une envie ? Hop, aussitôt assouvie !

3. Les entreprises "classiques" sont celles que l'on va sauver en priorité, notamment l'automobile... Travaillant pour une PME qui fournit, entre autre, des pièces à cette industrie, je devrais me réjouir, mais cela veut dire qu'on ménage des industries pas vertes pour un sou, et ces sauvetages en série les confortent, le temps de la crise au moins, dans ce modèle-ci. La crise n'était-elle pas l'occasion pour les bailleurs (l'Etat, donc nous autres contribuables) d'imposer des changements radicaux dans la production automobile ? A quoi sert de sauver General Motors qui n'a jamais fait d'efforts pour changer ses gammes de pick-up énergivores, ni pour changer les habitudes des automobilistes américains, les plus pollueurs ?

4. Les baisses de la TVA, comme prévue en Angleterre de 17,5 à 15%, ne sont-elles pas une incitation à rester dans une société de surconsommation ? Alors que les fêtes approchent, baisser la TVA coûte cher : sur un produit à 100 euros, une baisse de la TVA comme au Royaume Uni fait passer le produit à 97,5€... pas sûr que cela soit d'une grande aide au consommateur, mais par contre, le manque à gagner pour l'Etat est colossal, et encore une fois, cela ne donne pas le bon exemple, pourquoi faut-il impérativement maintenir ces très hauts niveaux de consommation ?

Bref, les "remèdes" apportées à la crise me semblent aller dans le sens de la sauvegarde de notre ancien système, celui-là même qui est à l'origine de la crise. Il n'y a pas de crédits débloqués pour les entreprises vertes ou innovantes ou citoyennes, les banques et l'automobile seront les principaux bénéficiaires de ces sommes, je ne crois pas que cela soit une très bonne idée...

Qu'en pensez-vous de votre côté ? Est-on prêt à sacrifier un peu de son niveau de vie pour changer de système ? Faut-il absolument sauver les "dinosaures" d'une économie qui a prouvé son incapacité à surmonter les crises ? Des nouveaux modèles de sociétés en tête ?

20/10/2008

Série Réflexion n°2 : Marx au pays des consommateurs

cerveau.pngAlors que la crise aurait tendance à nous faire sur-réagir, comme le montrent bien les mouvements de panique sur les marchés, qui font un véritable yo-yo entre les - et les +, aujourd'hui je vous livre une 2è réflexion sur la consommation, après celle du mois dernier sur l'influence de l'avoir sur l'être. Cette fois-ci, c'est une requête un peu pifométrique sur Google qui m'a amené sur un texte assez long (Leçon 119), assez dense, de réflexion sur la consommation. La vision de l'auteur est marxiste, parfois trop à mon goût, mais dans l'ensemble, il y a quelques idées intéressantes sur lesquelles réfléchir lors des transports (enfin personellement le train de banlieue est mon "boudoir" favori :).

On commence par l'apparition de la "consommation" telle qu'on la connaît au moment de la révolution industrielle, qui a commencé au 18è en Angleterre pour se poursuivre au 19è en Europe et aux Etats-Unis.

"Avant l’ère industrielle, on ne parlait pas de « consommation », parce que, l’acquisition des biens de valeur ne concernait qu’une frange limitée de la société, surtout la noblesse, le clergé et les marchands. D’autre part, qualitativement, l’acquisition était définie par une idée de la richesse plus concrète, différente de notre appréhension postmoderne de la richesse. Être riche, dans l’antiquité, c’était surtout posséder une terre, un beau domaine et s’entourer de belles choses."

La publicité est ensuite étudiée selon ses mécanismes d'identification au produit ou au concept qu'il est supposé véhiculé. Selon l'auteur, nous serions ainsi passé de :dieu.png

- Vous avez besoin d’un produit pour récurer les sols,
- a est le produit décapant le plus efficace,
- Donc achetez a et vous serez satisfaits
.

à :

- Vous êtes à la recherche de v, (de l'identité,  du confort, de la joie, de la paix de la sécurité etc.).
- Le produit a, est un moyen facile d’obtenir de v.
- Il est donc indispensable de vous procurer a, pour acquérir : v (l'identité, le confort, la joie, la sécurité etc.).

 

Il y a aussi des passages moins convaincants, comme cette idée que certains besoins sont "artificiels" et pas d'autres, ce qui implique que l'auteur se permet de juger ce qui est bon ou pas pour nous, lecteurs. Chacun ses besoins, l'idée à mon avis c'est plutôt qu'il faut que cela se déroule légalement, sans arnaque ou publicité mensongère. Ensuite, comme dans de nombreux textes d'inspiration marxiste, il y a la tentation du complot à portée de main, notamment quand l'auteur conclut par :

"Ce que nous ne voyons pas encore avec suffisamment de clarté, c’est que l’alliance entre la techno-science, qui confère à l’homme un pouvoir extraordinaire sur la nature et du modèle de la société de consommation, qui est un modèle primitif de société, met l’humanité dans une situation extrêmement dangereuse."

Vous en pensez quoi, vous ?

Luc.

PS : par contre les illustrations sont assez géniales !

 

 

29/09/2008

Réflexion sur le pouvoir d'achat (Ouest-France)

J'ai décidé de tenter de vous offrir des contenus un peu différents, en + des bons plans et des (nombreux !) coups de gueule sur la conso, je me dis que le débat peut-être un peu relevé, je vais donc vous faire part à partir de cette semaine de papiers de fonds sur la consommation, el pouvoir d'achat, et les idées qui soutiennent ces concepts... Si ma mission principale reste celle de la sauvegarde d'une espèce protégée (le porte-monnaie), il est bon parfois de prendre un peu de hauteur !

Première trouvaille pour cette session de "remue-méninge", un bel article de Ouest-France qui nous parle, à nous les consommateurs, de l'"être" mais surtour de 'l"avoir", et pourquoi cette capacité à "avoir" est notre critère de bonheur.

 

"Rome réclamait du pain et des jeux. Notre monde réclame toujours plus de pouvoir d'achat... Être et avoir : ces deux verbes sont nos auxiliaires de vie. Ces jours-ci, on aurait l'impression que l'avoir domine toutes les pensées de nos existences. Il n'est question que de pouvoir d'achat ! Le prix des biens de ce monde occupe toutes les conversations. Ce sacré pouvoir d'achat est à la peine, en crise, en berne... Il se délite à toutes les sauces de la mauvaise humeur des avoirs en baisse. Le moral des ménages se mesure désormais non pas en fonction de l'affection qui soude les familles mais à l'aune de la hauteur du yaourt dans le pot ou au poids du paquet de biscuits ! Serait-ce lconsommation_exister.gifà le signe majeur des temps modernes ! Les ménages sont contraints de réduire leur train de vie et c'est la crise : on nous dit qu'elle est durable et annonciatrice d'une rigueur qui fait peur. Alors si c'est inéluctable, profitons-en pour reconsidérer l'affaire, évacuer les frustrations inutiles et remonter aux sources d'autres bonheurs...


Cette crise en dissimule à peine une autre, bien plus douloureuse. Cette crise du pouvoir d'achat souligne que l'avoir a pris bien trop de place et met en évidence le déficit de l'autre auxiliaire de la condition humaine : nous ne pouvons pas « être » seulement ce que nous possédons ! Sinon tout s'écroule quand le pouvoir d'achat s'effondre. L'opulence du « caddie » ne peut pas grand-chose contre la solitude, l'individualisme, l'égoïsme, la peur, le manque d'éducation et la misère morale.

Bien souvent, ceux qui possèdent peu savent le partager et ce commerce-là procure d'infinies satisfactions non marchandes. Alors, offrons-nous donc tout ce qui ne s'achète pas : la sympathie d'un sourire, un geste d'entraide, un système de pensée, une philosophie morale, un engagement spirituel, un plaisir culturel... Avec une pensée pour cette drôle de formule prêtée à Malraux : « le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas... » Le siècle entamé serait bien mal parti si les peurs du manque matériel empêchaient de penser au sens de nos existences, au sens de l'histoire et au pouvoir de rachat, celui de l'esprit sur la matière.

Et ne confondons surtout pas la crise du pouvoir d'achat avec les scandales que sont la pauvreté à nos portes et la faim dans le monde. Il faut plaindre et nourrir les affamés. De toute urgence. Mais il faut dire aussi à ceux que leur ventre plein ne prive pas d'oreille que le pouvoir d'achat n'est pas l'étalon du bonheur des peuples. Osons le redire : l'homme ne vit pas que de pain...

Hervé Bertho"

A l'évidence, les humains ne se réduisent pas qu'aux catégories de "l'avoir", même si c'est tentant :). Mais je me pose la question : en a-t-il été autrement dans l'histoire de l'homme ?

Luc.
 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu