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17/06/2009

Poulet élevé en plein air : Ed nous prend-il pour des pigeons ?

J'étais parti pour taper sur mon bouc-émissaire favori, en l'occurence Cetelem, l'organisme qui vante à nouveau son "crédit responsable", ses "chats sans tabous", mais je n'arrive pas à remettre la main sur la publicité que j'ai vu d'eux hier dans un journal... en attendant vous pouvez toujours suivre ce post qui revient sur ma prise de bec avec eux il y a quelques mois, invité du chat par l'équipe de communication de Cetelem, j'avais été trés déçu d'une opération d'achat de bonne conscience à bas coût. Ceci me permet tout de même de recondir sur le thème de la publicité mensongère, vu qu'une autre publicité m'a semblé ces derniers temps tout à fait osée, il s'agit d'une affiche publicitaire pour le supermarché hard-discount Ed, filiale au passage du groupe Carrefour (qui y refourgue ses produits "limites" ?).

 

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J'avais déjà parlé ici-même du hard-discount, et de ce qu'il en coûtait, finalement, d'acheter à des prix si bas (PME fournisseur mises sous pression, rayonnages mal pourvus, salariés payés au lance-pierre et contraints à une polyvalence parfois extrême - de la caisse au nettoyage en passant par la mise en rayon et le transport d'objets lourds). Un autre facteur qui joue sur ces prix si bas, c'est évidemment l'origine des produits, comme c'est le cas pour la viande. Habituellement très coûteuse, la viande chez Ed, comme chez d'autres discounteurs, est abordable... mais à ce prix-là on préferera ne pas se demander d'où elle vient ni dans quelles conditions elle a été élevée (voir à ce sujet la bande annonce du passionnant documentaire "Notre pain quotidien" sur la production intensive et à la chaîne de tout l'agro-alimentaire, les images font froid dans le dos).

 

Eh bien comme en publicité, à l'instar de la politique, ce sont les grosses ficelles qui marchent le mieux, Ed nous vend pas moins qu'une viande de poulet d'origine fermière qui court en plein air. Chez vous aussi, ça fait "tilt" ? C'est en tout cas que ce que suggère TRES fortement cette publicité qui nous montre "Cédric, Acheteur traiteur/charcuterie", dans une scène campagnarde, lui, habillé à la manière des agriculteurs "terrains" (avec la bonne blouse bleue de travail), entouré de belles poules qui évoluent librement dans une très jolie petite prairie. Il a le sourire, Cédric, ça oui, il est content, et ses petites poules sûrement aussi ! Mais à 3€ le kilo d'ailes de poulet (par exemple), je doute fort qu'elles proviennent de que cette publicité nous suggère : des poulets fermiers élevés en plein air. En une recherche sur Google, le site "Des clics fermiers" m'annonce ainsi que ses produits poulet fermiers élevés en plein air coûtent de 16 (petit poulet fermier) à 24€ le kilo (gros poulet fermier)... Loin des quelques dizaines de centimes qu'il faut débourser à Ed pour s'acheter des blancs de poulet.

Pour rappel, l'article L.121-1 du Code de la Consommation dit que  : "est interdite toute publicité comportant, sous quelque forme que ce soit, des allégations, indications ou présentations fausses ou de nature à induire en erreur, lorsque celles-ci portent sur un ou plusieurs des éléments ci-après : existence, nature, composition, qualités substantielles, espèce, origine, propriétés, etc". Alors, Ed nous prend-il pour des pigeons ?

Luc, Consommaction


20/02/2009

Commerce en ligne : une chance pour les VPCistes en crise

La vente à distance est en crise... mais elle tente de se redresser. C'est le pari pour le moins difficile d'un secteur qui traverse une double-crise : crise économique récente qui éloignent les consommateurs des catalogues des "VPCistes", comme on les appelait à mon époque, et crise technologique, car ils n'ont jamais bien su prendre le pli du e-commerce et de l'internet. Mais l'histoire des 3 Suisses nous montre que cela pourrait bientôt changer.


plaintes_02.jpg Nous vous en avions déjà parlé ici, avec le cas de la Camif, mise à mal par l'érosion du pouvoir d'achat de ses clients. L'entreprise avait même ét obligée de continuer à accepter des commandes alors qu'elle était déjà en liquidation. Le consommateur s'était retrouvé alors sans vrai recours. Un autre VPCiste, La Redoute, avait du également supprimer près de 600 emplois en octobre. C'est donc, en "bonne" logique ?, au tour du "Chouchou" de faire les frais d'une situation compliquée. Mais peut-être y a t-il une issue plus favorable dans son cas.


Je parlais tout à l'heure de crise technologique. Car ces géants de la vente par correspondance n'ont pas su prendre le virage de l'Internet, et pendant que les lourds catalogues arrivaient dans les boîtes aux lettres, d'autres montaient leurs boutiques en lignes, comme Amazon, qui a même donné quelques frayeurs aux boutiques anglaises traditionnelle ("physiques") à Noël. Le succès d'un groupe comme ebay est également du même acabi.


Quelque part, cela me fait penser à la presse écrite, qui a laissé s'installer les blogs et autres contenus en ligne pendant qu'ils évitaient la dure question d'une réorientation complète. Sauf que dans le cas des 3 Suisses, il y a de la lumière au bout du tunnel. Les internautes français sont friands d'e-commerce, avec une augmentation des e-ventes de 30% en 2008 pour presque 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Et la marque au chouchou semble l'avoir compris dans sa stratégie : les postes supprimés concernent principalement les centres d'appels (pour passer commande), les postes (colis) et la logistique, soit des acteurs qui appartiennent malgré toute leur bonne volonté au passé du commerce, pas à son futur. A noter d'ailleurs que les postes visés devraient tous faire l'objet d'un reclassement dans les 6 mois, et cela se justifie à mon sens.

En tant que e-consommacteur, j'ai pu experimenter par le passé plusieurs vendeurs à distances, et autant dire que les géants du commerce électronique ne m'ont pas laissé que de bons souvenirs, je pense notamment à ebay où un "power seller" (un gros vendeur particulier supposé être digne de confiance) m'avait refourgué une contrefaçon. C'est à mon avis sur ce point précis que les groupes comme les 3 Suisses ont de quoi renverser la tendance, leur expérience de la vente à distance, et la garantie de produits d'origine, peuvent leur attirer les e-consomateurs déçus du made in China proposé à tout va sur ebay, des contrefaçons, quand il ne s'agit tout simplement pas d'une bonne vieille arnaque en ligne.La marque a également une "valeur émotionnelle" comme le souligne ce témoignage paru dans l'Express, les gens connaissent les VPCistes, et nombreuses sont les familles pour qui Amazon ou Ebay restent des noms associés à un certain inconnu.

Enfin, on leur souhaite bonne chance et courage aux salariés qui travailleront dans le web !

Luc.

 

 

02/02/2009

Même chez les moins chers, c'est plus cher !

Pas de répit pour nos portes-monnaie et nos budgets ! Le Figaro nous apprend que le prix moyen du panier des courses dans les enseignes hard-discount a augmenté de 13% en deux ans, soit largement au-dessus du niveau général de l'inflation, et évidemment encore plus que l'évolution de notre pouvoir d'achat. 9% chez Lidl, 15% chez Aldi, 10% chez Netto, et même jusqu'à 18% chez Leader Price, l'un des plus connus et des plus présents en France. A titre personnel, je vois effectivement bien la différence : mon panier familial est passé en 2-3 ans de 60-70 euros à jamais en dessous de 100 euros pour les mêmes produits. Et je doute que, à la différence des grandes surfaces traditionnelles, il y ait tant de "profiteurs" que ça dans le hard-discount. Je m'explique.

Pourquoi le hard-discount est-il victime d'une hausse subite, alors que les Français plébiscitent de plus en plus ce type de réseau (plus par nécessité que par choix) ? Les enseignes à bas prix représentent en effet presque 14% du marché de la distribution, contre 7% en 2 000. On peut comprendre : malgré cette hausse des prix, le panier reste 32% moins chers que les marques de distributeurs (les "MDD") et 88% moins chers que les articles de marques des grandes surfaces. Seulement, le hard-discount ne dispose pas de beaucoup de marges de manoeuvre.

Les conditions de travail, d'abord. Difficile de faire plus spartiate qu'un Lidl ou qu'un Aldi (Leader s'en sort un peu mieux). Pas de chaises pour les caissières : «Si elles sont assises, les caissières sont beaucoup moins rapides, constate Didier Cayla, chef de magasin Lidl à Lunel et responsable syndical CAT (Confédération autonome du Travail). Or elles ne doivent pas dépasser 50 secondes pour encaisser.» (Nouvel Obs). Car avec la hausse de la fréquentation, les files aux caisses s'allongent, et les clients n'aiment jamais attendre. Pas de garçons non plus : moins dociles que les femmes, paraît-il. Les hard-discounters ont beau avancer qu'ils paient plus que la concurrence (de 10 à 20%), c'est au prix d'une "flexibilité" accrue, comme en témoigne Fatiah Hiraki, chef de magasin Lidl en région parisienne : «On est obligé de tout faire. Le chef de magasin passe la serpillière et fait la caisse. Les caissières, elles, doivent aussi s'occuper des rayons. Et faire de la manutention.» Et terminer à 22h n'est pas anormal. Du coup, c'est quand même un comble, les caissières de Monoprix sont considérées comme caissières de luxe !

arton264.gifLes prix bas, ensuite. Comment font-ils pour casser les prix à ce point, sachant que les fournisseurs sont les mêmes qu'en grande distribution ? Plusieurs solutions : la pression sur les prix. Pour un producteur de type PME européenne, le cas de nombreux fournisseurs de supermarchés, difficile de négocier avec une centrale d'achat qui permet à sa production un écoulement garantie (mais à quel prix ?). Et c'est donc le producteur qui doit se débrouiller de son côté pour modifier son produit, en faire une version hard-discount. Conséquences : la R&D de certaines PME passe à la trappe, pourquoi développer de nouveaux produits, des améliorations, si elles sont invendables en hard-discount ? Le cas de Reitzel, producteur suisse de cornichon, est à ce titre intéressante :« Dès l'instant où le client paie le bocal uniquement à son prix de revient, on va arrêter de faire de la recherche et du développement. On va arrêter d'investir dans les nouvelles installations. C'est évident que c'est un risque pour le tissu économique ».

Enfin, un système de logistique a flux ultra-tendus. On constate très souvent que les rayons des hard-discounters sont à moitié vide, et pour cause, mieux vaut ne pas avoir le produit que d'en avoir trop, ce qui ampute instantanément des marges déjà très basses. Un seul produit par besoin (et c'est la une différence majeure avec les grands distributeurs), donc moins de surface de vente, moins de frais de gestion des fournisseurs (WebLibre).

Que conclure ? C'est un vrai dilemme pour les consommateurs. Acheter à bas prix pour sauvergarder son budget, mais du coup favoriser un système tout de même précaire pour les employés, les fournisseurs ? Ou devoir raquer en grande surface quand on n'est pas plus certain que cela développe l'activité locale ? A titre personnel, j'achète désormais fruits et légumes en bio (mais j'en achète moins), le reste en hard-discount, mais avec à chaque fois un pincement au coeur en me disant que les gens qui y travaillent n'ont pas l'air épanouis. Vous arrivez à résoudre ce problème, vous ?

Luc

 
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