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18/03/2010

Paris, ville la plus chère du monde ?

Le Figaro a sorti a son tour cette information qui veut que Paris soit la ville la plus chère du monde. Je suis assez sceptique, pour avoir fait un peu de tourisme dans certaines capitales européennes (dont Londres), les prix comparés de la nourriture ou de nuits d'hôtel ne sont pas très différentes, et on entend tout le monde dire qu'il est tout bonnement impossible de se loger à Londres à moins de 1 000 euros pour un studio sans fioritures (ce seuil est, je le sais parce qu'un de mes neveu y vit, de 600 euros environ). Si vous avez des éléments de comparaison avec certaines de ces villes...

Paris ville la plus chère coût de la vie à Paris consommaction.jpg

Le Figaro avance quand même quelques éléments d'explication : la parité euro/dollar, les étalons différents (peut-on comparer une bouffe sur le pouce aux Etats-Unis, mettons 2$ mais franchement immonde, et un jambon-beurre à 3€ mais moins nocif à terme ?)... bref, pas convaincu, même si la vie à Paris semble plus cher quand on vient, comme moi, de province.

Luc, Consommaction.

16/03/2010

Hôtels et restaurants "3 étoiles", comment tout va changer pour eux

3etoiles consommaction restauration hôtellerie UMIH Etrave Trip Advisor.jpgLa France, terre de tourismes… et de remise en cause ! Un de mes cousins hôteliers dans le Vercors m’en parlait la semaine passée, le sacro-saint classement des hôtels, campings et restaurants par le système des « étoiles » va être remis considérablement à plat. Au-delà de l’intérêt que porte instinctivement le consomm’acteur que je suis à ce type de refonte, il y a, quand même une drôle d’histoire à la base, que voici.

Petit rappel d’abord, la France est le pays le plus touristique du monde, avec pour 2006 près de 79 millions de visiteurs venus profiter de nos contrées variées et riches en patrimoine. Une activité qui rapporte près de 100 milliards d’euros à la France, dont un tiers grâce aux visiteurs venus de pays étrangers (on pense aux Japonais, c’est un peu facile, les Européens sont également de "bons clients"). Pour le reste des chiffres, Wikipédia vous renseignera.

Les touristes peuvent choisir sans trop de problèmes leur accommodation grâce au système des étoiles, si connu que l’on emploi souvent l’expression « 3 étoiles » pour désigner un service ou un objet de qualité, quel qu’il soit. Eh bien, selon mon cousin toujours, ça n’est plus aussi simple, notamment à cause d’Internet. Les fédérations hôtelières se rendent compte que des sites comme Trip Advisor, un moteur de recherche de séjours et d’établissements de tourisme, qui recueille les commentaires des internautes, leur causent de plus en plus de tort. Le site a même publié récemment une liste des hôtels les plus sales en se basant sur ces témoignages anonymes.

trip_advisor umih etrave consommation restauration hôtellerie.jpg


Problème : comment croire à un classement de ce type, quand on sait d’une part qu’il n’est pas possible de savoir qui met en ligne ces commentaires, et d’autre part que ce type de site n’est pas un simple « guide » pour le touriste en quête d’info. Des gens y travaillent, des pages sont mises à jour, et ce n’est pas le bénévolat qui motive ces initiatives. Pour preuve, à côté de la liste des « pires hôtels », on trouve, ô surprise, une liste des « meilleurs hôtels » ! Difficile de ne pas penser à la manière dont le Guide du Routard s’était fait prendre les mains dans le pot de confiture à conseiller des établissements dont le propriétaire était le patron du guide (article de l’Express). Ou la manière dont ce même guide « vend » les plaquettes et autocollants « recommandé par le Routard » aux adresses, bonnes ou mauvaises, qui consentent à payer pour cette étiquette (voir l’article de Rue89).

L’hôtellerie française est donc en train se poser pas mal de (bonnes) questions pour paraître plus crédible, contrer l’opacité de Trip Advisor et mettre à jour les pratiques du secteur en France. Vrai que les étoiles avaient un pris un petit coup de vieux ! L'attaque peut paraître donc presque salvatrice, si un nouveau classement se fait sur une base pertinente.

umih etrave restauration consommaction.jpg


Les hôteliers européens tentent donc d’élaborer une réglementation européenne qui obligerait des sites comme Trip Advisor à certifier que les commentaires ont bien été déposés par des personnes ayant réellement utilisé les services qu’ils consomment (on peut penser à un code à usage unique que donnerait le tenancier à son client ?). Ensuite, en ce qui concerne la France, l’UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) a décidé de refondre le classement existant. D’abord en redéfinissant les critères de satisfaction-client (confort, hygiène, tarifs, services, développement durable), ensuite en mettant en ligne un outil d’auto-évaluation créé par la société Malamok, qui permettra aux hôteliers d’anticiper sur leur classement, en connaissant les items sur lequels ils sont à jour, et ceux sur lesquels il faudra continue à travailler pour obtenir, le cas échéant, une ou plusieurs étoiles.

C’est donc une initiative intéressante de l’UMIH pour d’une part protéger une industrie importante pour la France… et puis ne pas se laisser dicter sa bonne santé par des commentateurs dont on ne sait toujours pas s’ils sont sincères ou non, concurrents ou non, payés ou non dans certains cas.

Luc, Consommaction.

12/03/2010

Livre : "Fins de mois difficiles pour les classes moyennes"

Voici une interview intéressante du Figaro sur la situation des classes moyennes... rien de très brillant mais des éléments pour mieux comprendre le mal-être économique dans lequel la majorité de la population se trouve actuellement.


Paupérisation, déclassement, voire disparition… politiques, sociologues et économistes se succèdent pour déplorer la condition et l'avenir sombre des classes moyennes. Dans son livre « fins de mois difficiles pour les classes moyennes », Régis Bigot, directeur de recherche du département Conditions de vie et aspirations des Français » au Crédoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie), donne des pistes pour mieux comprendre le ressenti de cette partie de la population qui se sent sur le déclin. Entretien.

 

Lefigaro.fr : Vous dénoncez dans votre livre la morosité ambiante qui conduit les classes moyennes « au bord de la rupture ». N'ont-elles aucune raison de penser que leur niveau de vie décroît ?

Régis Bigot : La tendance est à l'apitoiement qui finit par faire accepter par tout le monde que les classes moyennes se paupérisent. Or c'est faux. Leur pouvoir d'achat croît même de 2% en moyenne chaque année depuis dix ans. Le problème c'est qu'elles rencontrent parallèlement des difficultés qui n'existaient pas il y a 10 ans. Les Français ont l'impression qu'ils ne leur restent plus tellement d'argent pour les loisirs lorsqu'ils ont réglé toutes les factures. Ils n'y étaient pas habitués. Avant ces problèmes étaient ceux des classes les moins favorisées, mais pas ceux des classes moyennes.

 

«Fins de mois difficiles pour les classes moyennes» de Régis Bigot, Editions de l'Aube, 19 euros.
«Fins de mois difficiles pour les classes moyennes» de Régis Bigot, Editions de l'Aube, 19 euros.

 

Il s'agit donc d'un phénomène de déclassement ?

L'augmentation des dépenses contraintes donne ce sentiment à toute une frange de la population et c'est d'ailleurs une source d'incompréhension car parallèlement les statistiques prouvent que le revenu des Français augmente et est comparables à celui des autres pays. Or les dépenses obligatoires ont-elles aussi considérablement augmenté. Les prix de l'immobilier ont été multipliés par 2,5 en 15 ans, et les loyers ont augmenté plus vite que les revenus. Bien plus que chez nos voisins. Avec 2.000 euros mensuels il est devenu difficile d'acquérir un logement sans l'aide de sa famille. Et c'est cela qui entretient le sentiment de déclassement car il y a 30 ans, avec l'inflation, il était plus facile de s'endetter et de rembourser ses crédits. Et puis le logement n'est pas un bien de consommation comme les autres, c'est un marqueur social, la preuve que l'on a réussi. C'est aussi un patrimoine que l'on transmet à ses enfants D'où la frustration de cette génération qui n'y parvient plus, alors qu'elle est plus diplômée que la précédente. Ce problème ne concerne cependant pas tous les Français de la classe moyenne. 40% d'entre eux ne vivent pas ce malaise car ils sont déjà propriétaires.

 

Vous avez interrogé les Français de la classe moyenne et ils situent le seuil à partir duquel on passe dans la catégorie «des gens riches», à 4660 euros par mois…

Oui et c'est assez surprenant car seuls 3% de la population française atteint ce niveau de rémunération. C'est donc beaucoup trop élevé pour constituer la fourchette haute des revenus des classes moyennes. D'après nos études, nous estimons que les classes moyennes ont des revenus compris entre 1.120 euros et 2.600 euros par personne. Seuls 20% de la population ont des revenus plus élevés.

 

Autre fait surprenant, vous expliquez que les Français ont tendance à s'inclure dans la classe moyenne même lorsqu'ils ont un pouvoir d'achat bien supérieur. Comment l'expliquez-vous ?

Parmi les 20% de Français les plus riches seuls 5% admettent qu'ils sont aisés, les autres s'estiment appartenir à la classe moyenne. Parler d'argent en France n'est pas évident et pour beaucoup, ne pas reconnaître leur niveau de vie est de la mauvaise foi. Mais on observe aussi un phénomène d'ethnocentrisme, c'est-à-dire que les Français évaluent leur niveau de vie par rapport à leur entourage, et comme on trouve toujours plus riche que soit, on a tendance à sous-estimer ses moyens réels. L'impression de s'appauvrir vient aussi de la forte médiatisation autour des revenus des personnes les plus riches. Ils sont PDG du CAC 40, footballeurs, acteurs, et les Français se disent que l'on est aisé quand on gagne autant qu'eux. Ou bien lorsqu'on paie l'ISF (Impôt de solidarité sur la fortune) ce qui n'est en définitive le cas que de 1 à 2% de la population.

 

Les classes moyennes sont elles en train de disparaître, les Français rejoignant soit la classe des plus pauvres soit celles des plus riches ?

Le phénomène est constaté dans de nombreux pays mais pas en France car il existe des filets de sécurité sociaux qui évitent les dérives en permettant une redistribution des richesses. Le Smic par exemple protège les bas salaires, même si le temps partiel a un peu fait sauter ce verrou. La société est donc plus homogène. Il est souhaitable que cela continue car lorsque les écarts entre les personnes sont trop importants, c'est démotivant. Les effectifs des classes moyennes ne sont donc pas en déclin mais progressent même légèrement pour atteindre environ 52%.

 
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