01.11.2009
A Lyon ou a Grandrif, on ne veut pas entendre parler de "surconsommation"
868 millions de tonnes de déchets. C'est ce que la France produit, chaque année, toutes structures confondues, et dont près de 30 millions pour les ménages que nous sommes (chiffres de l'ADEME). Des montagnes d'ordures qu'il faut traiter, au prix fort, puisque cela nous coûte près de 12 milliards d'euros pour les évacuer, les traiter, les recycler quand c'est possible... Les déchets sont un symbole puissant des sociétés de consommation (et de sur-consommation), puisque nombre d'objets servent 'mal' : je ne jugerais pas ici de leur utilité pour chacun, mais de la manière dont ils sont conçus : des biens peu durables, dans des matières peu propres, avec une utilité souvent réduite voir "instantanée" pour certains gadgets que l'on utilise une fois ou deux avant de les oublier dans le fond d'un grenier. On ne peut pas tout traiter, par contre, certains ont trouvé un moyen plutôt amusant de détourner ces objets privés d'utilisation en en faisant tout un art.
C'est ce qu'on appelle "l'art du recyclage", ou l'art poubelle, parfois, une variante intéressante de l'art brut qu'avait déjà sublimé le Facteur Cheval et son "palais idéal" fait de bric et de broc.

Le concept est simple : plutôt que d'aller acheter, comme de nombreux artistes, de la peinture, du papier, des métaux, et tout autre instrument de conception, on les trouve dans le quotidien, en récupérant les objets qui ne servent pas ou plus. Résultat : ça ne coûte rien (à part de la place pour stocker ou exposer ces objets) et on évite de jeter de vieux objets en leur donnant une seconde vie. Le décalage, par exemple, entre une poupée que vous n'avez plus utilisé depuis plus de 20 ans et que vous "greffez" à d'autres objets de ce type (vieux, souvent moches et non utilisés) lui donne un sens nouveau. Pas celui qu'a voulu le producteur de la poupée (un jouet pour enfant), mais celui qui ressortira de vos assemblages. Récupérer une quarantaine de poupées et les aligner sur un même support pour les peindre en rouge donnera un effet certain à ces vieilleries !
Deux exemples d'art de la récup qui font parler d'eux, à Lyon et à Grandrif dans le Puy-de-Dôme (63). A Lyon, c'est la Demeure du Chaos qui pousse très loin le concept de récupération, en y joignant un aspect politique qui critique de manière directe nos sociétés de profit et de consommation. Tout y est noir, noirci, et leur spécialité, c'est le "recycl'art" de gros objets, puisqu'on y trouve pêle même des voitures, un tractopelle et même un avion ! La mairie et les riverains se sentent agressés par cette débauche d'objets morts retournés à une seconde vie, avec des procès pour la fermeture de la Demeure qui n'aboutissent pas (mais des fermetures partielles ont déjà eu lieu).



09:42 Publié dans Réflexion | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : art, art brut, déchets, consommation, france, grandrif, lyon, suzanne labary, henri grange, demeure du chaos














Commentaires
Euthanasier la mort, quelle chouette idée !
Finalement c'était pas si dur de faire le bonheur de l'humanité !
Écrit par : Bruno | 01.11.2009
Le titre de l'installation est assez drôle... moi j'ai plus pensé à l'euthanasie "ratée" que l'on fait de nos objets en les jetant
Luc.
Écrit par : luc | 02.11.2009
On peut faire une visite virtuelle de l'installation de Grandrif, il y a des photos assez saisissantes ici :
http://thanatoseuthanasie.wordpress.com/
Écrit par : Ulla | 07.11.2009
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