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14/10/2009

Doux monde de la grande distribution...

Le Figaro a publié un court article qui montre bien l'état d'esprit d'un secteur qui chasse les coûts au maximum, en mode rouleau compresseur, et on y trouve quelques perles, notamment lorsque l'auteur évoque la différence entre la manière dont Carrefour et Leclerc font leurs achats (via leurs tristement célèbres "centrales d'achats" qui mettent sous pression les fournisseurs, voir le cas de cette PME qui produit des cornichons pour la grande distribution) :

logo_presse-citron.jpg"Comment ? Pas uniquement grâce à la mise en condition psychologique des commerciaux de Danone, Nestlé, Procter et Unilever, épreuve dans laquelle les acheteurs de Leclerc sont passés maîtres. À tel point que, pour tenter de déstabiliser ces derniers, certains fournisseurs envoient des femmes négocier.

En fait, les meilleurs tarifs obtenus par Leclerc tiennent aux multiples clauses contractuelles, souvent renégociées en permanence. Le Galec, la centrale d'achat du groupement, est ainsi réputé pour la surfacturation des pénalités de retard et de certains coûts logistiques. En outre, de nombreux industriels lui reprochent certains contrats annexes, rédigés par des armées d'avocats pour limiter les risques juridiques. «Ils les assimilent à des garanties de chiffre d'affaires et des garanties de marges», poursuit notre expert."

Bref, ça bataille ferme pour que nous puissions payer moins cher, mais à quel coût social quand on voit la manière dont sont traités les salariés, forcément "polyvalents" (comprendre "pressable comme un citron"), de ces surfaces ? J'avais évoqué le cas des hard-discounters chez qui l'ambiance est franchement tendue :

"Les conditions de travail, d'abord. Difficile de faire plus spartiate qu'un Lidl ou qu'un Aldi (Leader s'en sort un peu mieux). Pas de chaises pour les caissières : «Si elles sont assises, les caissières sont beaucoup moins rapides, constate Didier Cayla, chef de magasin Lidl à Lunel et responsable syndical CAT (Confédération autonome du Travail). Or elles ne doivent pas dépasser 50 secondes pour encaisser.» (Nouvel Obs). Car avec la hausse de la fréquentation, les files aux caisses s'allongent, et les clients n'aiment jamais attendre. Pas de garçons non plus : moins dociles que les femmes, paraît-il. Les hard-discounters ont beau avancer qu'ils paient plus que la concurrence (de 10 à 20%), c'est au prix d'une "flexibilité" accrue, comme en témoigne Fatiah Hiraki, chef de magasin Lidl en région parisienne : «On est obligé de tout faire. Le chef de magasin passe la serpillière et fait la caisse. Les caissières, elles, doivent aussi s'occuper des rayons. Et faire de la manutention.» Et terminer à 22h n'est pas anormal. Du coup, c'est quand même un comble, les caissières de Monoprix sont considérées comme caissières de luxe !"

Personnellement, c'est chez Ed que je ne remettrai plus les pieds, d'une part pour leurs publicités qui nous prennent franchement pour des pigeons, et d'autre part parce que c'est là que le système de caisse est le plus inhumain, j'ai en souvenir plusieurs passages où des pots en verre que j'achetais m'était "catapultés" par la caissière qui avait un nombre incalculable de clients à faire passer (debout, évidemment).

Luc, Consommaction.

Commentaires

je viens de lire votre article concernant le discount, je suis responsable de magasin chez Ed et en effet nos conditions de travail sont de + en + lamentable, nous devons tout faire que ce soit de la caisse à la mise en rayon en passant par le nettoyage et avec de plus en plus de responsabilité.

Écrit par : keyser bruno | 14/10/2009

ah, je serai ravi de recueillir votre témoignage (anonyme) par mail sur un regard de l'intérieur de ce type d'entreprise. Si cela vous tente, vous pouvez m'écrire à lucdelporte@gmail.com,

Luc.

Écrit par : Luc | 19/10/2009

Paris, le 8 octobre 2009 - Les Amis de la Terre, en partenariat avec douze entreprises françaises sont été nominées et concourent dans trois catégories : environnement, droits humains et greenwashing. Toutes se disent en faveur du « développement durable » alors que leurs impacts réels sont lourds et négatifs pour l'environnement ou les populations locales. A l'issue du vote, une cérémonie publique de remise des prix sera organisée le 24 novembre 2009 à Paris.

L'an dernier, Areva a été élu. Les nominés cette année sont les suivantes : Total, Michelin, BNP Paribas, EDF, Bolloré, Accor, Peugeot, Crédit Agricole, Perenco, Herta, Société Générale, et France Betteraves

La présentation des 12 cas et des Prix Pinocchio est accessible sur le site
suivant : www.prix-pinocchio.org

Écrit par : citoyenactif | 19/10/2009

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