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04/03/2009

Les classes moyennes plus touchées que les autres par la crise

Pas mal occupé ces derniers temps, mais voici une interview intéressante, celle de Régis Bigot, auteur d'une étude sur le sujet des classes moyennes et membre du Credoc, un centre de recherche.

Lefigaro.fr : Comment peut-on définir la classe moyenne ?
Régis Bigot: Cette catégorie n'est pas simple à définir car les critères pour délimiter les contours sont nombreux : la profession, le revenu, le niveau de diplôme, voire le patrimoine. Pour définir cette catégorie, nous avons choisi le critère du revenu. Ainsi, une personne qui gagne entre 1.120 et 2.600 euros, avant impôts, fait partie de la classe moyenne. Les classes moyennes représentent 50 % de la population. 20 % gagnent davantage, ce que l'on appelle les catégories aisées et les hauts revenus. 30 % gagnent moins, ce sont les catégories pauvres et modestes. Pour notre étude, nous avons distingué deux groupes, les classes moyennes inférieures et les classes moyennes supérieures. La limite entre les deux se situe à 1.750 euros.

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L'étude du Credoc analyse les conditions de vie de la classe moyenne. Comment vit-elle ?
La classe moyenne est sous pression et a une marge de manœuvre très étroite. En effet, un Français sur deux vit avec moins de 1.500 euros par mois, impôts payés. Chaque mois, il doit faire face à des dépenses dites «contraintes» : le loyer, l'électricité ou encore le gaz. Au total, cela représente 38 % de son budget. En 1979, ces dépenses ne représentaient que 21 % du budget. A cela s'ajoutent, les dépenses de santé, d'alimentation, de transport. Au final, il ne lui reste plus que 294 euros pour les autres dépenses. Les personnes de la classe moyenne sont obligées de faire des sacrifices. 48 % ne sont donc pas parties en vacances en 2008. Et compte tenu de la période de crise que nous connaissons, la situation des classes moyennes ne risque pas de s'améliorer.

Le pouvoir d'achat de la classe moyenne n'a cessé d'augmenter aux cours des trente dernières années. Pourtant au quotidien ces personnes ont l'impression qu'il diminue. Comment expliquez-vous ce décalage entre les chiffres et le ressenti de la population ?
Le malaise est lié au fait que la croissance économique est moins forte aujourd'hui qu'elle ne l'était il y a quelques années. Ces dix dernières années, le taux de croissance du pouvoir d'achat était de 1,6 % par an. Pendant les Trente Glorieuses, il était de 4,7 % par an. L'amélioration des conditions de vie est de ce fait moins perceptible. Pour les classes moyennes, le pouvoir d'achat ne progresse pas assez vite, elles ont donc l'impression qu'il recule. D'autant plus que les revenus des personnes aisées ont, eux, augmenté plus rapidement. Autre facteur : la perte de l'espoir d'une ascension sociale. Dans les années 60, les classes moyennes pouvaient espérer atteindre le niveau de vie des catégories aisées en 12 ans. Aujourd'hui, les délais sont beaucoup plus longs, environ 32 années.

Luc.

Commentaires

Bien content d'avoir lu cet article, depuis le debut de semaine je cherchais des details là dessus!

Écrit par : relevé identité opérateur | 27/06/2011

Et pour un point de vue amusé sur la vie des classes moyennes :
http://classe-moyenne.blogspot.com/

Écrit par : Victor Middle | 28/06/2011

Les commentaires sont fermés.

 
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