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29/09/2008

Réflexion sur le pouvoir d'achat (Ouest-France)

J'ai décidé de tenter de vous offrir des contenus un peu différents, en + des bons plans et des (nombreux !) coups de gueule sur la conso, je me dis que le débat peut-être un peu relevé, je vais donc vous faire part à partir de cette semaine de papiers de fonds sur la consommation, el pouvoir d'achat, et les idées qui soutiennent ces concepts... Si ma mission principale reste celle de la sauvegarde d'une espèce protégée (le porte-monnaie), il est bon parfois de prendre un peu de hauteur !

Première trouvaille pour cette session de "remue-méninge", un bel article de Ouest-France qui nous parle, à nous les consommateurs, de l'"être" mais surtour de 'l"avoir", et pourquoi cette capacité à "avoir" est notre critère de bonheur.

 

"Rome réclamait du pain et des jeux. Notre monde réclame toujours plus de pouvoir d'achat... Être et avoir : ces deux verbes sont nos auxiliaires de vie. Ces jours-ci, on aurait l'impression que l'avoir domine toutes les pensées de nos existences. Il n'est question que de pouvoir d'achat ! Le prix des biens de ce monde occupe toutes les conversations. Ce sacré pouvoir d'achat est à la peine, en crise, en berne... Il se délite à toutes les sauces de la mauvaise humeur des avoirs en baisse. Le moral des ménages se mesure désormais non pas en fonction de l'affection qui soude les familles mais à l'aune de la hauteur du yaourt dans le pot ou au poids du paquet de biscuits ! Serait-ce lconsommation_exister.gifà le signe majeur des temps modernes ! Les ménages sont contraints de réduire leur train de vie et c'est la crise : on nous dit qu'elle est durable et annonciatrice d'une rigueur qui fait peur. Alors si c'est inéluctable, profitons-en pour reconsidérer l'affaire, évacuer les frustrations inutiles et remonter aux sources d'autres bonheurs...


Cette crise en dissimule à peine une autre, bien plus douloureuse. Cette crise du pouvoir d'achat souligne que l'avoir a pris bien trop de place et met en évidence le déficit de l'autre auxiliaire de la condition humaine : nous ne pouvons pas « être » seulement ce que nous possédons ! Sinon tout s'écroule quand le pouvoir d'achat s'effondre. L'opulence du « caddie » ne peut pas grand-chose contre la solitude, l'individualisme, l'égoïsme, la peur, le manque d'éducation et la misère morale.

Bien souvent, ceux qui possèdent peu savent le partager et ce commerce-là procure d'infinies satisfactions non marchandes. Alors, offrons-nous donc tout ce qui ne s'achète pas : la sympathie d'un sourire, un geste d'entraide, un système de pensée, une philosophie morale, un engagement spirituel, un plaisir culturel... Avec une pensée pour cette drôle de formule prêtée à Malraux : « le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas... » Le siècle entamé serait bien mal parti si les peurs du manque matériel empêchaient de penser au sens de nos existences, au sens de l'histoire et au pouvoir de rachat, celui de l'esprit sur la matière.

Et ne confondons surtout pas la crise du pouvoir d'achat avec les scandales que sont la pauvreté à nos portes et la faim dans le monde. Il faut plaindre et nourrir les affamés. De toute urgence. Mais il faut dire aussi à ceux que leur ventre plein ne prive pas d'oreille que le pouvoir d'achat n'est pas l'étalon du bonheur des peuples. Osons le redire : l'homme ne vit pas que de pain...

Hervé Bertho"

A l'évidence, les humains ne se réduisent pas qu'aux catégories de "l'avoir", même si c'est tentant :). Mais je me pose la question : en a-t-il été autrement dans l'histoire de l'homme ?

Luc.

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